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Belgique

Malgré une situation qui empire en Afghanistan, la Belgique n’accorde pas automatiquement la protection internationale

08 juin 2022 à 13:45Temps de lecture2 min
Par Belga, édité par Marie-Laure Mathot

La situation en Afghanistan a empiré sous certains aspects depuis le retour au pouvoir des talibans en août dernier, mais elle n’est pas telle que toute personne venant de ce pays en Belgique a besoin de la protection internationale, a affirmé mercredi le commissaire général aux réfugiés et aux apatrides, Dirk Van den Bulck, en commission de l’intérieur de la Chambre.

À ses yeux, il n’y a pas actuellement en Afghanistan de risque "réel et généralisé" d’être victime de violence arbitraire. Le CGRA, qui traite les dossiers de demande d’asile, constate qu’il y a bien des incidents sécuritaires, mais il s’agit généralement d’incidents "ciblés".

Comme nous vous l’expliquions dans cet article en avril dernier, après la reprise du pouvoir par les talibans, le Commissariat général aux réfugiés et apatrides s’est abstenu de prendre des décisions sur les demandes afghanes de protection internationale, qu’il s’agisse du statut de réfugié ou de la protection subsidiaire, en raison du manque d’informations disponibles sur la situation, a expliqué Dirk Van den Bulck.

Cela a changé au début de cette année : bien que le flux d’informations soit moindre que l’an dernier, il est toujours plus important que dans beaucoup d’autres pays, du fait de la surveillance forte dont faisait l’objet l’Afghanistan depuis des années.

 

Concernant le statut de réfugié, il est aujourd’hui accordé presque systématiquement à certains groupes, comme les femmes seules, les filles, les personnes ayant travaillé pour le régime précédent, les LGBTQI + et certaines minorités comme les Hazara.

C’est plus complexe pour la protection subsidiaire, pour laquelle la situation sécuritaire et humanitaire est davantage prise en considération. Il n’y a plus de combats entre les forces de sécurité et les talibans, et il n’y a en général pas de risque réel d’être victime de violence ciblée, selon Dirk Van den Bulck. D’après certaines sources, la situation n’aurait même jamais été aussi bonne qu’aujourd’hui par rapport aux quinze dernières années, a-t-il ajouté.

Pas de raison d’octroyer la protection subsidiaire

Quant à la situation humanitaire, il faut qu’elle soit extrême et exceptionnelle, due à un acteur identifié clairement, avec un élément intentionnel, a-t-il expliqué. "De manière générale, il n’y a pas de raison d’octroyer la protection subsidiaire en raison de la situation humanitaire en Afghanistan. C’est la même chose que pour beaucoup d’autre pays en Afrique, où la situation n’est pas nécessairement meilleure, mais fait moins l’actualité", selon Dirk Van den Bulck.

Pour la toute grande majorité des Afghans qui ont été évacués en Belgique après la reprise de pouvoir des talibans, la protection internationale a été accordée. Plus de 1400 personnes avaient pu fuir grâce à un pont aérien via la capitale du Pakistan, Islamabad. La mission avait été arrêtée par crainte d’attentats à l’aéroport de Kaboul, mais des évacuations ont encore eu lieu après.

La plupart des dossiers ont été traités en priorité et, dans presque tous (490 à 500 dossiers), le statut de réfugié a été reconnu. De 7 à 9 dossiers ont abouti à un refus. Des examens sont encore en cours pour des personnes évacuées qui bénéficiaient toujours d’une protection subsidiaire acquise par le passé mais qui étaient entre-temps rentrées en Afghanistan.

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