Environnement

Majoritairement du fait de l’humain, les feux de forêt sont de plus en plus fréquents en Belgique

Alors que la Belgique s’apprête à connaître une quatrième vague de chaleur cette semaine (le mercure dépassera les 30 degrés), les services de secours à Vresse-sur-Semois se préparent à d’éventuels feux de forêt dans un contexte de sécheresse. Pas question ici d’arrêter le feu, mais plutôt de le diriger grâce à l’eau. Dynamique, le feu de forêt évolue en fonction du relief, de la végétation et du vent. Autant de paramètres que les pompiers sont ainsi amenés à prendre en compte lors des interventions, en augmentation depuis le début de l’été.

Car cet été encore, les feux de forêt se propagent comme une traînée de poudre dans de nombreux pays de l’Europe, ainsi qu’en Belgique. "Les zones de secours interviennent régulièrement partout en Belgique, mais ne comparons pas non plus ce qu’il se passe chez nous à la France", souligne d’emblée le colonel des pompiers de la zone Val de Sambre Marc Gilbert, notamment en raison de la configuration et de la végétation différentes des deux pays.

S’ils sont de plus en plus fréquents et conséquents, à quoi sont dus ces incendies ?

La plupart des incendies sont du fait de l’humain

Intentionnellement ou non, l’humain est directement à l’origine des feux de forêt, bien souvent par manque de prudence. Les cendres d’un barbecue allumé dans une forêt, un mégot de cigarette mal éteint jeté par terre, ou encore du verre laissé dans la nature qui provoque un effet de loupe avec le soleil, et ce sont des hectares qui partent en fumée.

Dans certains cas de figure, l’agriculture peut s’avérer un terreau favorable à la propagation de feux. "Des véhicules tels qu’une moissonneuse-batteuse ou un tracteur, dont le moteur est encore chaud, peuvent prendre feu et provoquer un incendie", précise Marc Gilbert.

Outre les activités d’entreprises, il peut parfois s’agir de départs involontaires liés à des travaux forestiers, agricoles, industriels ou encore publics.

Plus rares, certains feux de forêt trouvent leur origine dans des actes de malveillance.

D’autres sont d’origine naturelle

Si les feux de forêt sont majoritairement le fait de l’humain, d’autres sont provoqués naturellement, ou plutôt par le dérèglement climatique… Comme durant les périodes de sécheresse. Sur un champ asséché, par exemple, la moindre étincelle générée par les machines peut suffire à entraîner le départ d’un feu. Et lorsqu’il fait chaud, sec et venteux, les flammes se propagent d’autant plus rapidement aux alentours.

Pire, les quantités de CO2 dégagées lors de ces feux renforcent le réchauffement climatique, lequel intensifie à son tour les feux de forêt, et ainsi de suite. Un cercle vicieux dans lequel les incendies et le dérèglement climatique se renforcent donc.

Par ailleurs, la foudre et les orages secs sont également responsables de la propagation des incendies.

Et à l’avenir ?

L’une des solutions pour limiter ainsi les feux de forêt tiendrait dans le fait de diversifier les essences et les âges d’arbres plantés, indique Michel Terlinden, expert forestier. La création de petites parcelles forestières permettrait ainsi de retarder la progression du feu.

Un autre moyen efficace serait de créer des coupe-feux, à savoir de larges bandes de terrain "que l’on fauche pour empêcher que la végétation ne pousse et ainsi éviter la propagation des feux", ajoute Michel Terlinden.

Pour le colonel des pompiers de la zone Val de Sambre, il importe surtout d’augmenter les effectifs des pompiers. "La période propice aux feux de forêt s’étend généralement de juin à août, mais je suis persuadé qu’elle est amenée à s’allonger dans le futur. Et c’est justement la difficulté que nous avons, nous, zones de secours. Avec les périodes de sécheresse de plus en plus fréquentes, qui augmentent le risque de feux, les inondations que nous avons connues et les autres interventions, nos missions sont nettement plus conséquentes qu’avant." Or, plus les pompiers sont nombreux, plus la possibilité de limiter les incendies, voire de les éviter, augmente. Mais pour cela, "une formation supérieure doit être mise en place en Belgique", conclut Marc Gilbert.

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