Belgique

Marie-Christine Marghem (MR) sur le nucléaire : "Nous devons prolonger tout ce qu’il est possible de prolonger pour calmer les marchés"

L'invitée de Matin Première

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21 oct. 2022 à 08:29Temps de lecture3 min
Par Miguel Allo sur base d'une interview de Thomas Gadisseux

Face à l’envolée des prix de l’énergie, les chefs d’Etat et de gouvernements de l’Union européenne étaient réunis à Bruxelles ce jeudi. Les Vingt-Sept se sont accordés sur les pistes que devront suivre la Commission européenne puis les ministres de l’Energie afin de faire baisser les prix de l’énergie. Il s’agit notamment de favoriser les achats groupés de gaz pour au moins 15% des stocks.

Concernant le plafonnement des prix, aucune décision définitive n’a été prise à ce stade, mais l’Allemagne, très réticente à toute intervention sur les marchés a finalement donné son feu vert à un "corridor de prix dynamique", une étape transitoire pour encadrer les prix du gaz.

Les fournisseurs regardent l’Europe en disant : "Que fait-elle ?"

Face à cette avancée, l’ex-ministre de l’Energie Marie-Christine Marghem (MR), députée de la majorité, estime qu’il s’agit d'"un bon début. Et quand c’est bien, il faut le souligner."

Elle ajoute : "Faire en sorte que le gaz puisse être plafonné sans qu’on dise vraiment ce terme, c’est une bonne chose parce que vous savez que les prix de l’électricité sont liés à ceux du gaz et que le gaz s’envole sur les marchés. […] Il n’y a qu’en Europe qu’il y a un problème. Dans d’autres marchés, le gaz est moins cher et les fournisseurs regardent l’Europe en disant que fait-elle ?"

L’Europe prend une position qui va donner un signal au marché

Quel est l’objectif de l’impulsion donnée par les Européens cette nuit ? Créer un effet psychologique sur les marchés ?

Marie-Christine Marghem explique qu’en Belgique, il y a une loi qui permet d’éteindre toutes les centrales nucléaires en 2025. Une loi qui a un effet sur les marchés : "Vous créez la pénurie et donc vous entraînez la hausse des prix de l’électricité", explique l’ancienne ministre.

Ensuite : "Quand vous dites au contraire, comme en Allemagne, je vais prolonger les trois derniers réacteurs qu’il me reste […] vous avez les prix qui diminuent."

L’ex-ministre de l’Energie estime que dans le cas de l’accord des 27 cette nuit, "l’Europe prend une position qui va donner un signal au marché […] et il y aura un effet d’apaisement."

Notons pour être précis que l’Allemagne va prolonger le fonctionnement de ses trois dernières centrales nucléaires, au moins jusqu’en avril 2023.

En Belgique, le gouvernement fédéral a décidé de prolonger la durée de vie de deux centrales, Doel 4 et Tihange 3, au-delà de 2025, et cela pour dix ans.

La question de l’approvisionnement

Le parti de Marie-Christine Marghem, le MR, continue de marteler qu’il faut s’atteler à la question de l’approvisionnement et donc de la prolongation des centrales nucléaires en Belgique.

L’ex-ministre de l’Energie explique qu’elle a déposé, à la mi-septembre, deux propositions de loi afin de pouvoir prolonger tout le parc nucléaire, alors que la Belgique est en principe dans une phase de démantèlement de ses réacteurs. "Tout le monde a bien senti que si on avait au moins cette sécurité d’approvisionnement électrique, on pourrait mieux s’en sortir en calmant les marchés, et par conséquent faire baisser significativement les factures."

Pour être précise, Marie-Christine Marghem ajoute : "Nous devons prolonger tout ce qu’il est possible de prolonger, parce que nous devons assurer à notre pays ce socle de production propre qui nous donne une indépendance énergétique et qui permet de calmer les marchés."

Doit-on comprendre que la députée fédérale souhaite mettre en place une majorité alternative au Parlement pour maintenir le parc nucléaire en Belgique ? "Je suis persuadé que si, d’ici la fin octobre, le gouvernement n’a pas pris de mesures concrètes dans le cadre de la négociation avec Engie, il faut que le Parlement se saisisse du dossier. C’est un dossier d’intérêt national et je pense que j’aurai la possibilité auprès de mes collègues parlementaires de tous les partis […] de soutenir une proposition qui va vraiment dans le sens de ce que demandent tous les Belges."

S’agit-il d’une menace vis-à-vis de l’actuelle ministre fédérale de l’Energie, Tinne Van der Straeten (Groen) ? Pour Marie-Christine Marghem : "ce n’est pas de la menace, c’est de la pression pour que les choses avancent vite et bien". Elle ajoute que Georges Louis-Bouchez, son président de parti (MR), ne dit pas autre chose.

Enfin : "D’ici la fin du mois, je verrai ce que le gouvernement amènera. S’il n’apporte rien, je présenterai ma proposition à tous les collègues du Parlement."

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