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Cinéma

Mostra 2020 - A star is born : Vanessa Kirby

Vanessa Kirby à la Mostra 2020
07 sept. 2020 à 08:482 min
Par Hugues Dayez

A quoi servent les festivals de cinéma ? A cette question, régulièrement posée, il y a plusieurs réponses. La plus fréquente : promouvoir le cinéma d’auteur. Mais on peut aussi dire : à créer des stars. (Des exemples ? Avec la montée des marches à Cannes pour "Basic Instinct" en 1992, Sharon Stone est devenue star en une soirée…)

Cette année, la Mostra, malgré une dimension glamour plus restreinte à cause du Covid et une presse moins nombreuse, va servir de fameux tremplin à l’actrice britannique Vanessa Kirby, à l’affiche de deux films en compétition.

The World to Come

Vanessa Kirby à la Mostra
Vanessa Kirby à la Mostra Tiziana FABI / AFP

Dans le premier, "Pieces of a Woman" (voir la chronique du dimanche 6 septembre), sa prestation est mémorable. Changement d’époque avec le deuxième film, présenté ce dimanche : "The world to come  nous replonge dans l’Amérique rurale de 1856. Abigail (Katherine Waterston, vue dans "Fantastic Beasts") pleure avec son mari fermier (Casey Affleck, également producteur du film) la perte de leur fillette, morte de diphtérie à cinq ans. Dans la grisaille de son quotidien, elle voit arriver avec joie une nouvelle voisine, Tallie – Vanessa Kirby -, charismatique jeune femme rousse mal mariée à un époux fruste et violent. Entre Abigail et Tallie va naître d’abord une tendre complicité qui va se muer en passion fiévreuse…

Le thème d’une relation lesbienne dans un milieu oppressant n’est pas neuf ; souvenons-nous de "Desobedience", drame où Rachel Weisz et Rachel McAdams bravaient les interdits d’une communauté juive orthodoxe… Dans "The world to come", la jeune réalisatrice Mona Fastvold ne fait pas preuve d’une originalité particulière dans sa mise en scène, si ce n’est qu’elle a tourné "à l’ancienne", avec de la pellicule, dans des collines roumaines censées figurer l’Est américain… Non, si le film reste dans les mémoires, c’est avant tout grâce à la présence sensuelle et pleine de force contenue de Vanessa Kirby. Que l’actrice décroche ou non un prix d’interprétation, il est d’ores et déjà certain qu’elle va marquer cette nouvelle saison cinéma qui démarre.

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Khorshid (Sun Children)

Le réalisateur iranien Majid Majidi présent à la Mostra avec son film "Khorshid" (Sun children)
Le réalisateur iranien Majid Majidi présent à la Mostra avec son film "Khorshid" (Sun children) Tiziana FABI / AFP

Le deuxième film de la compétition ce dimanche nous a emmené en Iran, dans une école qui accueille les enfants de la rue. Le réalisateur Majid Majidi développe plusieurs intrigues en parallèle : il suit les efforts du directeur de l’école pour maintenir l’établissement à flot malgré un manque criant de subsides, et le destin d’un élève de douze ans, Ali, qui creuse en cachette un tunnel dans la cave de l’école. Car Ali a été mandaté par un vieil escroc de son quartier pour récupérer un trésor qui serait enterré dans les fondations de l’école…

Ceux qui aiment le cinéma iranien réaliste d’Abbas Kiarostami ou de Jafar Panahi seront un peu circonspects devant le côté "fabriqué" de "Khorshid", car même si Majidi veut évoquer un réalité cruelle de son pays – les enfants laissés pour compte, la règne de la débrouille – il le fait à travers des personnages qui frisent parfois le cliché et des rebondissements trop nombreux. Bref, sa démarche est sans doute sincère, mais le résultat à l’écran est un peu artificiel.

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