Belgique

Mobilisation étudiante : les jeunes demandent une baisse du coût des études et plus de logements

19 févr. 2021 à 12:40Temps de lecture3 min
Par Himad Messoudi

Journée de mobilisation pour les étudiants du supérieur. Ce vendredi midi, place des Martyrs à Bruxelles, la Fédération des étudiants francophones (FEF) lance son plan de lutte contre la précarité étudiante. En gestation depuis deux ans, "co-construit" avec les étudiants via une large consultation (5400 étudiants ont répondu), ce plan met en avant plusieurs revendications, parfois anciennes.

Pour la présidente de la FEF, Chems Mabrouk, "90% des étudiants considèrent qu’il est nécessaire, urgent, de mener un plan de lutte contre la précarité étudiante. Les étudiants nous disent qu’il faut réduire les droits d’inscription, le matériel de cours et mettre des aides au logement." La FEF dénombre à 80.000 le nombre d’étudiants en difficulté financière : "Cette situation, elle n’est pas normale […]. "

Le minerval et les supports de cours obligatoires

Malgré un montant qui n’a plus évolué depuis 2010, les étudiants estiment que celui-ci est trop élevé. Gratuit pour les boursiers, limité à 374€ pour les étudiants dont la famille ne dispose que de moyens limités, le minerval grimpe à 835€ pour les autres. Ajoutez à cela des frais divers et variés, et la facture peut très vite monter bien trop haut pour un certain nombre de bourses.

Parmi ces dépenses supplémentaires, on retrouve les "supports de cours obligatoires" : les livres ou le matériel technique ou artistique dont l’étudiant doit disposer. Ces supports de cours sont censés être gratuits, mais dans les faits, ce n’est pas toujours le cas. Au point où 2/3 des étudiants en font une priorité. De façon générale, la FEF dénonce le coût direct des études.

Les aides sociales

En lien avec le point précédent, les étudiants demandent une augmentation des aides sociales dont ils peuvent bénéficier. Les allocations d’étude sont largement insuffisantes pour financer une année dans l’enseignement supérieur, alors qu’un grand nombre d’étudiants ne peuvent en bénéficier. Une augmentation des aides et un élargissement des critères d’octroi sont donc exigés par les étudiants. Tout comme l’automatisation de l’octroi d’une allocation étude pour ceux qui répondent aux critères.

Concernant les aides sociales émanant des CPAS, la FEF veut la liberté du choix des études pour les étudiants bénéficiant du RIS (revenu d’intégration sociale), l’interdiction de conditionner l’octroi d’un RIS à la réussite, la liberté de réorientation d’un étudiant sans perte de droits, la possibilité de travailler sans que le RIS ne soit diminué, l’augmentation du RIS et l’homogénéisation des critères d’octroi du RIS au niveau des CPAS.

Le logement

Le marché immobilier est tendu autour des universités et grandes écoles, à Bruxelles comme en Wallonie. Face à une dépense qui pèse très lourd pour les étudiants qui ne peuvent étudier en restant chez leurs parents, la FEF demande la création d’une aide financière spécifique pour le logement, un encadrement des prix des loyers, la création de nouveaux logements publics et l’application obligatoire du bail étudiant.

Le transport

Pour les étudiants qui ne kotent pas, le coût des transports peut être très important s’ils ne bénéficient pas de la gratuité, qui s’arrête à 25 ans. La FEF demande la gratuité des transports en commun pour tous les étudiants sans critère d’âge, ainsi qu’une augmentation de l’offre de transports publics.

Bien-être, santé

Chems Mabrouk a évoqué ces files d’étudiants devant une épicerie solidaire, ces étudiants "qui doivent choisir entre étudier et manger". La FEF demande la création, dans chaque établissement, d’une restauration publique gérée collectivement proposant des plats à très bas prix.

Un autre dossier important concerne les protections hygiéniques, qui représentent un coût non négligeable. La FEF souhaite la mise en place d’un système de distribution gratuite de protection hygiénique dans les universités et hautes écoles.

Enfin, pour les soins de santé, la FEF demande la présence d’un service gratuit de consultation psycho-médicales, la création d’aides financières spécifiques et l’accessibilité à prix réduits à des centres de santé mentale.

La FEF est consciente que le combat sera long et difficile. "Le droit étudiant, il ne se donne pas, il s’arrache" a conclu, place des Martyrs, la présidente de la FEF Chems Mabrouk.

JT du 19/02/2021 - Précarité estudiantine : la Fef présente ses priorités

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