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Midterms : la Chambre "va être ingouvernable" et le parti républicain "devra faire peau neuve" selon Jean-Éric Branaa

Le focus « spécial Midterms » partie 2

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La vague républicaine redoutée par les démocrates pour les élections de mi-mandat n’aura pas lieu. Parmi les différents scénarios évoqués, c’est le plus favorable au camp de Joe Biden qui s’est déroulé. Et encore plus encourageant, l’effet Donald Trump sur la campagne républicaine a été moindre qu'attendu : plusieurs de ses partisans n’ont pas obtenu de siège au Capitole.

C’est une habitude, les midterms penchent souvent en faveur du camp opposé au président en place. Cette année, avec une popularité en berne pour Joe Biden, et une inflation qui rend la situation économique de nombreux citoyens peu viable, les démocrates craignaient de perdre de nombreux sièges à la Chambre et au Sénat. Ils limitent finalement la casse.

La victoire républicaine se joue à la Chambre mais au Sénat, c’est le coude-à-coude. En Pennsylvanie, le candidat John Fetterman a notamment remporté son siège de sénateur et Josh Shapiro a triomphé du trumpiste Douglas Mastriano pour le poste de gouverneur. Cet Etat reste donc dans le camp démocrate.

Jean-Eric Branaa, chercheur en droit et en science politique, spécialiste des États-Unis, souligne la stratégie déterminante de Biden : "Il a transformé ce scrutin, normalement contre l’administration en place, donc contre lui-même, en un scrutin contre l’adversaire. Et puisqu’il y en a un qui est resté en jeu, c’est Donald Trump, autant faire campagne contre lui. C’est ce qu’a fait le camp démocrate en parlant de 'guerre contre la démocratie', cela a fonctionné".

C’est une égalité presque parfaite qui se dessine au Sénat, et la Chambre sera perdue de justesse par les Démocrates. Le politologue et maître de conférences à l’université Panthéon-Assas Paris 2 estime également que l’influence de l’ancien président américain pourrait diminuer dans le camp républicain suite à ces élections : "Elle va être ingouvernable cette Chambre avec une frange trumpiste d’une trentaine de membres qui sera très turbulente, et puis le reste qui essaiera de survivre contre les trumpistes qui sont démonétisés dorénavant. On a vu le nombre de trumpistes qui ont perdu cette nuit. Bien sûr, le parti républicain devra faire peau neuve et sera poussé par ceux qui arrivent derrière : Ron DeSantis (en Floride), Glenn Youngkin (en Virginie), des gouverneurs puissants qui ont gagné, qui voudront le montrer, grandir dans ce parti et le faire évoluer".

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