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Mouscron : maltraitance animale ou harcèlement contre un petit éleveur ?

Un petit élevage qui choque des militants pour le bien-être animal.
06 sept. 2020 à 15:53 - mise à jour 06 sept. 2020 à 15:53Temps de lecture2 min
Par Pierre Wuidart

Elles sont toutes deux perdues au milieu des champs le long de la route Express à Mouscron, mais séparées par une clôture et de sérieuses divergences de vues. La première propriété appartient à un éleveur ; l’autre à la société protectrice des animaux. Ce samedi, la police est descendue vérifier les installations du petit élevage suite à des plaintes de la SPA et d’autres militants du bien-être animal. Aucune infraction n’a été constatée.

L’histoire commence il y a quelque mois. "On a porté plainte après avoir reçu des images interpellantes de ce qui se passait chez notre voisin", explique Laura Willen, directrice de la SPA. "On voyait des lapins qui agonisaient, qui manquaient d’eau, certains avaient des yeux crevés. Il y avait beaucoup de mouches." Autre problème qui attire son attention : "On voyait beaucoup de chatons. Les chats ne sont pas stérilisés. Alors que nous, on ne fait que ça à longueur d’année…" Suite à cette première plainte, les choses se seraient améliorées avant de se dégrader à nouveau.

La bourgmestre sur les lieux

"Vendredi soir, on a vu des chats se battre pour un petit corps. Ils étaient en train de manger un autre chat. Je n’avais jamais vu ça. Un lapin en liberté est passé devant nous avec des grosses diarrhées. Ce n’est pas normal. Et puis on a reçu la photo d’une personne qui s’est rendue sur les lieux. On y voyait un chat tout maigre dévorer un cadavre de lapin". Ajoutez à cela un mouton attaché "Ça ne se fait pas"  dont l’arrière-train tondu ne respire pas la santé et Laura Willen n’hésite plus : "On a contacté la commune et la police".

La réaction ne se fait pas attendre : samedi après-midi, la bourgmestre de Mouscron Brigitte Aubert (cdH) se rend sur les lieux, accompagnée de trois policiers et d’un vétérinaire mandaté par l’Union wallonne de la protection des animaux. "On a reçu un accueil correct, explique la bourgmestre. L’éleveur nous a montré le fameux mouton. Il souffre effectivement d’une maladie, mais selon le vétérinaire, il reçoit les soins adéquats". À l’intérieur du hangar, les lapins "magnifiques" attendent la délégation dans des cages toutes propres. "Ils avaient suffisamment d’eau et d’espace". Les autres animaux seront aussi observés : un petit cochon, des poules, des coqs, des oies et des canards, "tous en bonne santé. On n’a saisi aucun animal." Bref, rien à déclarer.

Un dépiautage public-privé

"C’est normal", explique Laura Willen. "Il a eu le temps de nettoyer son hangar avant la visite de la police. Et d’évacuer les cadavres dans des sacs-poubelles." Ce contrôle sanitaire n’aura en tout cas pas apaisé les relations de bon voisinage entre la SPA et l’éleveur. Samedi après-midi, celui-ci aurait d’ailleurs entrepris de tuer deux lapins et de les dépiauter après les avoir pendus par les pattes à la vue des voisins. "C’est son droit le plus strict, reconnaît la directrice du refuge. Il est sur son terrain. Mais ça ne me semblait pas approprié de faire ça sous les yeux de nos visiteurs plus sensibles à la cause animale."

Laura Willen se dit toutefois heureuse de la réponse rapide des autorités et du bon état constaté des installations de l’éleveur. Quant à ce dernier, il résume sa position par SMS : "il n’y a pas lieu de faire une polémique. C’est tout simplement du harcèlement". Il ne souhaite pas s’exprimer davantage.

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