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Les Mythes de l'actu

Méduse, monstrueuse et salvatrice, l’histoire d’un regard qui tue et d’un sang qui donne la vie

Tête de Méduse, buste du Bernin
06 déc. 2021 à 10:23Temps de lecture2 min
Par Céline Dekock d'après la chronique de Pascale Seys

Que nous nous promenions sur la plage ou que nous nous baignions dans la mer, il faut se méfier des méduses, ces animaux gélatineux qui, si on les touche, peuvent nous paralyser ou en tout cas, nous causer de sévères irritations cutanées. Ce pouvoir paralysant, c’est ce qui caractérise Méduse, personnage mythique de l’Antiquité, femme à la chevelure de serpents et au regard pétrifiant. Pascale Seys, dans ses Mythes de l’actu, nous explique comment, en traversant le temps, les mots et les mythes nous rappellent à notre mémoire.

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Méduse

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Lorsqu’on apprend une nouvelle qui nous bouleverse, on a coutume de dire que nous sommes "médusés". Nous sommes comme figés par l’étonnement, incapables de bouger ou de parler. Et cette expression, comme beaucoup d’autres, tire son origine de la mythologie grecque.

Le mythe de Méduse connaît de nombreuses versions et est raconté par de nombreux auteurs grecs et romains, de l’évocation de "la Gorgone" dans L’Illiade et L’Odyssée d’Homère aux Métamorphoses d’Ovide, en passant par la Théogonie d’Hésiode et les récits d’Eschyle, Pindare ou encore Euripide.

A gorgon and panthers from the pediment of the temple of Artemis on Corfu.

Méduse est la fille de Phorcys et Céto, enfants de Gaïa (La Terre) et de Pontos (l’Océan). Elle fait donc partie de la famille des divinités primordiales. Méduse est l’une des trois Gorgones, ces créatures monstrueuses à la chevelure composée de serpent et au regard pétrifiant. Dans ses représentations archaïques, Méduse a le visage de sanglier, des yeux exorbités, des crocs, la langue pendante et des serpents dans la chevelure ou à la taille.

Une représentation qui s’humanisera quelque peu à l’âge classique.

 

Un regard pétrifiant

Persée tuant Méduse, par Laurent-Honore Marqueste

Méduse est donc la fille de Phorcys et Céto, sœur cadette des Grées, les Sœurs Grises. Selon la légende, Méduse est la seule des trois Gorgones à être mortelle. Contrairement à ses deux sœurs, Méduse est une belle jeune fille à la chevelure resplendissante. Courtisée par les hommes, elle a fait le vœu de servir la déesse Athéna. Mais aucun vœu ne résiste aux assauts d’un dieu, et, en l’occurrence, ceux de Poséidon qui s’éprend de la jeune femme. Si certaines sources affirment que la jeune femme s’est laissée séduire par le dieu, d’autres écrivent que Poséidon viole Méduse dans le temple d’Athéna.

Cette dernière, outrée par la violation de son temple, punit la jeune femme, transformant sa belle chevelure en serpents hideux et en jetant sur Méduse une malédiction : quiconque regardera la créature dans les yeux sera changé en pierre. En plus de son regard qui tue, elle pousse un cri déchirant qui est celui de la mort même.

Méduse est alors condamnée à vivre recluse dans une grotte, aux côtés de ses deux sœurs.

Le mal n’est ni plus ni moins absolu que le bien

Persée tenant la tête de Méduse, statue sur la Piazza della Segnioria à Florence

Méduse et les Gorgones inspirent la crainte de tous et seul la ruse du héros Persée réussit à duper Méduse. Polydecte, roi de l’île Séfiros, éperdument amoureux de Danaé, mère de Persée, envoie le jeune homme chercher la tête de la Gorgone, dans l’espoir que le jeune homme périsse. Persée, munit de sandales ailées, du casque d’Hadès le rendant invisible et de son bouclier poli comme un miroir, se rend dans la grotte où se trouve Méduse et parvient à lui trancher la tête en utilisant son bouclier en déjouant son regard.

Mais ce n’est pas la fin de l’histoire. De la tête tranchée de Méduse, jaillirent deux fils, né de l’union de Poséidon et de Méduse. Ces fils, ce sont Chrysaor et Pégase, le cheval ailé.

Le sang dégoulinant de la tête de Méduse sera recueilli par le dieu grec de la médecine, Asclépios : de la veine gauche provient un poison tandis que de la veine droite s’écoule un remède si puissant qu’il permet à Asclépios de ressusciter les morts. Monstrueuse et salvatrice, tueuse et donneuse de vie, du pire procède le meilleur et de la mort même, la vie.

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