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Mouvement de grève au Centre Familial de Bruxelles : les syndicats dénoncent une "mauvaise gestion", la direction pointe un "usage inadéquat" du temps syndical

Les syndicats ont empêché l'accès aux bâtiments à le direction durant une bonne partie de la matinée
25 mai 2021 à 12:32 - mise à jour 25 mai 2021 à 12:32Temps de lecture2 min
Par Thibaut Deplanque

La CNE et le Setca ne sont pas contents et ils l’ont fait savoir devant les bureaux du Centre Familial de Bruxelles. Ils ont, en front commun, installé un piquet de grève qui bloquait l’accès aux membres de la direction.

Depuis plusieurs semaines voire plusieurs mois, les relations se détériorent entre les syndicats et la direction à tel point que la concertation sociale semble totalement rompue. La raison de cette colère : Marie Arnould, la directrice générale en place depuis 2018, à qui les syndicats reprochent une mauvaise gestion. "Il y a des problèmes au niveau de l’organisation et des conditions de travail. Très clairement, les travailleurs ont peur" dénonce Germaine Nzuanzu, secrétaire permanente CNE. "La façon dont Madame Arnould gère l’institution pourrait la mener droit vers une faillite ! Le personnel est épuisé et une plainte collective a même été déposée afin de faire une analyse des risques" poursuit la permanente CNE.

Un dialogue rompu

Les différentes rencontres et conciliations n’ont rien donné et le dialogue semble très compliqué entre les deux parties. "C’est une catastrophe. Elle veut éradiquer tout ce qui est organisation syndicale pour sans doute être plus à même de diriger d’une main de fer le personnel" ajoute Yves Dubois du Setca. "La situation est grave. Cela fait deux ans que l’on a des problèmes avec la direction au niveau des libérations des travailleurs de manière chronique. Madame Arnould nous écarte et refuse à ce que les délégués aient un contact avec les organisations syndicales" détaille le secrétaire permanent.

Des heures syndicales utilisées de manière inadéquate

Pointée du doigt par les syndicats, Marie Arnould se défend de toute mauvaise gestion. Pour la directrice générale, les arguments des syndicats sont infondés. Ils auraient oublié le fond du problème qui se situerait au niveau du temps syndical et qui serait utilisé de manière inadéquate. "Par usage inadéquat, je parle ici de près de 4.000 heures soit près de 120.000 euros par an qui ne seraient pas couverts par des subventions ou des remboursements. C’est cinq fois plus que ce que les normes initiales imposent et une bonne partie ne faisaient pas l’objet de justificatif. C’est de l’argent détourné de son usage initial" explique la directrice qui n’hésite pas non plus à parler d’abus de privilèges. "Depuis maintenant plusieurs mois, les représentants des travailleurs refusent de se rendre aux conseils d’entreprise et aux CCPT (comité pour la prévention et la protection au travail ndlr) par mesure de rétorsion par rapport à la direction afin d’obtenir ces heures de libération. Mais en n’assistant plus aux réunions, ils ne représentent plus les intérêts des travailleurs" conclut la directrice générale qui ne compte cependant pas démissionner. Elle se dit pleinement soutenue par le conseil d’administration et l’équipe de direction. Les syndicats prévoient d’autres actions dont une qui aura lieu le 17 juin prochain au siège de Partenamut.

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