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Mesures pour une Belgique LGBTQI + friendly : "La Belgique est déjà dans le haut des classements, mais tout n’est pas qu’une affaire de classement"

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Journée internationale contre l'Homophobie, la Transphobie, la Biphobie, et l'Interphobie

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17 mai 2022 à 10:453 min
Par Alice Dulczewski sur base d'une interview de Sophie Breems

Le gouvernement fédéral a présenté ce mardi son plan de mesures en faveur des lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexes, la communauté LGBTQI +. La date n’a pas été choisie au hasard puisque ce 17 mai est la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie. Pour en parler, Jean-François Cannoot, coordinateur général de la Rainbow House à Bruxelles, était l’invité de La Première.

Aujourd’hui, en 2022, la société est encore très binaire ?

Jean-François Cannoot : "Oui, c’est constaté. C’est vécu par les personnes non-binaires aux genres fluides, mais aussi par des institutions comme la Cour constitutionnelle. Dans le cadre de certaines lois prises, celle-ci a estimé qu’il y avait discrimination, qu’il fallait y remédier et sortir de cette binarité. Il faut encore prendre des mesures pour favoriser l’épanouissement des personnes intersexes, notamment des personnes trans aussi. Il y a encore énormément à faire. En Belgique, on est dans le haut des classements. Mais tout n’est pas affaire de classement."

Vous avez des revendications. La première concerne les enfants intersexes, qui ne sont ni complètement garçons ni complètement filles. Vous demandez de ne pas directement intervenir parce qu’il y a des médecins qui disent qu’il faut faire une intervention chirurgicale pour déjà déterminer le sexe ?

"La nature est telle qu’à la naissance, on a des caractéristiques sexuelles qui sont liées aux organes reproducteurs. C’est aussi la question des chromosomes, des hormones aussi. On est assigné soit d’un côté, soit de l’autre, dans un sexe ou dans l’autre. Mais il y a toute une gamme de caractéristiques sexuelles. Et donc, ça a pour résultat des opérations, des interventions chirurgicales qui sont vraiment néfastes pour les personnes. Elles vont ensuite devoir subir ça toute leur vie dans leur développement, dans leur vie sexuelle et dans leur identité. La Belgique doit encore beaucoup évoluer par rapport à ça."

Ça concerne de nombreux enfants ?

On estime que la population intersexe représente 2% de la population. C’est quand même une personne sur 50, ce qui n’est pas négligeable.

La secrétaire d’État à l’Egalité des genres, à l’Égalité des chances, à la diversité, Sarah Schlitz travaille aussi à l’interdiction des thérapies de conversion en Belgique. Ce sont aussi là des pratiques qui visent à changer et éliminer l’orientation sexuelle. Là aussi, il était temps ?

"Oui, ça participe à toute cette psychiatrisation, de dire que les personnes LGBT ne sont pas normales et qu’il faut les sortir de là. Il y a aussi des pratiques psychologisantes qui sont néfastes et vraiment très dangereuses. Très peu de pays qui sont encore à ce niveau de pouvoir interdire ces pratiques monstrueuses. Et la Belgique est en bonne passe d’y arriver."

Gettyimages

Vos revendications concernent également les enfants, le travail, l’égalité des droits juridiques. Aujourd’hui, il y a une discrimination au droit au travail pour les personnes ?

"Oui, on reçoit énormément de plaintes, de doléances de personnes qui sont exclues et qui finissent par devoir lâcher. Il y a beaucoup de sensibilisation à faire auprès des employeurs sur les questions d’identité, d’expression de genre, de non-binarité, de tout ce qui est lié aux transidentités également. Alors que dans l’absolu, ça se passe très bien. On a d’ailleurs par exemple une vice-première ministre qui est trans. Il y a donc beaucoup de sensibilisation à faire."

Parmi vos demandes, il y a un accompagnement justement dans la vieillesse pour les personnes qui sont dans ces catégories ?

"Oui, on a une population qui assume son identité et qui donc vieillit aussi et qu’il faut pouvoir accompagner pour qu’elle puisse continuer à être qui elle est, dans son orientation, dans son identité. Il faut pouvoir adapter. Et dans les structures d’accueil comme les maisons de repos, il y a des groupes qui vont sensibiliser sur toutes ces questions-là ."

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