Regions Hainaut

Mons : le tribunal de première instance recrute des huissie.è.r.e.s audiencie.è.r.e.s

Emmanuel Fournaux, 67 ans, huissier d'audience depuis un an au tribunal de première instance de Mons.

© Tous droits réservés

13 juil. 2020 à 15:45 - mise à jour 13 juil. 2020 à 15:45Temps de lecture2 min
Par A.Gonzalez

Depuis très tôt le matin, Emmanuel Fourneaux fait des allers-retours entre la salle d’audience et l’entrée du tribunal. "Quand j’arrive le matin, je me rends tout de suite au greffe pour avoir les rôles et les dossiers", indique-t-il.

Tel un guide, il trône parfois au milieu de la salle des pas perdus. Emmanuel est celui qu’on vient voir pour obtenir les bonnes informations. Habillé en civil, il est également le lien entre les citoyens et la justice en robe. "Je prépare les dossiers pour l’audience, je les mets en ordre. Ensuite, j’accueille les prévenus des parties civiles. J’arrange aussi les choses pour que tout se déroule dans l’ordre au cours de l’audience, puis je fais rentrer les gens. Actuellement, à cause du virus, on autorise qu’une personne à la fois ce qui complique notre travail", détaille le retraité de 67 ans.

Un maillon essentiel au bon fonctionnement des audiences

Tous les matins, Emmanuel classe les dossiers qui vont être traités par le tribunal.

"Dans quelle salle dois-je me rendre pour défendre mon client ?". Dès qu’ils ont un doute, les avocats prennent leurs renseignements auprès des huissie.è.r.e.s audiencie.è.r.e.s. Une référence indispensable au bon fonctionnement de la justice. "Son travail en amont est très important. Depuis le déconfinement, son rôle est d’autant plus important, car les locaux et salles d’audiences changent tout le temps et on ne peut pas toujours se fier aux rôles non plus. Même les juges sont perdus !", confie maître Laure Gheller, avocate.

Généralement, les huissie.è.r.e.s audiencie.è.r.e.s sont d’anciens policiers ou militaires à la retraite. Emmanuel, lui, n’a jamais travaillé dans la fonction publique s’il se compare à ses autres collègues huissiers. "Ce n’est pas un problème, car il faut surtout qu’il soit en bonne forme physique, car on marche beaucoup et puis, il faut être avenant. Si on aime le contact avec le public, ce n’est vraiment pas un problème", explique l’huissier audiencier. "Il faut être patient. Les huissiers font face à des gens énervés, stressés à l’idée de venir au tribunal. Ils doivent également être organisés, car il y a parfois 50 dossiers à gérer et quand tout le monde court partout, ce n’est pas évident de s’y retrouver. Surtout en ce moment avec les masques et les normes de sécurité, ce n’est pas un environnement facile à appréhender", ajoute Francoise Mainil, juge de la jeunesse et de la famille au tribunal de première instance du Hainaut-division Mons.

Se sentir utile malgré la retraite

Souvent, les huissie.è.r.e.s audiencie.è.r.e.s ont été militaires ou policiers "et leur motivation est un souci de continuité de service publique. Pour d’autres, c’est une raison de se lever le matin, de rester en mouvement et de se sentir utile. Ils font vraiment partie de la famille judiciaire", complète Francoise Mainil.

Pour postuler, c’est simple, il faut contacter le tribunal de première instance de Mons. "Au début, on suit un huissier d’audience plusieurs jours, puis on évalue si la fonction nous plaît ou non". Et même si le salaire n’est pas attrayant : environ 9 euros bruts/heure. Ce qui motive Emmanuel au quotidien, c’est de comprendre le fonctionnement de la justice et de garder un contact avec la société. Et si c’était à refaire ? "Je n’hésiterai pas. Je postulerai 10, 20, 30 fois encore", conclut Emmanuel avec un sourire remarqué malgré le port de son masque.

Articles recommandés pour vous