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Mons: Enseigner les métiers "de demain", dans des classes de promotion sociale

Vanessa Careno-Fernandez donnera cours aux futurs "conseillers en éco-solidarité"

© Charlotte Legrand

Y aura-t-il encore des caissiers, des employés de banque, des arbitres de foot en 2030? On peut en douter, au vu de l'évolution des technologies et de la société. En parallèle, de nouveaux métiers se profilent. Certaines études affirment même que 80% des professions qui vont recruter en 2030 n'existent pas encore! Qui dit nouveaux métiers, dit nouvelles formations. Exemple, dans une école de promotion sociale de Mons: l'EATC Jean Meunier veut former les futurs conseillers en éco-solidarité.

"Conseiller en éco-solidarité": à première vue, ce n'est ni très sexy, ni très clair. Et c'est normal, puisque c'est tout nouveau, nous rassure Yves André le directeur de l'EATC (Etablissement d'Enseignement pour Adultes et de Formation continue). "D'ailleurs rappelez-vous, il y a 25, 30 ans, on ne savait pas très bien ce que faisait le conseiller en sécurité. On commençait à en voir, parfois, en entreprise. Quelle entreprise, à l'heure actuelle, n'a pas son conseiller en sécurité?" Pour lui, le poste de conseiller en éco-solidarité va connaître très rapidement la même popularité. "Je pense qu'on ne pourra plus s'en passer, effectivement".

Yves André, directeur de l'EACT Jean Meunier
Yves André, directeur de l'EACT Jean Meunier © Tous droits réservés

Yves André en a entendu parler pour la première fois à Lyon, alors qu'il visitait une école privée. "Je me suis dit que cela avait réellement un intérêt, vu l'évolution de la société actuelle et les défis qui s'annoncent". De quoi s'agit-il exactement? Nous nous renseignons auprès de Vanessa Careno-Fernandez. C'est elle qui donnera une partie des cours (anthropologie et sociologie) aux futurs conseillers. "L'idée avec ce bachelier est de former de véritables piliers, dans les entreprises, dans les administrations, un peu partout. Car à l'heure actuelle, on se rend compte qu'on fait beaucoup de bricolage. On tente de greffer un tas de postes à des personnes qui sont, par exemple, responsables en sécurité. On leur demande de s'occuper aussi du bien-être, de l'environnement...Mais ils ne sont pas professionnels dans ce domaine. Et donc...il n'y a pas de résultat". Au menu de cette  nouvelle formation, des cours théoriques (histoire, statistiques, langue, économie, environnement...), de la gestion de projets, des stages... Les conseillers en éco-solidarité doivent pouvoir à terme mener des projets dans une série de domaines: écologie, solidarité, participation citoyenne. "Cela fait très Miss France, très utopique, sourit Vanessa Careno-Fernandez, mais pour entamer ce bachelier et y trouver du sens, il faut vouloir que les choses changent. Et pour que cela change, il faut des personnes de référence". Pour Yves André, la formation pourrait séduire des jeunes qui ont manifesté à la suite de Greta Thunberg, dans l'espoir de sauver la planète. "Nous avons d'ailleurs reçu le soutien d'Adélaïde Charlier, qui nous a enregistré une petite vidéo". Côté débouchés, on en compte essentiellement trois: le monde de l'entreprise, le secteur public (communes, intercommunales...) et les ONG. 

Pour l'instant, une douzaine d'étudiants sont inscrits, mais le programme peut accueillir 40 personnes. Les cours se donnent en journée, sur le site de Jemappes. Six autres institutions sont partenaires de cette nouvelle formation (Haute Ecole Condorcet, Institut Provincial Lise Thiry, HEH, EAFC Colfontaine-Jurbise, EAFC Hauts-Pays, IPEPS Seraing).

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