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Mark Zuckerberg prône le télétravail pour un recrutement mondialisé ultra-concurrentiel

Le patron de Facebook estime que, d’ici 5 à 10 ans, 50 % de son staff travaillera à domicile.
26 mai 2020 à 08:58Temps de lecture2 min
Par Amid Faljaoui

Le monde de demain, dont certains parlent tant, ne ressemblera pas nécessairement à ce qu’on peut lire sous la plume des uns et des autres. Je ne sais pas s’il la fait exprès ou pas, mais Mark Zuckerberg, le patron et fondateur de Facebook, coupe l’herbe sous les pieds de pas mal d’intellectuels qui pensent ou espèrent que le monde de demain sera moins globalisé et moins inégalitaire.

Vraiment, vous y croyez, vous ? L’excellente lettre d’information française TTSO n’y croit pas une seconde, comme moi d’ailleurs. Et pour s’en assurer, il suffit de lire la dernière interview qu’a donnée le patron de Facebook à un média américain, The Verge. Et comme tant d’autres patrons de la Silicon Valley, il pense que le télétravail est là pour durer au-delà de la pandémie. Il ne dit pas que c’est un objectif, il est trop malin et trop prudent pour tomber dans ce piège, mais il dit que c’est plutôt une prédiction.

En gros, dans cette interview, le patron de Facebook estime que, d’ici 5 à 10 ans, 50 % de son staff travaillera à domicile. Il n’est pas le seul à le penser : d’autres géants de la Silicon Valley y pensent aussi, sans oublier le secteur bancaire. Mais attention – et c’est ça le plus important – Mark Zuckerberg avoue aussi dans cette interview qu’en instaurant le télétravail, il va pouvoir recruter à partir du monde entier.

Un nouveau monde

Et alors, me direz-vous ? Mais c’est simple : cette interview ouvre la porte à un nouveau monde, surtout si d’autres sociétés financières et de haute technologie font exactement comme Facebook. Vous aurez, d’un côté, un marché mondial de jobs, forcément dominé par les Américains, avec des gens sans port d’attache, qui sont hyperqualifiés et donc très bien rémunérés et qui naviguent dans un secteur ultra-concurrentiel, car les personnes concernées se battent avec des Européens, des chinois ou des Indiens. Et puis, de l’autre côté, vous aurez des emplois purement locaux, moins qualifiés et donc moins bien rémunérés, car peu compétitifs. Je pense par exemple aux services liés à la personne.

Dès lors, l’interview de Mark Zuckerberg montre à ceux qui pensaient que le monde de demain sera moins mondialisé et plus égalitaire qu’ils se fourrent un doigt dans l’œil : avec la facture que nous laisse le COVID-19, le monde de demain risque d’être exactement comme celui d’avant, mais en plus dur, hélas. Bien entendu, je ne demande qu’à me tromper. Mais la prudence est la mère de la porcelaine, autant donc se réinventer pour s’y préparer.

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