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Manque de personnel soignant dans les hôpitaux : les heures supplémentaires pourraient-elles être défiscalisées ?

18 déc. 2021 à 13:34 - mise à jour 18 déc. 2021 à 14:09Temps de lecture2 min
Par Estelle De Houck avec David Brichard

Absences justifiées, mises en quarantaine, burn-out, prise de congés annuels… Le manque de soignants se fait sentir en cette période de Noël. En France, pour encourager le personnel hospitalier, les heures supplémentaires seront mieux rémunérées. Pourrions-nous envisager ce type de mesures en Belgique ?

Chez nous aussi, certaines voix s’élèvent pour que les heures supplémentaires soient mieux rétribuées. C’est par exemple le cas au sein du Chirec. Le groupe hospitalier bruxellois souhaiterait que toutes les heures supplémentaires du personnel infirmier soient payées, et totalement défiscalisées.

Défiscaliser les heures supplémentaires permettrait donc aux infirmiers de recevoir un salaire brut pour les dépassements d’horaire. Par exemple, une personne avec huit ans d’ancienneté toucherait vingt euros de l’heure au lieu de douze euros.


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"Défiscaliser permettrait de rendre ces heures supplémentaires payables et intéressantes pour la personne", explique Benoit Debande, directeur financier du groupe "Chirec".

Sans compter que cette motivation financière pourrait également aider à combler un manque criant de main-d’œuvre.

La crise qui arrive dans les hôpitaux, c’est le manque de bras pour soigner tous les patients

"Aujourd’hui la crise qui arrive dans les hôpitaux, c’est le manque de bras pour soigner tous les patients. On parle beaucoup des patients covid, mais il faut aussi penser à tous les autres qui ont le droit à des soins, mais pour lesquels on a parfois des difficultés."

Méfiance des infirmiers

Depuis le début de la pandémie, la défiscalisation des heures supplémentaires a déjà été partiellement appliquée jusqu’en juin 2021. Mais les conditions à remplir pour y accéder étaient jugées inadéquates par le secteur.

En outre, du côté des infirmiers, on se méfie d’une pareille mesure. Certes, cela pourrait être financièrement intéressant. Mais au niveau humain, cela risque de faire encore plus de dégâts.

Il faut quand même faire attention à ce que ces gens ne craquent pas

"Nos équipes sont extrêmement fatiguées. Et ici on parle de mesures pour des heures supplémentaires. Donc ça veut dire que l’on reviendrait encore sur le terrain, avec des gens qui sont déjà extrêmement fatigués", explique Jérôme Tack, président de l’association des infirmiers de soins intensifs. "Il faut quand même faire attention à ce que ces gens ne craquent pas."

"Je pense que cette mesure est nécessaire, mais n’est pas une solution unique. Il est important d’avoir des mesures à long terme pour l’ensemble de la profession et de voir un peu le bout du tunnel."


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Défiscaliser les heures supplémentaires des infirmiers, l’idée circule donc dans les couloirs des hôpitaux. Reste à voir si une nouvelle décision politique ira dans ce sens.

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