Cyclisme

Mathieu van der Poel concentré sur les Mondiaux malgré une préparation… atypique!

Le Néerlandais Mathieu van der Poel est concentré sur l'un des derniers objectifs de sa saison: le titre mondial sur route en Australie, le 25 septembre.

© Samuël Grulois / RTBF

Alors que Wout Van Aert, Remco Evenepoel ou encore Tadej Pogacar (ces deux derniers sont engagés dans le chrono dimanche) vivent la tête en bas depuis quelques jours déjà, leur grand rival batave Mathieu van der Poel enchaîne les courses en Belgique ! Hier, son équipe Alpecin organisait une conférence de presse au siège du nouveau co-sponsor Deceuninck, à Hooglede, en Flandre occidentale. L’occasion de présenter aux médias les coureurs qui défendront les couleurs du team en cyclo-cross les prochains mois. L’occasion aussi (et surtout) de recueillir les impressions de VDP à une dizaine de jours de la course sur route des Championnats du monde, à Wollongong.

Van der Poel vient de remporter les trois dernières épreuves qu’il a disputées : le Grand Prix de la Ville de Grammont le 31 août (devant son frère David, deuxième), la Izegem Koers le 8 septembre et le Grand Prix de Wallonie à Namur ce mercredi. Pour être exhaustif, il avait terminé 35ème de la Course des Raisins à Overijse pour sa reprise post-Tour de France le 24 août. Et il prendra encore part demain à la Primus Classic entre Brakel et Haacht avant d’enfin s’envoler pour l’Australie au départ de Bruxelles via Dubaï. Une préparation hors des sentiers battus, loin de la Vuelta et du Canada, qui en a surpris plus d’un dans le peloton et dans les médias.

Alors, pour bien comprendre les tenants et les aboutissants, on s’est directement adressé au principal intéressé, Mathieu van der Poel. Interview.

Mathieu, on est ici avec vous à Hooglede pour assister à une conférence de presse dans le cadre de la prochaine saison de cyclo-cross… alors que la plupart de vos adversaires sont déjà en Australie pour s’acclimater avant les Mondiaux sur route. Bizarre, non ?

" Je me suis bien entraîné les dernières semaines et j’avais encore besoin de quelques courses pour atteindre la forme espérée avant de partir. "

Interview Mathieu van der Poel avant les Mondiaux de cyclisme en Australie

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Je n’ai pas vraiment eu le choix ! La Vuelta arrivait trop tôt pour moi après mon abandon au Tour de France. Concernant les courses au Canada, mon équipe Alpecin-Deceuninck n’y participait pas.

D’accord mais c’est une préparation particulière quand même : pas de Tour d’Espagne, pas de stage en altitude mais des courses " modestes " en Belgique (NDLR : soit des kermesses, soit des épreuves 1.Pro ou 1.1, mais pas de World Tour). Atypique, non ?

" En fait, je n’ai pas vraiment eu le choix ! La Vuelta arrivait trop tôt pour moi car je n’avais pas encore une condition suffisante après mon abandon au Tour de France, le 13 juillet. Concernant les courses au Canada, mon équipe Alpecin-Deceuninck n’y participait pas. Et donc, la seule chose que je pouvais faire était de participer à ces épreuves en Belgique. "

Malgré cette préparation spéciale, on peut vous mettre dans la liste des favoris ?

" Oui, je fais partie des favoris ! Mais il y a beaucoup de candidats pour la victoire. Un Championnat du monde est toujours une course particulière. Pour s’imposer ce jour-là, il faut être à 100% pour pouvoir rester tout le temps à l’avant. Alors, c’est vrai que je n’ai pas suivi la même préparation que mes rivaux mais je me sens bien. "

Vous n’avez pas peur du décalage horaire en arrivant plus tard que les autres sur place ?

" Non, pas vraiment. Nous n’avons aucune certitude de mieux nous acclimater en y allant plus tôt. Et je répète : je voulais absolument participer à quelques courses supplémentaires avant de me rendre en Australie. "

Je reconnais ne pas avoir été toujours au top, sur le Tour de France. Mais j’ai aussi gagné des belles courses. Vous savez, être sportif de haut niveau ce n’est pas un jeu, on ne gagne pas à tous les coups…

Vous appréciez énormément ce maillot arc-en-ciel que vous avez déjà porté en cyclo-cross et sur route chez les juniors. Chez les élites, vous avez terminé 43ème en 2019 (vous étiez en tête à Harrogate avant de complètement craquer) et 8ème l’an dernier (à Louvain). Décrocher l’arc-en-ciel chez les élites, ce serait le graal ?

" Tous les coureurs rêvent de porter ce maillot une fois dans leur vie, même une journée. Et c’est aussi mon cas. "

Dans la famille, papa Adrie (Adrie van der Poel) a terminé deuxième du Mondial en 1983, papi Poupou (Raymond Poulidor) troisième en 1964… il ne manque plus que la première place pour Mathieu ?

" Oui, c’est vrai… je vais essayer mais ça va être vraiment difficile. Si ce n’est pas cette année, j’espère sincèrement devenir un jour champion du monde sur route. Dans une carrière, vous n’avez pas tant de chances que ça de décrocher le titre. Mais oui, je vais essayer ! "

Cela vous permettrait de clôturer avec le sourire une année 2022 un peu spéciale pour vous. Vous avez connu une succession de hauts et de bas.

" Certes, mais je suis malgré tout satisfait de ma saison. Je reconnais ne pas avoir été toujours au top, sur le Tour de France notamment où je n’étais pas très bien. Mais j’ai aussi gagné des belles courses, je trouve (NDLR : notamment le Tour des Flandres et la première étape du Tour d’Italie) ! Vous savez, être sportif de haut niveau ce n’est pas un jeu, on ne gagne pas à tous les coups. Et puis, on a commis quelques erreurs avec l’équipe mais ça nous a permis d’apprendre beaucoup de choses. "

Mes adversaires ? Je coche surtout Wout Van Aert. La relation entre Van Aert et Evenepoel ? Ce n’est pas mon problème.

Quels seront vos adversaires à Wollongong ? On les connaît, je sais, mais je voudrais vous entendre prononcer leurs noms !

" Oh, il y en a plusieurs naturellement. Mais je coche surtout Wout Van Aert qui a laissé voir ces dernières semaines qu’il était vraiment bien. Et évidemment Remco Evenepoel, s’il a correctement récupéré de la Vuelta. Ça, ce ne sont que les Belges mais je pense qu’il y a pas mal d’autres coureurs qui peuvent gagner. "

On se pose beaucoup de questions en Belgique sur la relation entre Van Aert et Evenepoel, deux champions avec beaucoup de caractère. Même si ce n’est pas votre problème, ce double leadership au sein de l’équipe nationale belge ne risque-t-il pas de devenir son talon d’Achille ?

" En effet, ce n’est pas mon problème ! Et tout cela dépendra du déroulement de la course. "

Un mot sur le tenant du titre Julian Alaphilippe ?

" C’est difficile de juger. S’il avait pu finir la Vuelta, il aurait été clairement favori. Mais là, je ne sais pas comment il se sent. "

Sur base de vos qualités, quelle tactique comptez-vous mettre en place pour devenir champion du monde ?

" En tout cas, je devrai avoir une bonne journée, c’est certain. Et puis, c’est une des rares épreuves où il n’y a pas d’oreillettes. En l’absence de toute communication, on peut parfois assister à des choses bizarres pendant la course. Difficile donc d’avoir une tactique précise. "

Pour retrouver trace du dernier titre mondial d’un Néerlandais, il faut remonter à… 1985 lors du succès de Joop Zoetemelk. C’est une éternité pour une nation forte comme les Pays-Bas !

" Oui mais ça nous rappelle à tous combien c’est compliqué de gagner une course comme celle-là ! "

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