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MTG, Meteosat Troisième Génération, un investissement de plusieurs milliards: la révolution des satellites météorologiques

Un Œil sur demain

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19 sept. 2022 à 15:59 - mise à jour 26 sept. 2022 à 08:36Temps de lecture3 min
Par Marie Michiels

C'est un projet européen de toute grande envergure : le lancement cette année d'un système révolutionnaire en matière de satellites météorologiques.

Un investissement de plusieurs milliards d'euros dans le MTG (Meteosat Troisième Génération) pourra permettre, selon les scientifiques, de davantage détecter les premières instabilités dans l'atmosphère afin de pouvoir mieux prévenir les tempêtes telles que celles que l'on a connue, par exemple, au festival Pukkelpop en août 2011.

Plus de précision dans la prévisibilité des phénomènes météorologiques violents et soudains, pour pouvoir agir plus vite au niveau local. 

Un contexte de phénomènes météo de plus en plus fréquents et violents

Le climat est en mutation. Les phénomènes météorologiques violents sont de plus en plus fréquents et touchent toute l'Europe. Selon l'Agence européenne pour l'environnement, les événements liés à la météo et au climat ont coûté la vie à 145.000 personnes entre 1980 et 2022. Du point de vue des pertes économiques dans l'Espace économique européen pour cette même période, on atteint les 520 milliards d'euros. 

Dans ce contexte, l'Agence européenne des satellites météorologiques a investi dans le système satellitaire géostationnaire "le plus complexe et innovant jamais réalisé", précise Phil Evans, Directeur général d'EUMESTAT. Cette agence, une organisation intergouvernementale, a pour mandat d'observer le temps et le climat depuis l'espace et de dispatcher ensuite l'information à ses 30 Etats membres, dont la Belgique. 

Une image sur l'Europe toutes les deux minutes et demie

Meteosat Troisième Génération, un système révolutionnaire de satellites météorologiques
Meteosat Troisième Génération, un système révolutionnaire de satellites météorologiques © EUMETSAT

Le premier Meteosat a été lancé en 1977. Le MTG qui sera lancé en orbite cette année est un modèle de troisième génération. Pour Paul Counet, directeur de la stratégie, de la communication et des relations internationales à EUMETSAT, "ce modèle de satellite est révolutionnaire car il va couvrir beaucoup plus de types d'observations. Il va donc nous donner des observations plus fréquentes et précises sur l'état de l'atmosphère; les différents instruments qui seront sur le satellite MTG pourront permettre de se faire une idée de l'état d'instabilité de l'atmosphère et donc prévoir des phénomènes météo qui se développent à très court terme. Le satellite MTG enverra une image sur l'Europe toutes les deux minutes et demie à tous les prévisionnistes de tous les services météorologiques européens".  

Jusqu'à présent en observation géostationnaire, il existe un instrument : un "imageur". Il prend actuellement une image sur l'Europe toutes les dix minutes. Cet imageur sera donc amélioré, et à terme complété par une suite d'autres instruments. "Il y aura par exemple un instrument qui va regarder les éclairs, ce qui en Anglais s'appelle un "Lightning Imager", précise Paul Counet, puis en 2024 on disposera d'un nouvel appareil qui est un sondeur infrarouge. C'est une première mondiale. C'est la première fois qu'une agence météorologique opérationnelle disposera de ce type d'instrument pour réaliser des profils de l'atmosphère et déterminer à différents niveaux les profils de températures et d'humidité."

Les trois satellites seront en orbite géostationnaire à 36.000 km au-dessus de la Terre. Une fois entièrement déployé et opérationnel, le système MTG génèrera au minimum 50 fois plus de donnés que le système de deuxième génération en orbite actuellement. 

 

Améliorer les prévisions à très court terme en Belgique et dans les autres Etats membres

Une fois récoltées, les informations recueillies par les satellites EUMETSAT sont déployées vers ses 30 Etats membres. Pour Daniel Gellens, Directeur général de L'Institut royal météorologique de Belgique, la troisième génération de Meteosat permettra d'améliorer les scans. "Nous aurons donc un suivi beaucoup plus fin des événements au niveau de la résolution temporelle et spaciale. Cela va permettre à nos prévisionnistes qui regardent en continu les événements, de mieux percevoir l'évolution rapide".

L'IRM dispose d'un service d'observation des données 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. "Nous avons un ensemble de critères très précis, explique Daniel Gellens, qui nous permettent de dire par exemple : ça, c'est une précipitation qui va être mentionnée d'un avertissement jaune ou orange, selon la quantité de précipitations sur une période donnée. C'est la même chose pour les vents ou pour les orages... une fois les seuils dépassés, nous intégrons ces données dans nos avertissements. Ils sont visibles sur notre site, et envoyés au Centre National de Crise et sur notre application. La population est donc mise au courant. Dans le cas d'alertes importantes, notre service est renforcé". 

Daniel Gellens ne cache pas son enthousiasme devant l'arrivée du Meteosat Troisième Génération : "grâce à la finesse de la résolution et la rapidité du rafraichissement des images, on va améliorer le travail du prévisionniste pour tous les événements rapides et intenses qui peuvent arriver. Il s'agit là de progrès considérables". 

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