Journal du Rock

Midnight Oil : un bel "accident", pour son leader Peter Garrett

Après L’Olympia à Paris et Lyon, Peter Garrett et sa bande se produiront une ultime fois dans l’Hexagone samedi au festival des Vieilles Charrues
18 juil. 2022 à 06:31Temps de lecture3 min
Par AFP/Classic 21

C’est la dernière tournée mondiale de Midnight Oil : l’occasion pour son leader Peter Garrett de revenir sur l’histoire de ce groupe australien qui a tout d'"un accident".

Il y a deux ans, le décès à 62 ans du bassiste Bones Hillman pousse à la réflexion les quatre autres membres, quasi-septuagénaires aujourd’hui.

Quand Resist, leur dernier album en date, sort au début 2022, les "Oils" ont tranché : la tournée mondiale lancée sera la dernière d’une carrière de près de 50 ans, avec un bassiste de Sydney, plus jeune, recruté pour l’occasion.

Après L’Olympia à Paris et Lyon, Peter Garrett et sa bande se sont produits une ultime fois dans l’Hexagone samedi au festival des Vieilles Charrues (ouest) devant 70.000 personnes. Chez nous en Belgique, ils sont passés ce 29 juin au Cirque Royal à Bruxelles.

"Dire que c’est la dernière fois sur le sol français, après ça on appuie sur l’interrupteur… Notre relation avec la France fut si inattendue, c’était comme un trésor, penser que cinq mecs en sueur comme nous ont pu jouer à L’Olympia", souffle Peter Garrett, joint par l’AFP entre deux dates françaises.

Le chanteur chauve, surnommé le "Géant Vert" pour sa taille (1,93 m) et ses engagements écolos (il fut brièvement ministre de l’Environnement), se réjouit de la fidélité du public français. Même quand il critiquait le président Jacques Chirac pour les essais nucléaires dans le Pacifique.

"Dans Midnight Oil, ça a toujours été normal de mêler musique et politique et les Français, qui savent manifester, connaissent comme nous l’importance de la politique dans nos vies", commente-t-il.

- "Et bien, c’est moi" -
Comment se sent-il dans cette tournée d’adieu qui s’achèvera en octobre en Australie ? "C’est dur de s’imaginer rentrer à la maison en sachant que ce sera terminé, on se dit qu’on aura vécu quelque chose d’impensable", dit-il.

Les débuts sont insensés. Garrett, qui avait déjà chanté dans un groupe à Canberra, où il étudiait, tombe un jour sur une petite annonce "Groupe cherche chanteur". Il jongle alors entre études et job alimentaire.

"Je me suis dit 'ça peut-être marrant'. On tourne, on dormait sur la plage, dans la voiture. Mais le meilleur c’est qu’ils me disent 'merci, c’était sympa, mais on va trouver un autre chanteur' (rires)". 'Je reviens à mes études, ils ne trouvent pas. Je leur dis 'et bien c’est moi' ".

Mardi à L’Olympia, l’énergie était intacte et le groupe n’a pas été déstabilisé par des problèmes de micros pendant les premières chansons. Il faut dire que Midnight Oil en a vu d’autres, tournant longtemps dans le circuit des pubs australiens, ciblant un public ouvrier dans les villes et leurs périphéries, banlieues ou cités côtières.

Peter Garrett avait aussi accordé une interview exclusive au micro de notre animatrice Fanny Gillard en février dernier. L’avenir des tournées et du groupe était aussi au cœur de cette interview. Selon Peter Garrett, la tournée promotionnelle de Resist marquera la fin des tournées à grande échelle, comme il l’avait dit précédemment, mais il précise : “Je pense qu’il faut prendre le contrôle de sa carrière et non l’inverse. Nous sommes un groupe assez physique et la relation que nous avons avec nos fans est très respectueuse. Nous voulons être au top à chaque concert, mais il y a une limite à ce qu’on est capables de donner. Nous n’avons plus la même condition physique qu’à nos 20 ans”.

Le chanteur a même été plus loin lors de notre rencontre avec lui, et a confié qu’à l’avenir, chaque membre du groupe suivra sa propre voie : “Nous écrirons peut-être encore ensemble, ou ferons des projets sur le côté. Nous écrirons probablement aussi avec d’autres gens… qui sait ! Nous respectons ce que chacun entreprend individuellement, en particulier en Australie, mais aussi en Europe et aux États-unis. Je ne peux pas imaginer qu’on ne fasse plus rien ensemble. Peut-être, ce sera des bandes originales, ou de la musique numérique pour des campagnes, ce genre de choses !”.

Retrouvez l’intégralité de cette rencontre avec Peter Garrett réalisée par Fanny Gillard en vidéo :

Peter Garrett de Midnight Oil évoque le dernier album "Resist"

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- "Bêtes de foire" -


"Au début, les gens avaient l’impression de regarder des bêtes de foire, on était différents, entre intensité punk et messages politiques pour les inciter à voir au-delà de leurs fenêtres", raconte le chanteur dans son i nterview pour l’AFP.

Après les premiers albums fin des années 1970 -- "on avait une voix australienne, on rejetait les groupes qui imitaient les Américains ou Britanniques" -- Midnight Oil joue pour les communautés aborigènes dans le bush. Le thème de la spoliation des premiers Australiens irrigue l’album "Diesel and dust" (1987) avec ses tubes "The dead heart" et "Beds are burning".

"Midnight Oil fut un accident qui attendait d’arriver et on a survécu au crash, on a toujours été intransigeant avec les maisons de disques, pour garder notre indépendance, et on a duré tout ce temps, alors qu’aujourd’hui on donne un album et six mois seulement à un groupe pour faire ses preuves", synthétise-t-il.

On n’entendra plus Garrett avec les "Oils" sur scène, mais il aura toujours des choses à dire. En interview, il s’emporte toujours contre les dirigeants qui "jouent à la roulette russe avec le réchauffement climatique".

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