Malaise social à l'Ecole La Vertu à Schaerbeek

L'Institut de la Vertu connait quelques remous internes à l'occasion de cette rentrée
04 sept. 2020 à 16:38Temps de lecture3 min
Par Barbara Boulet

Sept ou huit membres du personnel (plusieurs enseignants, des éducateurs et un secrétaire de direction) n’ont pas retrouvé leurs heures de travail, au 1er septembre, à l’école secondaire La Vertu à Schaerbeek. Ils travaillaient pourtant là depuis au moins deux ans et auraient en principe pu bénéficier d’un régime de travailleurs temporaires prioritaires, selon les règles en vigueur en Fédération Wallonie-Bruxelles et qui s’appliquent à cet établissement du réseau libre de confession islamique.

nous n’avons pas d’heures pour vous, au revoir et merci

Parmi les gens écartés, figure la déléguée syndicale Souhaila Allaf. Elle y enseignait le français depuis 2015, détachée d’une école d’Anderlecht où elle est nommée. " J’arrive le 1er septembre, nous raconte-t-elle, je me présente dans le bureau de la directrice et là un mandaté ou un membre du pouvoir organisateur me dit : écoutez votre contrat n’est pas reconduit, nous n’avons pas d’heures pour vous, au revoir et merci, vous avez 15 à 20 minutes pour quitter l’établissement".

S’ils ont envoyé un recommandé, qu’ils le prouvent".

L’école explique que ces sept personnes (selon le pouvoir organisateur, huit de source syndicale) ne se sont pas mises en règle. "S’ils n’ont pas activé leur priorité, elle n’est plus valable, analyse le Vice-Président du pouvoir organisateur, Slaheddine Fouchali. Il y a toute une procédure. Ils reçoivent un courrier de leur pouvoir organisateur pendant les mois d’avril ou mai. Puis ils doivent répondre par lettre recommandée ou courrier électronique dans un délai déterminé. Si la personne n’a pas répondu, elle perd sa priorité, c’est la loi, c’est simple. S’ils ont envoyé un recommandé, qu’ils le prouvent".

Procédure non respectée? 

Et sur le cas particulier de Souhaila Allaf, Slaheddine Fouchali précise : "Elle n’a pas rentré son CAD". Il s’agit d’un document à remplir qu’elle reçoit de son pouvoir organisateur d’origine, afin d’introduire la demande de détachement. Mais l’enseignante conteste : ce document, elle l’a envoyé, le 21 juin par mail. "Cette justification me paraît étonnante de la part de notre pouvoir organisateur qui excelle en non-respect des délais et des procédures. Notre pouvoir organisateur existe depuis 30 ans, il n’y a toujours pas eu de mise à jour du règlement de travail. Il n’existe toujours aucun conseil d’entreprise, conseil de participation au sein des écoles".

Une histoire de personnes 

Outre ces sept ou huit personnes non reprises, il y a aussi deux agents déplacés – contre leur gré- dans une autre école du même pouvoir organisateur, La Plume. Ce qui est autorisé. "Et même courant" selon Slaheddine Fouchali.

Pourquoi la direction ou le pouvoir organisateur, puisqu’ils considèrent que c’est une simple histoire de procédure, n’ont-ils pas repris contact avant la rentrée avec les huit personnes concernées ? Un simple petit coup de fil de rappel, par exemple. "Ce n’est pas à nous de le faire, rétorque le Vice-Président du pouvoir organisateur. C’est l’enseignant qui n’a pas rempli sa mission, on ne va pas inverser les choses".

On s’est débarrassé des éléments dérangeants

Souhaila Allaf, elle, y voit une autre lecture : "Dans les huit personnes non reconduites, on a un secrétaire de direction qui dès le départ semblait déranger notre nouvelle direction. Il avait déjà été mis à l’écart de l’équipe. Les sept autres ont déjà toutes manifesté un désaccord avec les décisions prises, ou étaient en conflit avec la direction ou le pouvoir organisateur. On s’est débarrassé des éléments dérangeants".

Marc Mansis, le secrétaire général de la CGSLB enseignement abonde dans le même sens : lors d’une réunion, il a été reconnu que c’étaient de bons enseignants. Que c’était pour d’autres raisons qu’on ne les reprenait pas. Pour le permanent syndical, l’école la Vertu se complaît tout simplement dans une "zone de non droits". Il évoque déjà de nouvelles actions. Des recours ne sont pas exclus. 

 

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