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Myria demande plus de logements individuels pour les demandeurs d'asile, il y en a de moins en moins

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07 sept. 2022 à 12:17Temps de lecture3 min
Par Belga

Le réseau d'accueil de demandeurs d'asile en Belgique n'a jamais compté si peu de logements individuels qu'en 2021, dit Myria (le Centre fédéral Migration) à l'occasion de la publication du cinquième volet de son rapport annuel. Pourtant, ce type de logements offre une meilleure garantie de la dignité humaine et du droit à une vie privée et familiale des demandeurs d'asile, selon le centre fédéral migrations.

Les personnes qui demandent la protection internationale (asile) en Belgique ont droit à l'aide matérielle pendant l'examen de leur demande. Elles peuvent être logées soit dans des centres collectifs de Fedasil ou de la Croix-Rouge, par exemple, soit dans des logements individuels gérés par des CPAS ou des ONG. 

20% de logements individuels contre 54% en 2007

L'année dernière, les logements individuels représentaient 5.800 places, contre 8.500 en 2007, et ce malgré l'augmentation du nombre total de places au fil des ans. En 2021, 20% des places d'accueil étaient consacrées à des logements individuels, pour plus de la moitié en 2007 (54%).

Pourtant, le gouvernement fédéral s'était engagé à un meilleur équilibre entre accueil collectif et individuel, note Myria.  

"L'accueil individuel offre une meilleure garantie de la dignité humaine et du droit à une vie privée et familiale des demandeurs d'asile", clame l'organisation. Myria recommande de reconstruire les capacités d'accueil individuel "qui devrait être effectivement accessible à l'ensemble des demandeurs de protection internationale après six mois de procédure".

Un arriéré important

Les demandeurs d'asile séjournent actuellement pendant de longues périodes en milieu d'accueil, car le traitement des demandes fait face à un arriéré important qui s'est développé pendant la crise du coronavirus, explique Myria. 

En mars 2022, les autorités belges avaient mis en place une "impressionnante et louable" opération logistique pour enregistrer les demandes de protection temporaires (principalement des Ukrainiens). "Une action similaire pour les demandeurs de protection internationale n'a pas encore été réalisée jusqu'à présent", regrette Myria, qui insiste auprès des autorités pour que "toutes les mesures soient prises pour garantir le droit à l'accueil". 

Accès effectif à la procédure, adaptation des horaires et renforcement des capacités en personnel en fonction de l'afflux... Myria demande aussi que tous les demandeurs de protection internationale puissent bénéficier des garanties procédurales et de la souplesse qui s'appliquent aux demandeurs de la protection temporaire.

Un niveau élevé de demandes d'asile, mais en dessous du pic de 2015

Par ailleurs, Myria donne quelques statistiques. L'année 2022 est marquée par une nouvelle crise de l'accueil, même si le nombre de demandes de protection internationale (asile) reste bien en dessous de celui de 2015, relève Myria.

En 2021, 20.539 personnes ont introduit une première demande de protection internationale en Belgique, un chiffre légèrement plus bas qu'en 2019, avant la crise sanitaire.

Nette augmentation des MENA

Les demandes de protection internationales (3.219 en 2021) introduites par des personnes se déclarant mineurs étrangers non accompagnés (MENA) sont en nette augmentation par rapport aux dernières années, note Myria. La très grande majorité des MENA sont des garçons (96%) et de nationalité afghane (76%).

La Belgique fait face actuellement à une nouvelle crise de l'accueil entamée à l'automne 2021. "Des personnes ne peuvent pas toujours faire enregistrer leur demande d'asile et n'ont pas d'autre issue que de dormir à la rue", souligne Myria. L'Etat belge a déjà été condamné de nombreuses fois pour défaut d'accueil, note l'organisation.

 

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