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Manger, se chauffer ou sécher sa maison ? Les sinistrés cumulent les difficultés avec l'augmentation du prix des énergies

16 mars 2022 à 17:32Temps de lecture2 min
Par Mallaury Lehnertz (avec Benjamin Verpoorten)

Les sinistrés des inondations de juillet dernier cumulent les difficultés et doivent honorer des factures exorbitantes. L’utilisation de machines de séchage, par exemple, a fait grimper leur consommation.

Pour les sinistrés des inondations de juillet dernier, la hausse des prix de l'énergie constitue pratiquement une "double peine". Sandrine De Han, sinistrée de Trooz, n’en revient toujours pas. Suite aux inondations, sa facture d’électricité a explosé. Elle est passée de 90 à plus de 570 euros. Difficile à assumer pour cette mère de famille : "Quand on a en plus les voitures, l’alimentation, les médecins, etc. On a tout d’une vie normale. Le salaire n’a pas augmenté, mais les factures ont très, très fort augmenté. Ce n’est pas possible, non".

Choisir, c'est renoncer

Soit on choisit de pouvoir manger fin du mois et de se chauffer, soit on tire l’eau

Le responsable, c’est en partie le déshumidificateur que Sandrine utilise depuis des mois et qui consomme énormément d’énergie, tellement qu’elle a préféré ne plus l'utiliser. "On n’a pas le choix. Un moment donné, c’est soit on choisit de pouvoir manger fin du mois et de se chauffer, soit on tire l’eau et on va beaucoup plus rapidement que prévu. J’ai donc pris la décision de prendre plus de temps pour sécher, mais d’avoir la possibilité de manger et de me chauffer fin du mois".

Pourtant, comme de nombreux sinistrés, elle bénéficie du tarif social. Un prix préférentiel qui toutefois n’échappe à la flambée du marché.

Inquiétudes quotidiennes

Raymonde bénéficie du tarif social, mais gère sa consommation au jour le jour.
Raymonde bénéficie du tarif social, mais gère sa consommation au jour le jour. RTBF

Cette hausse du prix des énergies fait mal à Raymonde Fumagalli, la voisine de Sandrine. Elle est obligée de gérer son électricité au jour le jour. "Ici, il nous reste 6.31 euros, explique cette sinistrée de Trooz. C’est un compteur à carte. Donc si j’ai le malheur de faire une machine à lessiver aujourd’hui, je pense que j’en ai jusque demain matin".

Pour l’instant, c’est assez compliqué moralement.

Raymonde a aussi vu sa facture de gaz tripler. Elle a donc moins chauffé, avec des conséquences immédiates. "La maison est quand même pleine d’humidité. Il faut donc quand même continuer à chauffer. On n’a déjà pas trop la météo avec nous. Et puis je ne sais pas avancer dans la réparation, de refaire une partie de mes murs. Vu qu’il fait chauffer, manger, ou réparer, voilà, il faut faire des choix. Et pour l’instant, c’est assez compliqué moralement".

Incapable de faire face aux hausses des prix de l'énergie, cette habitante de Trooz se sent bloquée, sans oublier que le prix des matériaux a aussi augmenté. Pour ces deux sinistrées, la situation est complexe. Leur quotidien est fait de dilemmes et elles ont le sentiment de stagner, 8 mois après les inondations.

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