Maxime Prévot sur la crise sanitaire : "Manifestement, les leçons de la première vague n'ont pas été tirées"

30 oct. 2020 à 07:31 - mise à jour 30 oct. 2020 à 07:41Temps de lecture2 min
Par RTBF

À 13 heures, les six gouvernements de notre pays se retrouvent pour prendre de nouvelles mesures pour faire face à l’épidémie galopante. Pour Maxime Prévot, député fédéral, président du cdH et bourgmestre de Namur, l’enjeu principal de cette réunion se résume en un mot : "la cohérence".

"On a besoin de retrouver un pilote dans l’avion, répond l’invité de Matin Première. Il faut reconnaître que ces dernières semaines, le Premier ministre a laissé filer le manche pour permettre que les décisions soient alignées et articulées." Et de prendre l’exemple de la semaine dernière où les décisions entre les différents niveaux de pouvoirs se sont enchaînées tout au long du week-end.

Notre lasagne institutionnelle n’est-elle pas un handicap ?

"Il faudra qu’on en tire les enseignements quand on aura derrière nous toute cette urgence sanitaire à devoir gérer. Est-ce que notre lasagne institutionnelle n’est-elle pas un handicap plutôt qu’un atout quand il s’agit de gérer une crise ? Il faudrait plutôt une unité de commandement, une unité de communication. On n’a eu jusqu’à présent ni l’un ni l’autre."

Les bourgmestres ne savent plus où donner de la tête

Et en première ligne pour faire appliquer ces mesures au niveau local, on retrouve les bourgmestres. Le président du cdH a réuni jeudi soir tous ceux de son parti par vidéoconférence. "Dans les zones rurales, dans les plus petites communes, le bourgmestre est bien souvent tout seul, sans staff, face à l’ensemble des besoins et malheureusement on n’a pas de soutien aujourd’hui. On a des infrastructures qui font défaut et on a des structures publiques qui ne sont pas du tout amenées à gérer une crise. Manifestement, les leçons de la première vague n’ont pas été tirées."

Le premier réceptacle de l’incompréhension et du ras-le-bol citoyen

Incompréhension et colère pour les bourgmestres humanistes. "Ils sont le premier réceptacle de l’incompréhension et du ras-le-bol citoyen, commente Maxime Prévot. Quand une nouvelle conférence de presse annonce des nouvelles mesures, il faut attendre deux ou trois jours avant qu’elles ne soient confirmées dans des textes et en détail. Ils sont assaillis de questions de citoyens pour savoir ce qui peut être maintenu. Ils assument en donnant une direction, avec parfois, le risque de se tromper." Maxime Prévot craint que ce soit encore le cas ce vendredi.

Ça ne veut pas dire qu’on soutient l’action que la Wallonie a menée

Pourtant, dans la pratique, le cdH vient d’accorder sa confiance au gouvernement wallon en lui votant les pouvoirs spéciaux. Cela va permettre à la Wallonie d’avoir une plus grande marge de manœuvre pour pouvoir prendre des décisions rapidement dans le cadre de cette crise sanitaire.

"Ça ne veut pas dire qu’on soutient l’action que la Wallonie a menée, rétorque Maxime Prévot. Ça veut dire que nous sommes conscients que l’heure est grave et qu’on ne peut pas faire de l’opposition à la petite semaine. La volonté n’est pas de chipoter aujourd’hui mais d’agir."

Articles recommandés pour vous