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Malte : une femme enceinte d’un fœtus non viable se voit refuser l’avortement, et craint pour sa santé

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23 juin 2022 à 13:20Temps de lecture2 min
Par AFP édité par D. V. Ossel

Une Américaine craint pour sa vie après s’être vu refuser un avortement à Malte, dont les lois sont draconiennes sur le sujet, alors que son bébé est condamné, ont indiqué mercredi un proche et une ONG.

"Elle est terrifiée", a déclaré à l’AFP par téléphone Jay Weeldreyer depuis l’hôpital où sa compagne Andrea Prudente a été admise. "On a l’impression qu’un châtiment cruel et bizarre est infligé à une femme innocente".

Le couple était en vacances à Malte lorsque Mme Prudente s’est rendue à l’hôpital à cause d’un fort saignement pendant sa 16e semaine de grossesse. Le bébé allait bien, mais elle a perdu les eaux un ou deux jours plus tard.

Interdiction totale de l’avortement

De nouveaux examens ont montré que le placenta s’était partiellement détaché de l’utérus, mais le cœur du bébé battait encore, selon M. Weeldreyer.

Consigne leur a été donné de revenir 48 heures plus tard. Une troisième échographie a alors confirmé que "le liquide est parti, le bébé […] ne va pas survivre", même si son cœur battait encore, a poursuivi M. Weeldreyer.

A cause de l’interdiction totale de l’avortement à Malte, les médecins ne vont pas intervenir, a-t-il affirmé. Ce qu’a confirmé une ONG qui a rendu l’affaire publique, Doctors for Choice.

"Pile ou face avec la vie de la mère"

Et depuis, le couple attend.

"Ils attendent que le battement de cœur s’arrête, ils attendent qu’Andrea fasse une fausse couche, ou ils attendent qu’elle ait une infection qui mettra sa vie en danger", déplore M. Weeldreyer, pour qui les médecins "jouent à pile ou face avec la vie de la mère".

Leur compagnie d’assurances a tenté de les évacuer de Malte, mais les risques de fausse couche et de complications en vol ont rebuté tous les transporteurs.

Majoritairement catholique, Malte est le seul pays de l’Union européenne à interdire totalement l’avortement, même lorsque le fœtus n’a aucune chance de survie.

Violer la loi

Natalie Psaila, de Doctors for Choice, a confirmé l’histoire du couple, que le fœtus n’avait "aucune chance de survie" et que "cette situation est très dangereuse" pour la mère.

"Si son état empire, le médecin devra envisager de violer la loi (en risquant quatre ans de prison) et de mettre fin à la grossesse", selon Mme Psaila, pour qui cette situation législative "ne peut plus durer".

Le gouvernement maltais n’a pas fait de commentaire.

L’ONG craint la répétition d’un drame survenu en Irlande en 2012 : Savita Halappanavar, 31 ans, était morte d’une infection après s’être vu refuser un avortement médical à la suite d’une fausse couche. Son décès avait scandalisé l’opinion publique et entraîné un changement de la loi.

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