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L'atelier des muses

Miriam Hyde, une compositrice postromantique avec une touche d’impressionnisme

Portrait de Miriam Hyde, 1988, par David Franklin
23 déc. 2021 à 15:52Temps de lecture2 min
Par Hélène Michel

Miriam Hyde a vu le jour à l’autre bout du monde en 1913 à Adélaïde en Australie, dans une famille ou la musique tenait une place essentielle, surtout du côté des femmes : sa mère pratiquait le piano qu’elle enseignait aussi, sa tante jouait du violon, de l’alto et de la harpe, avec orchestre, et sa jeune sœur pratiquait assidûment le violon. On se plaît à imaginer les réunions de famille le samedi soir.

 

La jeune Miriam Hyde a obtenu son baccalauréat en musique à l’âge de 18 ans, et une bourse d’études ensuite, pour intégrer le Royal College of Music de Londres, qu’elle fréquente pendant 4 ans. Durant cette période elle devient célèbre comme soliste, et entame des tournées de concert interprétant parfois ses propres œuvres, notamment sont 1er concerto en 1934, en compagnie du fameux London Philharmonic Orchestra. Une période riche en rencontres aussi pour la jeune musicienne qui croise Toscanini, Stravinsky, Prokofiev, Yehudi Menuhin, et son musicien préféré : Serge Rachmaninov, qu’elle entend en concert à de nombreuses reprises. Le jeune Yehudi Menuhin l’impressionne aussi beaucoup, lors d’un concert inoubliable au Royal Albert Hall, où il interprète le Concerto pour violon d’Elgar sous la direction du compositeur lui-même. Cette soirée laisse une impression indélébile sur Miriam Hyde, et l’a convaincue que la musique qui dure est celle qui se connecte le plus profondément avec les émotions humaines.

 

En 1936 Miriam Hyde décide de retourner en Australie, pour poursuivre sa carrière, à Sydney précisément, où elle travaille avec acharnement en tant que compositrice et récitaliste. Parallèlement elle enseigne et donne de nombreuses conférences. C’est à cette époque qu’elle rencontre Marcus Edwards, qui devient son époux et le père de ses deux enfants.

Miriam Hyde a une longue et fructueuse carrière dans son pays, composant beaucoup, se tournant aussi vers la poésie (dans ce domaine elle nous laisse plusieurs centaines de textes) tout en continuant à se produire en concert.

Elle célèbre son 80e anniversaire en 1993 en donnant une série de récitals à travers le pays. À l’âge de 89 ans, elle donne une dernière représentation de son concerto pour piano n°2, et finalement Miriam Hyde s’est éteinte en 2005 quelques jours avant son 92è anniversaire.

 

La compositrice australienne a donc écrit un grand nombre d’œuvres pour orchestres, plusieurs concertos pour piano, des chansons, de la musique de chambre, et de nombreux solos pour piano ou flûtes.

Son style, parfois proche de Rachmaninov, s’inscrit dans le post-romantisme, avec parfois des touches impressionnistes. Toujours sincère, elle n’a jamais cherché à appartenir à la musique d’avant-garde.

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