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Coronavirus

Même après avoir été infecté, il y a un intérêt à la vaccination, démontre une étude : la protection sera plus durable

18 févr. 2022 à 10:59Temps de lecture3 min
Par Ibrahim Molough

Une nouvelle étude publiée ce mercredi dans le New England Journal of Medicine semble indiquer que l’immunité acquise grâce à la vaccination en plus d’une infection procure une protection plus durable. 

L'immunité acquise contre l'infection a diminué après 1 an chez les participants non vaccinés, mais est restée constamment supérieure à 90 % chez ceux qui ont été vaccinés par la suite, même chez les personnes infectées plus de 18 mois auparavant. 

Résultats de l’étude

Pour Muriel Moser, immunologue et biologiste à l’ULB, cette étude est particulièrement intéressante car elle étudie les infections indépendamment des symptômes, cela grâce à des tests PCR fréquents. De plus, elle mobilise plus de 35.000 participants - des membres du personnel soignant au Royaume-Uni -, ce qui permet d’obtenir des statistiques significatives et représentatives.

Nous le savons, le vaccin protège très bien contre les infections (85% jusqu’à deux mois après la deuxième dose)... mais cette protection diminue de 34% après 6 mois. Par contre, la protection suite à une infection dure plus longtemps et ne s’estompe pas avant un an (86% sans baisse avant un an).

Cela voudrait donc dire qu’une protection induite par une infection qui suit une vaccination est plus durable que celle induite par une dose supplémentaire. 

Pourquoi ? L’immunologue précise que le vaccin cible uniquement la fameuse protéine Spike, alors que la protection due à une infection peut être beaucoup plus large et se diriger vers d'autres parties du virus. Or, cette protection multiple protège mieux, même contre les variants. C’est ce qu’on appelle l’immunité croisée.

Comme l'explique Muriel Moser, "plusieurs études démontrent que trois stimuli, ça peut être trois vaccinations ou deux vaccinations et une infection, protège mieux que deux stimuli. Il y a une complémentarité. On sait que si on stimule à plusieurs reprises le système immunitaire, la réponse immunitaire dite de mémoire est meilleure quantitativement et qualitativement."

En résumé, plus on mobilise le système immunitaire, comme avec la troisième dose, meilleure sera la protection.

Selon Muriel Moser, il semble donc logique que les personnes qui ont été infectées possèdent un CST puisqu'une réponse immunitaire a eu lieu et qu’ils possèdent donc une protection...même si elle n’est pas procurée par un vaccin. Mais cette protection diminue elle aussi avec le temps, et est renforcée par la vaccination.

Un virus qui reste dangereux

Même si Omicron est moins pathogène, il ne faut pas sous-estimer les dangers de l’infection. Il existe des symptômes graves (qui touchent au moins 1/5 des patients) : le "Covid" long et même des problèmes cardiaques, selon Muriel Moser.

Et les chiffres d’hospitalisations en Belgique témoignent également de la dangerosité de ce variant : 353 personnes en soins intensifs et 3352 personnes hospitalisées en date du 16 février. S'il est vrai que l’infection protège très bien, il ne faut donc pas oublier qu'elle comporte des risques.

Il est alors inconcevable pour Muriel Moser de ne plus vacciner. D’autant plus qu’il n’est pas encore certain que la protection prodiguée par une infection à Omicron protège des autres variants.

"On ne sait pas si Omicron sera le dernier variant, il est possible qu’un autre variant apparaisse. Si un autre variant plus pathogène émerge, il vaut mieux être prêt et nous ne sommes pas certain que l’infection à l’omicron va protéger des autres variants. Omicron est très différent des variants Alpha et Delta", explique l’immunologue.

De nouveaux types de vaccins

A noter que de nouveaux types de vaccins sont en développement pour lutter contre le coronavirus : les vaccins mucosaux et le vaccin pan coronavirus.

Les vaccins mucosaux, qui s’injectent par les voies respiratoires supérieures et qui provoquent une réponse immunitaire au niveau des muqueuses, pourraient être bien plus efficaces que les vaccins à injection intramusculaire dans le cas du coronavirus.

"L’infection se faisant par les voies respiratoires supérieures signifie que le virus induira vraisemblablement une réponse mucosale, au niveau des muqueuses (cellules qui tapissent la bouche, le nez et tout le système respiratoire) qui est un peu différente de la réponse systémique après injection intramusculaire, qui est très efficace pour prévenir l’infection", explique-t-elle.

En ce qui concerne le vaccin pan coronavirus, celui qui protège de plusieurs variants en même temps (SRAS-CoV de 2002, le virus du rhume et les variants actuels), étudier d’autres antigènes en plus de la protéine Spike est nécessaire selon la biologiste.

L’immunologue souhaite rappeler que nous pouvons vivre aujourd’hui presque normalement grâce à la vaccination et au respect des gestes barrières. Reste que, pour elle, il ne faut surtout pas oublier d’élargir la vaccination au monde entier via le programme Covax pour des raisons d’accès aux vaccins et pour éviter l’émergence de nouveaux variants.

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