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Michel Polnareff, des bulles dans la chanson française

05 janv. 2022 à 14:19Temps de lecture3 min
Par jto

Le 10 décembre 1981, Arlette Vincent reçoit sur le plateau de l'émission "Plein jeu", l'auteur, compositeur et interprète français, Michel Polnareff. L'artiste est de passage en Belgique pour assurer la promotion de son 7ème album studio "Bulles". Un opus plus rock qui comprend entre autres les titres : "Radio", "Tam-Tam" ou encore "Je t'aime". Michel Polnareff dont la carrière est jalonnée d'une série d'épisodes rocambolesques connaît le succès à chaque sortie d'album et à chaque concert. La chance, le travail ou les deux? Pas facile la vie d'artiste.

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Michel Polnareff In Hamburg

Michel Polnareff est né à Nérac dans le Lot-et-Garonne le 3 juillet 1944. Son père, Léo Poll écrit des chansons pour Edith Piaf et Mouloudji. Le jeune Michel grandit donc dans la musique. Il étudie le piano dès l’âge de cinq ans et décroche le premier prix de solfège du Conservatoire de Paris à 11 ans. Il va sans dire que le jeune prodige a la musique dans la peau et dans les gènes. Il a 20 ans quand il quitte le domicile familial pour se lancer dans une carrière musicale. Il participe à des concours et après avoir refusé de signer avec le label Barclay, accepte le contrat proposé par Lucien Morisse, directeur d’Europe1. En 1966, il part à Londres où il enregistre sa première chanson : " La poupée qui fait non ". La révélation ! Michel Polnareff, beatnik aux allures androgynes bouscule les habitudes musicales du public français. La presse qui juge ses textes choquants le critique voire le censure. Qu’à cela ne tienne ! Le jeune artiste enchaine à la fin des années 60 des succès avec des titres comme " Love me, please love me ", " Âme câline ", " La maison vide ", " Tous les bateaux tous les oiseaux ",…En 1970, une agression lors d’un concert et le décès de son mentor Lucien Morisse ont raison de sa santé mentale. Michel Polnareff s’octroie une courte pause jusqu’à l’année suivante. Il revient alors sur scène pour un concert avec Johnny Hallyday en arborant un nouveau look. Un style qui sera en quelque sorte sa marque, sa griffe : lunettes noires, cheveux blonds ondulés et décolorés et pantalons moulants. Unique !

Polnarévolution, le scandale

Au début des années 70, Michel Polnareff reste très actif. Il multiplie les concerts, part en tournée avec le groupe de rock français, Dynastie Crisis " commet des musiques de films, notamment pour " La folie des grandeurs " de Gérard Oury et présente du 6 au 22 octobre 1972, à l’Olympia son album live : " Polnarévolution ". En guise d’annonce pour le concert, Michel Polnareff publie et placarde dans tout Paris la désormais célèbre affiche qui fait scandale sur laquelle l’artiste travesti montre ses fesses. Michel Polnareff, suite à une plainte du syndicat des affichistes (et oui, ça existe), est condamné pour atteinte à la pudeur à une amende de 60000 francs. Le concert à l’Olympia est quant à lui une véritable révolution au niveau musical et de la mise en scène. Les costumes sont dessinés par Paco Rabanne. Les musiciens sont habillés de collants noirs avec un haut en plastique. Leurs instruments sont faits de plexiglas. Michel Polnareff est recouvert de paillettes et une fille du Crazy Horse déguisée en Michel Polnareff arrive sur scène et baisse son pantalon en référence à l’affiche.

Exode aux Etats-Unis

En 1973, Michel Polnareff, victime d’une escroquerie et  à la suite du décès de sa mère sombre à nouveau dans la dépression. Pour éviter la condamnation, Il décide de quitter la France et s’installe aux Etats-Unis. Sa carrière en Amérique est jalonnée de succès. Il sort l’album en anglais : " Fame à la mode ". Mais l’artiste a la mal du pays. Il l’exprime dans " Lettre à France " en 1977. Il en écrit les premières notes sur une nappe en papier puis l’enregistre sur une cassette qu’il envoie à Jean-Loup Dabadie, son parolier. Le succès remporté par cette chanson lui permet de regagner la France en 1980. L’année suivante, c’est à nouveau la gloire avec la sortie de l’album " Bulles " qui comprend des titres plus rock comme " Tam-Tam ", " Radio ". En 1988, il enregistre " Goodbye Marylou ". En 1994, presqu’aveugle, il doit subir une opération qui lui permet de recouvrer la vue. En 2007, il est à Bercy avec la tournée " Ze(re)tour " et obtient l’année suivante la Victoire de la musique du spectacle musical. En 2015, il sort le single " L’homme en rouge ". Et en 2016, il publie son autobiographie " SPERME ". Car après tout, comme il le dit clairement dans sa chanson : " Je suis un homme. Quoi de plus naturel, en somme ".

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