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Muriel Targnion, un an après les inondations à Verviers: "Je demande pardon"

L'eau montait à tout allure, il y a tout juste un an. Des habitants se réfugiaient sur les toits. D'autres étaient secourus sur des bouées et les voitures étaient emportées, bien loin.

Ce vendredi matin, Verviers s'est souvenue, avec un nouvel hommage, et un moment fort: la bourgmestre PS Muriel Targnion a demandé pardon à ses citoyens.

Les services publics ont leurs limites

"J'ai sollicité le pardon des services publics parce que, dans toutes les catastrophes du monde, mais aussi dans celle que nous avons vécue, les services publics atteignent leurs limites" explique la bourgmestre. "On n'a jamais assez de pompiers par rapport au nombre d'appels, on n'a jamais assez de policiers pour mettre devant chaque maison où il n'y a plus de porte d'entrée et où il y a des pillages. Avec le désinvestissement qu'il y a eu dans l'armée, on n'a jamais assez de militaires pour mettre des ponts là où les ponts étaient cassés. On n'a jamais assez de services de la ville, on est 200 employés, on est 200 ouvriers, il y a 200 agents au CPAS qui ont tous été sur le terrain, mais c'était petit face aux 2 à 3000 bénévoles qui sont venus nous aider. Donc oui, les services publics ont leurs limites et c'est pour ça que j'ai sollicité le pardon, parce qu'il y a 8 vies qui ont été perdues à Verviers, parce qu'il y a 5000 maisons qui ont été sinistrées, et je trouve qu'il faut avoir de l'humilité dans ces moments-là."

Le premier "pardon" des commémorations

Ce pardon, c'est une première dans les cérémonies d'hommage organisées un an tout juste après les inondations. "Et c'est vrai que ça m'a un peu surprise" avoue la bourgmestre. "Parce que c'est vrai qu'en tant qu'autorité publique, on sait le travail qui a été fait, on sait comment les pompiers, l'armée, la police, les services de la Ville et du CPAS on travaillé. Mais on entend aussi la colère de la population, on la comprend, et donc je pense qu'il est important de pouvoir dire qu'on a des limites, et de demander pardon."

A un moment, la colère doit se guérir, car elle ne permet pas de reconstruire

La bourgmestre de Verviers plaide aussi pour la résilience: "Je plaide pour, parce qu'on l'entend tout le temps" explique-t-elle. "Effectivement, les berges doivent être construites autrement, les maisons doivent être rénovées autrement, l’ensemble des villes doit être pensé en fonction des problèmes climatiques. Mais la résilience, c’est aussi la résilience personnelle, et il y a des citoyens qui ne veulent plus me parler parce qu’ils sont en colère. Je les comprends, mais ce que je leur demande aussi, c’est de passer à ce sentiment de résilience, parce que si on ne peut jamais dialoguer, on n’arrivera jamais à reconstruire de la façon dont ils le souhaitent aussi. La colère, quand on vit une injustice, elle est saine, elle nous permet d’évacuer nos frustrations, nos peurs, ce qu’on a vécu. Dans ce cas-ci, elle est justifiée, mais elle doit aussi, à un moment donné, se guérir, car la colère ne permet pas de reconstruire."

Ce vendredi, un nouvel hommage était rendu à Verviers, un an après les inondations.
Ce vendredi, un nouvel hommage était rendu à Verviers, un an après les inondations. RTBF - Marc Mélon

Au total, les inondations ont coûté la vie à 39 personnes.

En Wallonie, les commémorations se poursuivent. Ce soir, à 18H30, une autre cérémonie sera organisée à Chaudfontaine avec là encore l'inauguration d'une stèle commémorative.

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