Belgique

Masque dès 10 ans, CST +, télétravail : voici toutes les nouvelles mesures annoncées par le comité de concertation

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17 nov. 2021 à 13:30 - mise à jour 18 nov. 2021 à 14:08Temps de lecture5 min
Par Jean-François Noulet

Pour la 22e fois, les dirigeants du pays se sont réunis en comité de concertation (Codeco), ce mercredi 17 novembre, pour faire le point sur l’épidémie de Covid-19 et ajuster les mesures sanitaires. La réunion, planifiée à 14h30, s’est tenue au Palais d’Egmont. Initialement prévu ce vendredi 19 novembre, le comité de concertation avait été avancé en raison de l’aggravation de la situation épidémiologique.

La situation épidémiologique s’est en effet fortement dégradée ces dernières semaines. Le comité de concertation n’a cependant pas annoncé de lockdown ou de fermetures. La priorité va au renforcement des mesures de protection, comme le port du masque et d’autres mesures de distanciation.

Toutes les mesures annoncées lors de ce Comité de concertation entrent en vigueur le 20 novembre 2021 et seront applicables jusqu’au 28 janvier 2022.

 

Le masque dès 10 ans en intérieur, les règles différentes pour les écoles

La question du port du masque s’est aussi invitée sur la table du comité de concertation. Le GEMS, le groupe d’experts scientifiques qui conseillent le gouvernement dans la gestion de l’épidémie, avait notamment recommandé d’imposer le port du masque aux élèves, dès l’âge de 9 ans.

Les autorités politiques du pays n’ont pas suivi à la lettre cette recommandation. En effet, ces derniers jours, les ministres de l’Enseignement s’étaient montrés défavorables à une obligation du port du masque pour les élèves des écoles primaires.

Le comité de concertation opte pour une obligation du port du masque en intérieur dès l’âge de 10 ans. En revanche, cette obligation ne s’applique pas aux écoles. Concrètement, un élève de 10 ans qui se rend à l’école en transports en commun devra porter le masque à l’intérieur de ceux-ci, mais pourra l’ôter une fois à l’école.

La nouvelle règle est d’application à partir du 20 novembre.

La possibilité reste offerte aux différentes Communautés du pays de décider d’être plus strictes ou d’imposer le port du masque en fonction de l’année scolaire.

Ainsi, en Fédération Wallonie-Bruxelles, le port du masque est obligatoire pour les élèves du secondaire, mais il n’en est pas question dans le primaire, comme l’a rappelé ce mercredi le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Pierre-Yves Jeholet (MR).

En Flandre, depuis le 8 novembre, au lendemain du congé de Toussaint, les élèves du secondaire ne doivent pas porter le masque, parce que 84% des 12-17 ans en Flandre sont vaccinés. En revanche, les élèves flamands de 5e et 6e primaires doivent porter le masque en classe si une distance suffisante ne peut être garantie entre eux et si la ventilation des locaux est insuffisante.

Le port du masque aussi obligatoire dans d’autres secteurs

L’obligation de port du masque est élargie à de nombreux cas, dans les espaces intérieurs, mais aussi à l’extérieur, et ce, dès le 20 novembre.

Comme expliqué ci-avant et à l’exception du cas particulier des écoles, le masque est obligatoire dès 10 ans.

Le masque peut uniquement être retiré de manière occasionnelle pour manger et boire assis, et lorsque le port du masque est impossible en raison de la nature de l’activité, comme lors d’activités sportives.

Le masque est ainsi désormais obligatoire dans les espaces fermés des transports en commun et des transports collectifs organisés, pour les professions médicales et non médicales, dans les établissements de soins.

Le masque est aussi nécessaire dans les établissements et lieux où sont organisées des activités Horeca.

Cela concerne aussi les événements intérieur et extérieur, quelle que soit l’ampleur de l’événement. Même chose pour les magasins et les centres commerciaux, les espaces accessibles au public des entreprises et administrations publiques.

Il faudra aussi rester masqué dans les bâtiments publics, les tribunaux, les bibliothèques, ludothèques et médiathèques, les espaces publics du secteur culturel, festif, sportif, récréatif et événementiel. Idem pour les centres de fitness et les lieux de culte.

Ne dites plus Covid Safe Ticket, mais Covid Safe Ticket "Plus"

On passe au "Covid Safe Ticket Plus", c’est-à-dire le Covid Safe Ticket plus le masque. Pour rappel, le Covid Safe Ticket (CST) est une preuve de vaccination complète ou de test PCR négatif ou de rétablissement.

Le Comité de concertation a décidé que dans les endroits ou lors d’événements où le CST était applicable, le port du masque sera aussi obligatoire, toujours dès le 20 novembre.

On parle ici des événements publics et réunions privées de plus de 50 personnes à l’intérieur ou de plus de 100 personnes à l’extérieur.

Dans l’Horeca aussi, le masque redevient obligatoire pour les clients lorsque ceux-ci ne sont pas assis, en train de manger ou de boire. Pour le personnel, le port du masque reste obligatoire.

Dans les salles de théâtre et de spectacle, les salles qui accueillent des activités culturelles, les cirques en intérieur, les cinémas, les musées et les parcs d’attractions et parcs à thèmes intérieurs, le masque est aussi obligatoire en complément du CST.

Le cas particulier des discothèques : le masque pas obligatoire à condition de tester

Pour les discothèques et dancing, il reste la possibilité d’échapper à ce nouveau dispositif du Covid Safe Ticket Plus et de ne pas imposer le port du masque à condition de demander aux clients de présenter le Covid Safe Ticket et d’effectuer un autotest sur place.

Cette décision du Comité de concertation ne suit pas les recommandations faites par les experts scientifiques du GEMS qui préconisaient la fermeture des boîtes de nuit et discothèques.

Le retour du télétravail obligatoire : 4 jours par semaine

Parmi les mesures pour tenter de contenir l’épidémie de coronavirus, figure l’obligation de télétravail. L’idée est de limiter autant que possible la présence des travailleurs dans les entreprises et aussi de réduire le nombre de navetteurs dans les transports en commun.

Le télétravail redevient obligatoire à concurrence de quatre jours par semaine jusqu’au 13 décembre. Pendant cette période, un retour en entreprise est autorisé un jour par semaine. Ensuite, la règle deviendra l’obligation de prester trois jours par semaine en télétravail, là où c’est possible.

Les entreprises devront tenir un registre mensuel électronique et le mettre à disposition via le portail de la sécurité sociale.

Ce dispositif entre en vigueur le 20 novembre.

Une troisième dose de vaccin pour tous au printemps prochain

La semaine dernière, les ministres de la Santé du pays avaient trouvé un accord de principe pour que toute la population belge puisse bénéficier d’une dose de boost (troisième ou seconde dose, selon les vaccins), soit une dose de vaccin supplémentaire, afin de relancer l’immunité face au coronavirus.

Il restait à s’entendre sur le timing. C’est chose faite. La dose de rappel pour toutes les personnes déjà vaccinées sera disponible au printemps prochain, en mars ou avril.

Le Comité de concertation annonce aussi que la campagne de vaccination des enfants âgés de 5 à 11 ans sera lancée "dans les meilleurs délais", "dès réception de l’avis favorable du Conseil supérieur de la Santé et du Comité consultatif de bioéthique, et après approbation par l’Agence européenne du médicament".

Une évolution inquiétante de l’épidémie

Le comité de concertation tient à l’œil l’évolution de la situation sanitaire. Ce sont, notamment, les chiffres des hôpitaux qui sont surveillés, pour éviter la saturation des établissements hospitaliers. 2693 patients sont actuellement hospitalisés en lien avec le Covid-19, dont 557 patients traités en soins intensifs.

Entre le 7 et le 13 novembre, plus de 10.000 personnes ont été infectées quotidiennement.

Le Comité de concertation a prévu de se réunir début janvier pour évaluer l’efficacité et la pertinence de ces mesures. Il n’est cependant pas exclu de "se revoir avant Noël, si la situation continue à se détériorer", a expliqué Elio Di Rupo en marge de la conférence de presse.

 

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