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"Merci Mons": une centaine d’Ukrainiens manifestent dans les rues de la ville

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10 sept. 2022 à 15:19 - mise à jour 12 sept. 2022 à 07:08Temps de lecture2 min
Par Charlotte Legrand

Parti du Square Roosevelt, le cortège est arrivé à la Grand-Place vers 13 heures. Des Ukrainiens, majoritairement des enfants et des femmes, s’étaient donné rendez-vous pour exprimer leur gratitude envers tous ceux qui les ont aidés, depuis leur arrivée en Belgique. Des Belges étaient également présents.

Gloria, élève à l’Athénée Marguerite Bervoets, s’est rapprochée de Viktoria lorsqu’elle est arrivée à l’école, en mars. "Je l’ai vue un peu perdue. Comme je suis inscrite en immersion en anglais, j’ai tenté de l’aider, dans cette langue. Depuis, on est amies, on fait des trucs ensemble". La maman de Viktoria et de sa petite sœur est très reconnaissante pour l’accueil que les écoles ont réservé aux enfants ukrainiens. "Ils étaient tous terrifiés à l’idée d’aller dans une nouvelle école. Je pensais que ça se passerait mal. Mais non ! Ils vont à l’école avec le sourire, ils ont des copains".

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Daria vivait déjà en Belgique depuis 9 ans lorsque la guerre a éclaté, mais elle a fait venir sa maman d’Ukraine. "Elle pleure beaucoup, c’est très difficile pour elle…" Pour elles deux il était nécessaire de venir dire "merci" à la Belgique. "Il y a des critiques sur l’accueil, mais je pense que ça va quand même très bien. La Belgique est un petit pays, qui a dû accueillir plus de 50.000 Ukrainiens. J’entends que de nouveaux centres vont encore ouvrir. Il y a des cours de français, des aides… La Belgique fait ce qu’elle peut… Et vous avez aussi d’autres réfugiés, arrivés ici depuis des années, dont il faut s’occuper".

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"Ici on ne vit pas dans la peur, on n’entend pas le danger au-dessus de nos têtes", poursuit une jeune Ukrainienne de 18 ans. Elle suit des cours en ligne à l’université de Kiev. C’est là qu’elle apprend à parler le français (qu’elle parle très bien). "C’est important pour nous de dire merci car on comprend que les gens ne sont pas obligés de nous aider. C’est un choix qu’ils font, et merci de faire ce choix"

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La manifestation se termine dans les chants et les danses. On rit, on s’évade. On pense à autre chose. Le père de Viktoria est resté en Ukraine. Son frère de 23 ans aussi, il aimerait partir au front. "J’ai peur, mais d’un autre côté, c’est bien, pour le pays", confie l’adolescente. Terrible dilemme, qui hante cette famille séparée par des milliers de kilomètres.

 

Alors que nous quittons la Grand-Place, Larissa nous rattrape et nous confie un petit porte-bonheur, qu’elle a fabriqué elle-même. Elle vit à Baudour, dans une famille avec qui les choses se passent à merveille. Elle a des larmes plein les yeux. On lui parle de sa robe aux couleurs de l’Ukraine. Un souvenir du pays ? "Pas du tout ! Je l’ai achetée sur le marché de Quaregnon ! 3 euros", nous répond-elle !

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