Politique

Marie-Martine Schyns, un an après les inondations : "Il y a encore des choses à mettre en place, et le gouvernement tarde"

L'invitée de Matin Première : Marie-Martine Schyns

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11 juil. 2022 à 07:10 - mise à jour 11 juil. 2022 à 07:33Temps de lecture3 min
Par Estelle De Houck sur base de l'Invité de Matin Première de Thomas Gadisseux

Quel est le suivi de la Commission parlementaire spéciale inondation, un an après la catastrophe qui a frappé notre pays ? L’opposition politique au sein du Parlement répond, via la députée wallonne Marie-Martine Schyns (Les Engagés).

Au niveau du ressenti sur le terrain, la députée note un certain contraste. "Il y a des communes dans lesquelles le centre est en train de revivre, d’autres où c’est plus compliqué. Il y a aussi des citoyens qui ont déjà réintégré leur maison qui est rénovée et d’autres qui attendent toujours l’avis d’experts et qui sont dans une détresse administrative et psychologique"

D’après elle, les citoyens n’ont pas toujours l’impression d’avoir eu des réponses à tous leurs questionnements, "même si la commission d’enquête a fait un énorme travail." Par exemple, certains habitants estiment encore que le responsable des inondations reste les barrages. "Alors que la Commission d’enquête a démontré qu’il y avait plusieurs dysfonctionnements qui n’avaient pas permis d’éviter la catastrophe."

Pour autant, la députée reconnaît qu’il faut agir sur les barrages. Un groupe d’expert a d’ailleurs été mis en place pour analyser leur fonctionnement lors de situations de crise. Et les gestionnaires de barrages ont également leur rôle à jouer.

"Ils ont des réglementations qui prévoient qu’il faut une certaine réserve d’eau dans le barrage pour éviter les sécheresses. Ils ont également un deuxième rôle qui consiste à protéger les vallées. Il y a un an, au moment des inondations, on nous disait qu’il y avait une incompatibilité entre ces deux fonctions. Mais nous pensons que non. Et la commission d’enquête a vraiment prévu qu’on puisse être plus souples pour qu’en fonction de la situation, on puisse délester préventivement – ce qui n’a pas été possible la dernière fois."

On estime qu’il faut agir plus vite pour ce cadre légal sur les barrages

La députée souligne toutefois qu’il n’existe pas encore de nouveau cadre légal pour ces barrages, ni d’audit externe. "Il y a donc encore des choses à mettre en place. Et le gouvernement tarde. En tout cas au niveau des Engagés, on estime qu’il faut agir plus vite pour ce cadre légal sur les barrages."

Le système d’alerte

En ce qui concerne le système d’alerte, lui non plus n’est toujours pas mis en place. "Il y a un nouveau site web qui vient de sortir, sur la situation en cas de crue. C’est donc positif. Par contre il n’y a pas d’organisation de veille 24 heures/24, je pense que les équipes ont doublé." Il n’y a donc toujours pas de surveillance en temps réel de toutes les infrastructures en Wallonie.

"Il y a donc encore du pain sur la planche", ajoute la députée.

Au micro de la Première, Elio Di Rupo justifiait ce retard, arguant que le gouvernement avait été freiné dans son action par la lourdeur des procédures.

Mais la députée n’est pas tout à fait d’accord. "Par exemple, en ce qui concerne la possibilité d’avoir du personnel 24 heures/24 et pas uniquement des gardes, c’est uniquement le rôle du gouvernement. Il n’y a pas de procédure spécifique", explique-t-elle. "Sur certaines actions concrètes sur le terrain, je pense que le gouvernement a des moyens d’action."

L’aménagement du territoire

Enfin, les questions d’aménagement du territoire flottent toujours dans les débats, sans être tranchées. Qu’est-ce qu’une zone inondable ? Comment reconstruire en Wallonie ? Ces questions restent sans réponse.

"Ces questions flottent et donc des citoyens se demandent encore aujourd’hui s’ils vont pouvoir reconstruire ou non. Parce que le ministre Borsus a sorti une circulaire - ce qui n’a pas la même valeur juridique qu’un décret – qui est interprétable." Certaines communes peuvent reconstruire, mais pas d’autres. "Et le citoyen ne peut accepter cela encore longtemps."

"Les citoyens et les communes sont en grande partie dans le flou. Et ça, c’est lié à l’absence de cadre juridique."

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