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Muse ou la fiction pour rencontrer une oeuvre d'art

SonoraMuse, une série de podcasts réalisés par Alexandra Geraci

Tout le monde n'ose pas pousser la porte d’un musée des Beaux-Arts ou d’une galerie d’art contemporain. Il faut avoir les clés pour comprendre. C’est rébarbatif, ennuyeux, excluant. Alexandra Geraci et son projet Muse propose une alternative : emmener le public dans une aventure, rencontrer l’œuvre par la fiction. Désacraliser le musée. Arrêter de chuchoter, même si on ne peut pas toucher !

les comédiennes de Muse jouent une visite guidée "décalée" de l'expo SARA au Botanique en mars 2022
les comédiennes de Muse jouent une visite guidée "décalée" de l'expo SARA au Botanique en mars 2022 © Leatizia Debain

Issue d’une famille émigrée italienne – le grand-père était mineur- Alexandra Geraci baigne néanmoins dans les arts, la maman fut directrice d’académie, la soeur Barbara Geraci est une plasticienne en vue ( expo Savoir faire à l’Iselp), Alexandra sera comédienne. Néanmoins, elle sait ce que signifie le sentiment de ne pas se sentir légitime. C’est un des moteurs de cette envie de démocratiser l’accès à la culture, désacraliser le musée, rencontrer les œuvres autrement: par le jeu. L’imaginaire de la fiction. Profitant du confinement, elle élabore le projet Muse. Le Botanique a été séduit et entame une collaboration sur les expos SARA du collectif VOID et Spectre(à voir jusqu’au 07 août). 

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SARA, exposition du collectif VOID sous forme d'entreprise à enregistrer les souvenirs. Botanique - mars 2022
SARA, exposition du collectif VOID sous forme d'entreprise à enregistrer les souvenirs. Botanique - mars 2022 ©Luk-Vander-Plaetse

La médiation habituelle, via un brochure ou une visite guidée, c'est des explications sur l’œuvre et l’artiste, mais rarement des propositions elles-mêmes artistiques. Dans le concept de Muse, l’œuvre inspire un imaginaire qui débouche sur l'écriture d'une histoire.

Pour son exposition au Botanique, le collectif VOID créé SARA une compagnie futuriste qui enregistre et conserve nos souvenirs. L’expo est une gigantesque installation avec une machine à enregistrer rétro-futuriste. Un décor idéal dans lequel 3 comédiennes – employées de la société SARA- et une danseuse convient les visiteur.euses.s à une " visite guidée décalée ". Jouant sur la réalité et la fiction, le public est troublé, amusé, interpellé. Muse s’emploie aussi à rendre le public actif. Un moment de danse est l’illustration d’un souvenir; le public en partage ses interprétations et ses impressions.

Quel est donc le souvenir interprété par la danseuse Eliana Stroobants ?
Quel est donc le souvenir interprété par la danseuse Eliana Stroobants ? © Leatizia Debain
Amélie Scotta, Reclusoir
Alexandra Leyre Mein, Evolution, 2015

Sonoramuse : les atouts du podcast

SonoraMuse, une série de podcasts réalisés par Alexandra Geraci
SonoraMuse, une série de podcasts réalisés par Alexandra Geraci © Céline Cassarino

L’exposition Spectre (Botanique jusqu’au 08 août) est un autre défi pour Muse. L’exposition présente un état des lieux de la sculpture. Sept jeunes artistes moins faciles à appréhender que VOID. Alexandra Geraci vise le jeune public cette fois. Elle imagine le personnage de Susie auquel l’enfant pourra s’identifier. Susie, espiègle, visite l’expo avec sa classe et va vivre des aventures incroyables face à ces objets étranges : une tête, sculptée par Alexandra Leyre mein, qui se rêve en cantatrice ou un rongeur muséivore pour évoquer l’absurde piège en verre imaginé par Lionel Pennings. Cette fois le medium sera le son avec ses possibilités de jeu sur les voix et d’ambiances sonores. 5 podcasts de cinq minutes sont proposés via un QR code placé devant l’œuvre. L’histoire évoque un sentiment (la peur, l’enfermement, la liberté) et parfois le sens de l’œuvre comme le labyrinthe d’isoloirs de Charlotte Lavandier pour évoquer le choix de l’électeur.trice.

 Charlotte Lavandier, Shouting-Booths, 2021
Charlotte Lavandier, Shouting-Booths, 2021 © Luk Vander Plaetse

Laisser la tête au vestiaire

Muse et SonoraMuse permettent d’appréhender l'art plastique par une autre entrée. Le plus souvent, face à une œuvre on tente d’en chercher le sens. C’est normal, le cerveau a horreur de l’indécodable. Sans les références, nous sommes perdus, vexés, exclus. Le ressenti lui est inné, universel. Nous voilà inclus, mis sur un pied d’égalité. Et incité à abandonner la raison pour activer le cerveau droit, intuitif, créatif, émotionnel.  

En pratique :

Rendez-vous sur le site du Botanique pour découvrir les photos des 5 œuvres et écouter les 5 podcasts des aventures de Susie. Sans oublier le livret ludique à télécharger.  Des Bota Stories à écouter bien après la fin de l'exposition Spectre... qu'on peut aussi aller voir sur place! 

 

Vue de l'exposition Spectre au Botanique, 2022
Vue de l'exposition Spectre au Botanique, 2022 © Luk Vander Plaetse

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