Mons: John Joos donne sa version des faits

John Joos s'est expliqué ce lundi devant la presse
21 sept. 2020 à 14:42 - mise à jour 21 sept. 2020 à 14:42Temps de lecture2 min
Par Charlotte Legrand

John Joos a été exclu du parti socialiste ce samedi 19 septembre mais l’élu montois rejette en bloc les accusations dont il fait l’objet. Il dénonce "un système" dans lequel il a joué "les bouées de sauvetage", avant d’être "lâché injustement" deux ans plus tard. Il est remplacé à la tête de l’immobilière sociale Toit et moi.

S’il est en colère? "Pas du tout, je n’entre pas de ce jeu-là". Mais on sent chez lui un mélange d’amertume et de dégoût. Un "goût de trop peu" aussi, chez le fondateur du mouvement Citoyen. Ce week-end, l’Union Socialiste Montoise s’est expliquée, dans un communiqué, sur ses raisons d’exclure John Joos. Lui n’est pas d’accord, pas du tout d’accord. "Je savais que je montais dans un système, quand j’ai accepté de me présenter sur la liste PS, en 2012. Mais ici, on veut clairement me diaboliser, me décrédibiliser".

Des mises au point

L’USC lui reproche de ne pas avoir signé le pacte de majorité? C’était convenu, répond en substance le Montois. Il venait en "renfort" au PS, mais conservait ses idées citoyennes, et, en quelque sorte, son programme bien à lui. L’USC balance sur des réunions qu’il aurait loupées ? "Quelles réunions? Je n’en suis pas membre, de cette instance! Je ne devrais même pas recevoir les convocations!". Voilà pour les reproches " plus formels " dirons-nous.

Il y en a d’autres, eu égard notamment à sa position de président de l’immobilière Toit et Moi. " Il paraît que je fais de l’obstruction systématique dans les dossiers. Ca, c’est la plus grosse brique que je me prends dans la g… ", s’emporte l’intéressé. Il balaye " l’obstruction ", parlant plutôt de " vérifications. " Désolé, mais j’ai une responsabilité pénale, je signe des actes de vente, alors oui, je vérifie ".

L'objet de la discorde 

Ce qui a mis le feu aux poudres et précipité son éviction, c’est un clash (de plus) avec le député provincial socialiste, Pascal Lafosse (administrateur de Toit et Moi). Le conflit porte sur l’immeuble de la place du Chapitre, à Mons. À l’ombre de la Collégiale Sainte-Waudru, le bâtiment abrite toujours les locaux de Toit et Moi. Mais il est en vente. Et –pour faire simple- ça ne se sait pas suffisamment, estime John Joos. 

Récemment, il annonce avoir un nouvel acquéreur potentiel. Pascal Lafosse s’emporte, dénonce "un lapin sorti du chapeau de John Joos". Parce qu’il y en a déjà une, d’offre d’achat, et depuis longtemps ! C’est celle de la Fondation Cornet. Les discussions s’enveniment, Pascal Lafosse prévient : il déposera une motion de méfiance contre John Joos, lors du prochain Conseil d’Administration de Toit et Moi. Pas besoin, vu que ce samedi le couperet de l’USC est tombé. Clap de fin pour John Joos, dans les rangs socialistes. "Je savais que le combat que je menais, de l’intérieur, pour plus de participation, plus de démocratie citoyenne, me vaudrait d’être éjecté. Ils ont oublié les termes de départ de notre partenariat. Depuis le début, ils ne font que serrer l’étau ".

Il continuera à siéger

L’élu montois compte bien conserver son siège au Conseil Communal, et y défendre ses idées. À priori sans l’appui d’un parti traditionnel. "Je poursuivrai dans ma philosophie citoyenne. Pour moi, dès lors qu’on entre au conseil communal, il faudrait pouvoir enlever sa casquette de parti et se battre, réellement, individuellement, pour sa ville. Se battre pour des idées, et pas valider des points, parfois le cœur lourd, parce que le groupe a décidé qu’il voterait comme ça". 

 

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