Vuelta - Cyclisme

Mas, Ayuso, Rodriguez, le trio espagnol qui rêve de détrôner Evenepoel

Mas, Ayuso et Rodriguez sont les principaux adversaires de Remco Evenepoel.

© RTBF avec Belga

08 sept. 2022 à 11:07Temps de lecture4 min
Par Raphaël Deby

Plus que cinq étapes à la Vuelta. Trois Espagnols suivent Remco Evenepoel au classement général. Entre expérience et jeunesse, ce trio sera la principale menace pour le maillot rouge.

C’est un Belge et trois Espagnols qui sont sur la Vuelta. Le Belge est devant et les trois Espagnols veulent le dépasser mais le temps presse. Non, ce n’est pas le début d’une blague mais la situation au classement général de la Vuelta avant la 18e étape ce jeudi. Alors que la course ibérique se finit dimanche, tout le pays se met à rêver d’un podium avec deux ou trois Espagnols.

Enric Mas – Movistar (2e à 2'01")

Dauphin de Remco Evenepoel (Quick-Step Alpha Vinyl), Enric Mas est clairement son plus grand rival depuis l’abandon de Primoz Roglic (Jumbo-Visma). Il faut dire que l’Espagnol a des références. Une statistique suffit à le présenter : il a fini dans le top 6 de ses quatre derniers grands tours si on ne compte pas le Tour de France qu’il a dû quitter à la 19e étape à cause d’un test positif (il était 11e). Déjà deux fois deuxième de la Vuelta, le leader de la Movistar semble prêt à lutter pour la première place.

En 2018, alors âgé de 23 ans, Mas avait bluffé tout le monde en ne finissant que derrière Simon Yates et en grimpant sur le podium grâce à sa victoire dans l’ultime étape de montagne, et éjectant Alejandro Valverde du podium. À l’époque, l’Espagne s’était mise à rêver de relève alors qu’Alberto Contador et Joaquin Rodriguez avaient pris leur retraite et que Valverde se rapprochait de la fin. Depuis, il n’a toujours pas réussi à remporter une course de trois semaines mais n’en a jamais été aussi proche. Toujours dans le coup et jamais largué, le grimpeur de 27 ans n’a pas abandonné comme il l’a prouvé mercredi en accélérant. Le rêve lui tend les bras, il est à 2'01" et à quatre jours. Si proche, mais pourtant si loin.

Précision importante : même si les ambitions du coureur pourraient diverger, son équipe ne le laissera sans doute pas prendre des risques incensés qui pourraient lui faire perdre le podium. Juste devant Lotto-Soudal au classement UCI, Movistar est pour l'instant la dernière équipe à rester virtuellement dans le WorldTour et a donc besoin de points pour assurer sa présence dans l'élite pour les trois prochaines saisons. Dans cette optique, une potentielle deuxième place au classement général final serait un très gros coup.

Il reste encore l’étape arrivant à Piornal (18e étape ce jeudi) et le Guadarrama comme journées importantes et nous devons en tirer le meilleur parti. Je dois en profiter et continuer à tester Evenepoel. On verra ce qu’il se passe. Nous devons rester vigilants et concentrés, car tout peut arriver.

Juan Ayuso – UAE (3e à 4'51")

Dans la classe biberon, nous appelons Juan Ayuso. Méconnu du grand public avant le départ, le Barcelonais explose aux yeux de tous depuis le début de la Vuelta, et de quelle manière. Sans la moindre victoire professionnelle, si on ne compte pas le Giro espoirs l’an dernier qu’il a survolé, Ayuso a de l’avenir, sans doute même un très bel avenir. Son équipe y croit tellement qu’elle a prolongé son contrat jusqu’en 2028, une anomalie dans le cyclisme. Venu épauler Joao Almeida (6e), l’Espagnol se retrouve pour la première fois sur le podium provisoire. Avec près de cinq minutes de retard sur la tête, la victoire finale semble hors de portée. L’important sera donc de sécuriser le podium. De chasseur, le voici désormais devenu chassé.

Cette saison, le jeune coureur avait déjà marqué les esprits des plus attentifs. Quatrième du Tour de Romandie et cinquième du Tour de Catalogne, Ayuso a clairement franchi un palier sur cette Vuelta. Comparé à ses illustres aînés, le principal intéressé se rapproche plus de Valverde selon ses propres dires. Capable de s’exprimer pleinement dans les grands cols mais aussi dans les courtes côtes, l’Espagnol a toutes les cartes en main pour déjà s’imprimer dans l’esprit des suiveurs, seulement un an après son arrivée chez UAE dans le peloton professionnel. À 19 ans, un podium serait une performance historique.

C’est incroyable d’être dans cette position, mais avec la manière dont Roglic s’est malheureusement retiré, je ne pense pas qu’il y ait de quoi se réjouir pour le moment. Il y a encore quelques jours importants à venir et tout peut arriver, mais être sur le podium est assez incroyable à ce moment de la course

Carlos Rodriguez – INEOS Grenadiers (4e à 5'20")

Encore un jeune Espagnol. À 21 ans, Carlos Rodríguez est en train de répondre aux attentes placées en lui. Quatrième du Tour de Burgos et "seulement" quinzième du Tour de Catalogne cette saison, il manque encore de références au plus haut niveau, contrairement à son cadet. Sur cette Vuelta, Rodriguez n’était pas venu pour jouer le classement général. Il faut dire qu’avec Richard Carapaz, Tao Geoghegan Hart et Pavel Sivakov, l’équipe INEOS Grenadiers semblait suffisamment armé pour ne pas devoir compter sur son jeune grimpeur espagnol.

Vainqueur de son championnat national, Rodriguez avance sans faire de bruit dans cette Vuelta. S’il rêve du Tour de France, il peut également briller sur d’autres terrains. Chez les espoirs, il a notamment fini 6e de Paris-Roubaix. Quatrième du contre-la-montre individuel, le jeune coureur semble capable de briller partout. Un atout qui devrait être capital dans sa future carrière dont le premier grand fait d’armes restera cette Vuelta. À moins de trente secondes du podium, le champion d’Espagne a une chance unique de s’affirmer comme la relève de son équipe, à l’heure où des questions se posent sur le successeur d’Egan Bernal, pour qui un retour au plus haut niveau n’est pas garanti. Victime d'une chute lors de la 18e étape, Rodriguez est reparti après un passage à la voiture médicale. Il faudra donc voir si ses blessures ne l'handicaperont pas trop dans cette lutte pour le podium.

Pour le podium, on est Juan, Miguel Angel Lopez et moi… en principe parce qu’on ne sait pas si les gens qui reviennent plus loin peuvent passer une super troisième semaine. Si nous obtenons le podium, très bien. Sinon, il faudra essayer d’être le plus haut possible.

17e étape : Aracena > Monasterio de Tentudia : Victoire de Rigoberto Uran

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