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Mutilations en série de chevaux en France : les enquêteurs n’ont aucune piste

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22 août 2020 à 16:27Temps de lecture3 min
Par Esmeralda Labye

Plusieurs équidés ont été retrouvés mutilés et tués dans plusieurs régions de France. Le mode opératoire est souvent le même. Les animaux ont l’oreille tranchée.

C’était le 14 mai dernier. Mélissa Véron retrouvait sa jument de trois ans, sans vie, dans la pâture d’une écurie de Berny-en-Santerre (Somme).

"Elle avait une oreille en moins, très creusée à l’intérieur de la tête, ils ont pris une moitié de l’œil […] C’est ignoble, je ne comprends pas, pas du tout. Quand je l’ai vue, j’ai hurlé, j’en voulais à tout le monde", a-t-elle expliqué à l’AFP.

La vétérinaire qui a examiné l’animal a décrit une plaie d’environ 30 centimètres, "très creusée à l’intérieur", occasionnée par "quelque chose de très tranchant". Mais la cause du décès, faute d’autopsie, n’a pas été établie.

 

Mutilation de chevaux

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Inquiétudes grandissantes

Cela fait plusieurs mois que les propriétaires d’équidés français sont inquiets. En Vendée, dans le Jura, la Somme, le Rhône, le Puy-de-Dôme, la Normandie et le Sud-Ouest, des chevaux ont été massacrés, l’oreille droite coupée très nettement.

Les policiers sont intrigués. Plusieurs enquêtes ont été ouvertes pour "sévices graves ou actes de cruauté envers un animal domestique apprivoisé ou captif", a indiqué la gendarmerie nationale.

"Notre détermination à lutter contre toute forme de maltraitance envers les équidés est totale et nous souhaitons, en lien avec la Ligue française de protection du cheval, mobiliser l’ensemble des acteurs de la Filière cheval en France", a expliqué sur BFMTV la troisième fédération sportive de France.

Les propriétaires soupçonnent des personnes qui connaissent les chevaux.
Les propriétaires soupçonnent des personnes qui connaissent les chevaux. AFP

Tout commence au printemps

Un premier constat a été fait au printemps dernier sur un cheval retrouvé à Quend Plage, sur le littoral, et deux à Berny-en-Santerre, en Haute-Somme, retrouvés morts avec l’oreille droite sectionnée. Trois enquêtes préliminaires ont depuis été ouvertes et "regroupées sous l’autorité d’un seul enquêteur pour pouvoir étudier tous les rapprochements possibles", a indiqué en juin dernier le procureur d’Amiens.

Selon la radio locale, citant les premières conclusions de l’autopsie, la jument de 24 ans aurait été assommée. Le ou les agresseurs ont retiré à l’animal un œil et une châtaigne, excroissance formée par de la corne et localisée sur les jambes des chevaux, détaille France Bleu.

Aucune piste n’est écartée

Selon les premiers éléments d’enquête, les coupures semblent avoir été réalisées par un instrument. "Mais nous n'avons aucune piste, tout cela reste un grand mystère", a déclaré la gendarmerie. 

On traite ça de manière très sérieuse

"Est-ce un challenge lancé sur internet ? Un défi ? La pulsion d'un individu ? Toutes les pistes sont envisagées", se demande Bruno Wallart commandant de la compagnie de gendarmerie de Riom (Puy-de-Dôme). Un seul point commun aux affaires, la mort des chevaux d’une façon surprenante et la mutilation. "Ça interroge. Il y a une sensibilité forte autour de la souffrance des animaux. Nous (la justice) en tout cas, on se donne les moyens. On traite ça de manière très sérieuse, simplement pour l'instant, on n'a pas de pistes", a indiqué le procureur d'Amiens. 

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Un groupe de soutien sur les réseaux sociaux

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La commune d’Usson-en-Forez a été touchée en janvier 2014 par des cas semblables. Une jument d’un centre équestre a été tuée et mutilée atrocement : œil arraché, oreille ciselée, crinière coupée.

Un groupe Facebook, intitulé, "Justice pour nos chevaux", a depuis été créé par Pauline Sarrazin, la propriétaire d’une jument attaquée le 6 juin. L’objectif est de regrouper les propriétaires victimes et inviter le milieu équin à la vigilance. "Le problème, c’est que ce n’est jamais le même type d’équidé visé et jamais la même façon de tuer. Le seul lien, c’est l’oreille " affirme l’initiatrice du groupe de soutien. " Donc ça peut arriver à n’importe qui, n’importe où, n’importe quand".

La fédération française d’équitation (FFE) s’est portée partie civile aux côtés des propriétaires de chevaux, poneys et ânes qui ont été tués ou mutilés ces derniers mois en France.

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