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Manifestation contre la précarité à Bruxelles: "Les pauvres n'en sont pas responsables"

Coronavirus en Belgique : manifestation au cœur de Bruxelles pour les personnes précaires frappées par la crise
13 déc. 2020 à 20:02 - mise à jour 13 déc. 2020 à 20:02Temps de lecture2 min
Par M.-L.M. et C. B.

Susu, c’est un tout nouveau collectif dont le but est de sortir la précarité de l’anonymat. Il a organisé une manifestation cet après-midi à Bruxelles sur le Mont des arts. Une centaine de personnes étaient présentes pour favoriser la solidarité et mettre la pression sur le politique pour mettre un terme à cette précarité.

Au parlophone, des slogans : "Venez nous soutenir, nous, les précaires !", "La honte, elle n’est pas dans notre camp, elle doit être dans le camp du gouvernement !" Ce sont ceux des manifestants présents ce dimanche en fin d’après-midi sur la place Albertine. Devant une centaine de personnes, les membres du collectif prennent la parole.

Parmi eux, Nina. Licenciée en juin dernier, elle n’a encore reçu aucune allocation de chômage. "Mon dossier complet a été remis le 10 juin à la CAPAC, explique-t-elle. "Depuis, je ne sais toujours pas pourquoi, on ne m’a pas payée en fait. J’essaye d’avoir des réponses mais impossible d’avoir un interlocuteur. Et par mail, les réponses sont toujours hors sujets. Les syndicats, c’est pareil."


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Tom, lui, est étudiant. Avant la pandémie, il travaillait pour financer ses études. "J’ai été licencié en mars 2020 et je n’ai pas accès au chômage parce que je vis encore chez ma mère. Elle touche encore un revenu par mois qui n’est pas super élevé. Je n’ai juste plus droit à rien du tout. Si je demande à avoir des aides du CPAS par exemple, ils vont me couper les allocations familiales." Les allocations familiales sont en effet prises en compte dans le revenu d’intégration sociale si le bénéficiaire âgé entre 16 et 25 ans les reçoit pour lui-même.

Sarah, elle, vit seule avec ses trois enfants et ne s’en sort plus. En tant que famille monoparentale, elle est d’autant plus exposée au risque de pauvreté. "Je travaille comme professeur de néerlandais à la base. Dans l’enseignement, on n’est pas nommé tout de suite. On se fait donc 'virer' à chaque fin d’année scolaire. Normalement, j’allais avoir une place mais je ne l’ai pas eue. A cause de ça, je me suis inscrite 10 jours 'trop tard' chez Actiris. Et du coup, j’ai un mois de loyer de retard. Ça devient fort difficile." En juin, les enseignants qui ne sont pas nommés sont en effet systématiquement de retour sur le marché de l’emploi, à moins qu’un accord soit conclu avec la direction de l’école où ils travaillent.

Un message : on n’est pas responsable

Trois témoignages qui montrent qu’il est difficile de faire aboutir ses procédures auprès des services comme l’Onem, la Capac ou le CPAS. "Tant que la majorité pense qu’il suffit de trouver du travail et que si les gens sont pauvres, c’est de leur faute. Tant que la majorité des gens pensent ça, les politiques ne vont jamais rien changer", ajoute Sarah.

Voilà pourquoi le collectif Susu accompagne les personnes dans leurs démarches administratives et dans leurs recherches pour trouver un emploi.

Allocations chômage: pourquoi tant de retard ? archives JT du 02/07/2020