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Moulin de Moulbaix : ruée sur la farine en raison d'une plongée des mains dans le pétrin

Caroline Dhaenens du moulin de Moulbaix ne sait plus où donner de la tête. Les rayons du magasin familial se vident à vue d’œil.
18 mars 2022 à 06:58Temps de lecture2 min
Par Vincent Clérin avec Xavier Mouligneau

Le prix du pain devrait fortement augmenter dans les semaines qui viennent, certains avancent un prix de cinq euros. Un incontestable aiguillon pour amplifier une tendance déjà constatée à l’heure des confinements de ces derniers mois : celle qui a poussé un grand nombre de citoyens à mettre les mains dans le pétrin. Résultat : les quantités de farine vendues n'arrêtent pas de croître.

Les rayons se vident à vue d’œil

Caroline Dhaenens du moulin de Moulbaix est un témoin direct de ce phénomène. Elle ne sait plus où donner de la tête. Les rayons du magasin familial se vident à vue d’œil. "C’est vraiment comme au début de la pandémie", constate-t-elle, "Quand la pandémie s’est calmée, on s’est dit ouf, plus jamais ça, mais on est vraiment revenu à une affluence et à une vente assez importante de farine".

Elle doit donc ensacher au fur et à mesure pour répondre à cette demande. Et quand on lui demande des précisions sur les facteurs qui influencent les prix elle évoque directement "Le prix de l’énergie qui impacte toutes les productions quelles qu’elles soient et le marché tendu des céréales avec ce qui se passe actuellement en Ukraine".

Il y a le coût mais aussi le goût

La plupart des clients de la boutique du moulin de Moulbaix sont des habitués et des inconditionnels du pain "fait maison" pour des questions de goût mais aussi de coût.

À la question de savoir si l’évolution des tarifs les effraie, la réponse est sans ambiguïté "Bien sûr c’est effrayant", répond ce premier client. Et le prix du pain à cinq euros ? "Cela nous inquiète fort, c’est sûr et certain !" embraie ce second habitué "vous savez on a 65 ans, moi je compte encore en argent belge, vous imaginez 200 francs pour un pain, je crois qu’on aurait jamais donné cela avant". Alors faire son pain soi-même c’est une économie ? "C’est non seulement une économie mais aussi, on sait ce qu’on mange : il n’y a pas de conservateurs, on a le producteur ici, on sait d’où vient la matière première" poursuit notre client.

"Cela n’a jamais été aussi profitable"

"Ecoutez il y a maintenant quatre ans que je fais mon pain moi-même, eh bien cela n’a jamais été aussi profitable" enchaîne ce troisième "Mes enfants font la même chose, le pain est meilleur, il sèche beaucoup moins vite et c’est sain, puisqu’on sait ce qu’on met dedans".

Caroline Dhaenens précise qu’elle ne répercute pas aussi vite et aussi fort les augmentations sur les prix de vente "On prend un peu sur nos marges" confie-t-elle "Parce qu’on sait bien que tout le monde est impacté par la situation actuelle, on répercute le minimum mais il y a un moment quand c’est trop tendu, augmenter le prix, il faudra le faire oui".

Pas de panique pour autant, aucune pénurie de farine n’est a priori à craindre en ce moment : inutile donc de se précipiter pour dévaliser les rayons.

 

 

 

Au Moulin à vent de Moulbaix, dans le magasin où se vend la farine, les rayons se vident à vue d’œil.
Au Moulin à vent de Moulbaix, dans le magasin où se vend la farine, les rayons se vident à vue d’œil. Xavier Mouligneau

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