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Mons : un master en médecine, dès la rentrée 2024 ?

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Pour l’instant, seul le diplôme de bachelier est accessible à l’UMons. L’université vient d’introduire une demande pour organiser la suite des études, dans la cité du Doudou.

En 2020 déjà, en pleine crise du Covid, le recteur Philippe Dubois revendiquait l’organisation d’un master en médecine dans le Hainaut. Un pas supplémentaire vient d’être franchi. La "demande d’habilitation" vient d’être déposée, ce 3 octobre. La réponse tombera au mois de mai. Si elle est positive, l’UMons pourrait proposer son master en médecine dès la rentrée de septembre 2024.

Pour l’institution hennuyère, organiser l'intégralité des études offrirait plusieurs avantages. La facilité, bien sûr, pour les bacheliers en médecine, de rester dans une université qu’ils connaissent, près de chez eux. A l’heure actuelle, les masters peuvent être suivis à l’ULB, l’UCLouvain ou l’ULiège.

Il en va aussi, estiment les autorités académiques, d’une meilleure "répartition géographique" des jeunes médecins diplômés. Ils ont en effet tendance à pratiquer là où ils ont effectué leurs stages de dernières années, (donc souvent loin du Hainaut), ce qui renforce la pénurie de médecins dans la province. 61% des médecins hennuyers ont plus de 55 ans. Seuls 13% ont moins de 40 ans.

Enfin, il y a ce problème d’image dont souffre le métier de généraliste. "Une des solutions à cela peut être d’intégrer beaucoup plus de médecins généralistes parmi le corps enseignant", avance le Doyen de la Faculté de médecine et de pharmacie, le Professeur Alexandre Legrand. "En effet, la médecine générale est souvent perçue, chez nos étudiants, comme une pratique assez répétitive, peu intellectuelle, mais riche de contacts avec les patients. Cette perception est biaisée, nous semble-t-il, par la façon dont on donne les enseignements. Dans un cours sur les pathologies respiratoires, on fait intervenir un spécialiste, un pneumologue. En réalité, le généraliste aussi devra traiter des pneumonies ! Il devra les identifier, choisir les antibiotiques, etc." L’idée est donc de rapprocher, dans les cours et dans les mentalités, les médecins généralistes et les spécialistes. "Leur réalité est sensiblement la même dès qu’ils ont le patient devant eux !"

Pratiquement, l’université compte attribuer beaucoup plus de cours à des médecins généralistes. "Cela permettra à nos étudiants d’avoir une image positive du médecin généraliste, de se rendre compte de la complexité des actes qu’ils posent aussi". L’université pense que cela suscitera plus de vocations qu’à l’heure actuelle, où, à force de ne voir que des cardiologues, des oncologues, des stomatologues dans les labos et les auditoires, on rêve d’embrasser ces mêmes spécialités. "Si 1 maître sur 20 seulement est généraliste, il risque de n’y avoir qu'1 étudiant sur 20 qui sera intéressé par ce maître-là", conclut le Doyen de la Faculté.

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