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Coronavirus

Marché de l’emploi : pas de dévalorisation des étudiants diplômés durant le confinement

Un entretien d’embauche
16 févr. 2022 à 05:05Temps de lecture3 min
Par Ibrahim Molough

Entre 2020 et 2021, une question se pose parmi les étudiants : "est-ce que mon diplôme aura la même valeur que les années précédentes ?".

L’enseignement à distance a été mal vécu par une partie d’entre eux. Les causes ? Une formation perçue comme moins qualitative à cause du distanciel et des examens "adaptés" – entendez "moins exigeants" – pour tenir compte des réalités de la crise.

Selon Ben Chittanaphanh, étudiant en passerelle vers un master en sciences commerciales à l’ICHEC, la plupart des étudiants étaient assez inquiets pour la valeur de leur diplôme. Avec le recul, il trouve qu’il faut souligner que son école s’est rapidement adaptée pour ne pas les pénaliser.

"J’ai tout de même décidé de continuer vers un master pour me donner plus de chances sur le marché de l’emploi et élargir mes compétences", ajoute-t-il.

Pour Elsa Fachantidis, jeune diplômée d’un master en kinésithérapie de l’ISEK, la situation était un peu différente : "mon premier stage avait été annulé. Quand on fait du paramédical, les stages, c’est essentiel ! J’ai pu réaliser mes autres stages sans trop de problèmes grâce à l’organisation plutôt efficace de notre établissement. Par contre, une partie de mes camarades a eu de grandes difficultés à en trouver car les lieux de stages n’acceptaient plus de stagiaires… Grâce à l’encadrement de notre école, on a tous pu finir notre master et ça m’a permis de ne pas être inquiète pour mon insertion sur le marché de l’emploi". Après l’obtention de son diplôme, elle s’inscrit à Actiris. Très rapidement, elle trouve un emploi.

Pas d’inquiétudes du côté professionnel

D’après Virginie Nazon, directrice marketing à StepStone Benelux (plateforme de mise en relation entre les recruteurs et les demandeurs d’emploi), les jeunes diplômés et les étudiants n’ont pas à s’inquiéter du marché de l’emploi.

Au début de la pandémie, les jeunes diplômés s’inscrivaient légèrement moins sur la plateforme. Pour Virginie Nazon, il s’agit sans doute d’une hésitation entre s’insérer directement dans le marché du travail et faire des études supplémentaires. Aujourd’hui, ces personnes sont intégrées dans la vie active et n’ont pas connu de difficultés particulières.

Il y a un phénomène de raréfaction des talents sur le marché du travail

Pour la directrice marketing, depuis un an, il y a une reprise très importante en matière d’offres d’emploi grâce à la reprise de l’activité : "les jeunes sont vraiment dans une position bien plus avantageuse qu’il y a cinq ans".

Les jeunes diplômés intéressent. Les grandes entreprises ont augmenté leur intention d’embauche de 40%, pour les entreprises moyennes c’est plutôt 28%

Même son de cloche du côté d’Actiris (Office Régional Bruxellois de l’Emploi) : il est plus que probable que la crise n’a pas eu d’impact sur les jeunes diplômés. De plus, selon Romain Adam, porte-parole de l’office régional, il y a même une baisse des inscriptions.

"Au cours de ces deux dernières années, le nombre de jeunes venus s’inscrire après leurs études a diminué par rapport à 2019 et aux années antérieures. Pour l’année 2021, une diminution de 7,1% pour ces primo inscriptions est constatée et de 11,1% pour les moins de 25 ans. Ceci peut s’expliquer par les effets indirects de la crise qui pousse une partie des jeunes à rester plus longtemps aux études. En effet, une hausse des taux de réussite dans l’enseignement secondaire pour ces deux dernières années scolaires par rapport aux années pré-Covid a été constatée. Cela réduit très certainement le phénomène d’abandon scolaire et incite une partie des jeunes à faire des études supérieures, comme l’illustre la hausse importante des inscriptions dans l’enseignement supérieur."

Des compétences inattendues

Pour Virginie Nazon, un effet de ce bouleversement pédagogique a été la diversification des compétences des jeunes : "ils ont appris à étudier à distance pendant les confinements. Ça veut dire qu’ils sont familiers avec la technologie et surtout traduit une réelle autonomie. Ils ont dû se former à distance et de manière débrouillarde… Ce sont des compétences très recherchées par les recruteurs".

Il faut tout de même nuancer : ces compétences ne sont pas réservées aux diplômés des années "Covid", surtout en ce qui concerne l’aisance avec le numérique. Mais il est clair que le changement brusque du type d’enseignement a été une épreuve d’adaptabilité pour les étudiants, mais aussi pour le personnel enseignant.

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