Marie-Martine Schyns a rencontré quelque 200 inspecteurs de l'enseignement inquiets pour leur avenir

Tant du côté du cabinet de la ministre que des syndicats, on indiquait lundi soir que cette réunion s'était toutefois déroulée contre tout attente dans un "esprit serein", sans réelles tensions.

© THIERRY ROGE - BELGA

La ministre de l'Education Marie-Martine Schyns (cdH) a rencontré lundi après-midi à Tihange (Huy) quelque 200 inspecteurs de l'enseignement (sur un effectif total de 250 environ) pour tenter d'apaiser les craintes qu'ils nourrissent envers la réforme du pilotage de l'enseignement prévue par le Pacte pour un enseignement d'excellence.

Les inspecteurs redoutent principalement la réduction, d'ici 2020, d'un quart de leurs effectifs. Selon les projets du gouvernement, une partie d'entre eux seront amenés -moyennant la réussite d'un examen- à devenir les 88 délégués aux contrats d'objectifs (DCO), une nouvelle fonction prévue par le Pacte.

Tous ne pourront toutefois pas accéder à cette fonction, et beaucoup redoutent de perdre leur emploi d'inspecteur après 2020 et de devoir en conséquence reprendre leur ancien job d'enseignant.

Un "esprit serein"

Tant du côté du cabinet de la ministre que des syndicats, on indiquait lundi soir que cette réunion s'était toutefois déroulée contre tout attente dans un "esprit serein", sans réelles tensions.

"Ces inquiétudes sont légitimes mais il faut bien comprendre que la réforme recèle aussi des opportunités pour les inspecteurs. Certains deviendront DCO, ce qui ouvrira l'opportunité pour d'autres d'être nommés", fait-on valoir au cabinet Schyns.

Du côté syndical, le discours à la sortie de la réunion était assez mesuré, même si on précisait ne pas avoir reçu tous les apaisements.

Elle n'a pas été assez loin

"La ministre a assumé son rôle. Elle a clarifié ce qu'allait devenir le service (de l'Inspection), mais c'est clair que pour beaucoup d'inspecteurs elle n'a pas été assez loin. Certains ont profité de l'occasion pour témoigner de leur désarroi personnel face à l'incertitude", confie Arnault Deltour, président du groupe catégoriel de l'inspection auprès de la CSC.

Sur les quelque 250 inspecteurs aujourd'hui en fonction, plus de la moitié n'exercent en effet qu'à titre de faisant fonction. La législation actuelle prévoit qu'après dix ans d'exercice ceux-ci sont automatiquement titularisés.

Mais dans le cadre du Pacte, la donne va changer. Le gouvernement entend imposer un examen d'admission pour tous les candidats inspecteurs, hormis ceux déjà nommés à titre définitif.

Or, "beaucoup d'inspecteurs faisant fonction le sont depuis 7 à 8 ans déjà et pourraient donc être contraints de passer un concours pour une fonction qu'ils exercent déjà", pointe Arnault Deltour selon qui le gouvernement se doit de prévoir des mesures transitoires pour ces agents.

Quant à la réduction du nombre d'inspecteurs envisagée pour l'avenir, les syndicats sont ressortis sans réponse claire.

"La ministre ne s'est avancée sur aucun chiffre. Elle est restée très prudente", dit-on du côté de la CGSP-Enseignement.

"La ministre a expliqué l'état d'avancement de la réforme, sans se montrer toujours très convaincante. Une série d'arbitrages doivent visiblement encore être faits au niveau politique. Elle a promis de nous tenir informés quand les décisions seront prises...".