Mons: les pistes cyclables vont-elles causer encore plus de bouchons?

Mons: les pistes cyclables vont-elles causer encore plus de bouchons?

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01 sept. 2020 à 15:43 - mise à jour 02 sept. 2020 à 07:55Temps de lecture3 min
Par Charlotte Legrand

C'est la question que se posent de nombreux automobilistes, depuis la mise en place d'une nouvelle piste cyclable sur la "petite ceinture". Cette piste s'ajoute à d'autres aménagements, réservés aux deux roues. La ville comprend les critiques et promet d'observer l'évolution des embarras de circulation. Mais sur base de chiffres, et pas en fonction du nombre de commentaires sur les réseaux sociaux. 

Charlotte De Jaer, échevine de la mobilité

Il est midi, un jour de semaine. Face à la prison de Mons, sur la "petite ceinture", une longue file de voiture s'est formée. "On n'est même pas mercredi!" s'exclame un conducteur, "c'est pas normal! C'est à cause de ça, là!" Ca, c'est la nouvelle piste cyclable, délimitée par un marquage jaune. C'est tout récent. "Quelle idée de faire ça au moment de la rentrée!" lance un autre automobiliste.

 

 

"Pas la période idéale, c'est sûr"

Mons: les pistes cyclables vont-elles causer encore plus de bouchons?
Mons: les pistes cyclables vont-elles causer encore plus de bouchons? © Tous droits réservés

"Nous avions demandé des aménagements au SPW au mois de mai déjà, mais ils ont installé le dispositif le 30 août", explique l'échevine de la mobilité, Charlotte De Jaer (Ecolo). "Ce n'est pas l'idéal, évidemment, question timing". Mais elle assume, totalement, la volonté des autorités montoises de faire plus de place aux deux roues, surtout sur des axes "difficiles". "Ce tronçon est essentiel, car il y a beaucoup d'écoles à proximité, il faut faire quelque chose". D'autres pistes cyclables ont été installées, dernièrement. "Chemin des moutons, à Cuesmes, avenue de la Sapinette, Avenue du Tir...Il y en aura bientôt à Ghlin aussi…C'est important pour nous de continuer à travailler sur les pistes cyclables car pendant le confinement, beaucoup de gens se sont mis à faire du vélo. On le voit avec les locations de vélos. On le voit pour les primes vélo, nous en avons attribué 200 depuis le 1er juillet. Il ne faut pas que tous ces gens remettent le vélo au garage. Et la ville de Mons ne peut pas absorber plus d'automobilistes.

Un observatoire de la mobilité

Dans son bureau, l'échevine a du mal à décoller les yeux d'une carte interactive de Mons. "Elle nous donne, en temps réel, l'état de la circulation. En fonction des couleurs, on peut se rendre compte de la densité du trafic, des ralentissements. On constate par exemple que le ring est vert la plupart du temps, en journée, il n'est pas du tout saturé. par contre en orange foncé nous avons les travaux sur l'autoroute. nous voyons où ça coince, dans les déviations comme celle de Géothermia, sur la Grande Voirie…" Si certaines zones avec pistes cyclables sont rouges la plupart du temps, la ville fera-t-elle marche arrière? "On verra. C'est pour ça qu'on a fait une phase de tests. Après on verra, ce qui se passe si on la laisse. Et s'il le faut on la mettra ailleurs! Mais à ceux qui disent 'on ne peut pas faire autrement que de prendre la voiture' j'ai envie de dire 'et ceux qui ne peuvent pas faire autrement que de prendre le vélo, les transports en commun? et les piétons? On doit repartager l'espace c'est la vocation de la ville de Mons!"

L'expérience de Catherine

Arrivée à destination, au bureau de Mons
Arrivée à destination, au bureau de Mons C.L.

"S'il y a plus de piétons, il y aura moins de bouchons". Ces mots, ce sont ceux de Catherine Stilmant. Cette habitante de Cuesmes a décidé de changer radicalement ses habitudes, il y a près d'un an. Elle voulait absolument un vélo électrique. "Entre mon village et la gare il y a une fameuse pente, qu'il faut monter joyeusement tous les matins et tous les soirs". Catherine a commencé par louer un vélo électrique pendant 6 mois à l'asbl Provélo. "Ca représentait 50 euros par mois. C'est un investissement, mais c'est je pense le prix à payer pour ne pas se tromper dans son achat, le modèle, la puissance du vélo électrique. Et si on rachète le vélo, ensuite, chose que j'ai faite, les frais de location sont remboursés!" Catherine a abandonné la voiture pour la plupart des déplacements autour de chez elle. "Qu'il s'agisse des déplacements vers la gare, lorsque je vais travailler à Bruxelles, ou vers mon bureau à Mons. Ou pour aller faire du sport. Faire mes courses. C'est un changement d'habitude, mais après...On a aussi vite fait de prendre son vélo que ses clés de voiture, finalement!"

Les jours de pluie, cape de rigueur

Catherine s'estime assez gâtée, côté piste cyclable. "Les cyclistes vont toujours dire que c'est insuffisant", répond-elle en riant. "Mais environ 80% de mes trajets habituels sont effectués sur des pistes cyclables. Bon, je ne parle pas de la qualité des pistes, qui est beaucoup plus discutable. Mais il y en a. Qu'il y en ait plus, c'est une bonne chose, s'il y a un apprentissage derrière! On n'appréhende pas la route de la même manière". Lorsqu'elle reprend le volant (hé oui, ça lui arrive tout de même!), elle redouble d'attention et d'anticipation, quand elle croise des cyclistes. Et ne les gratifie jamais, jamais, de noms d'oiseaux. "Pourtant on en entend souvent, quand on roule à vélo! Sans parler de gestes pas très élégants…" Pour Catherine, qui a déjà roulé au Danemark, aux Pays-Bas, les mentalités vont continuer d'évoluer dans le bon sens, en faveur d'un espace plus accueillant pour la mobilité douce. 

Mons: les pistes cyclables vont-elles causer encore plus de bouchons?
Mons: les pistes cyclables vont-elles causer encore plus de bouchons? O.L.

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