Namur : budget 2020 à l'équilibre avant plusieurs années qui s'annoncent plus compliquées

Namur: budget 2020 à l'équilibre avant plusieurs années qui s'annoncent plus compliquées

© MAXIME ASSELBERGHS - BELGA

19 mai 2021 à 11:14Temps de lecture3 min
Par Arnaud Pilet

Exercice budgétaire compliqué pour la ville de Namur en 2020, année chamboulée par le Covid-19. La ville a présenté ses résultats et malgré la crise sanitaire, Namur présente un budget dans le vert. Mais les prochaines années s’annoncent plus compliquées.

Le ralentissement économique, lié aux différents confinements, a eu un impact important sur les recettes de la ville : les horodateurs, les revenus des piscines, les parkings, les amendes aussi. Voilà quelques exemples qui à eux seules représentent 2.000.000 d’euros de rentrées en moins dans les caisses communales. Pourtant, le compte 2020 se termine avec un résultat global en boni de 6.100.944,48 euros soit, plus de 4 millions d’euros en plus que ce qui était prévu : ""Il y a, certes, eu moins de recettes mais la ville a aussi largement diminué certaines dépenses comme les frais pour le fonctionnement de l’enseignement fondamental de la commune à l’arrêt pendant des mois, le matériel pour les voiries, les frais de réception ou le carburant. Ce sont autant de dépenses qui n’existent plus si tout est à l’arrêt", a expliqué le directeur financier de la ville, Marc Bruyr.

Un emprunt qui aide

Et puis la ville a aussi pu contracter un emprunt exceptionnel de 3.8 millions d’euros pour ses dépenses ordinaires, dédiées au fonctionnement, là où normalement elle ne peut emprunter que pour faire des investissements : "La Région wallonne a exceptionnellement autorisé les communes à faire ce type d’emprunt pour nous aider à tenir le coup. Cela gonfle donc le budget de l’année 2020 même si le prêt ne sera contracté qu’en 2021. Mais il faut évidemment garder en tête que si cela améliore le budget, ce sont des charges annuelles de 220.000 euros qui pèseront à l'avenir si l’emprunt court sur 20 ans", nuance le bourgmestre Maxime Prévot.

Ajoutez à cela un exercice budgétaire excellent en 2019, des aides venues de la Région wallonne et la présence du bas de laine de la ville de 20 millions d’euros, voilà les explications de ce résultat 2020 surprenant.

Le pire est à venir

Pour autant, tout n’est pas rose au niveau des perspectives budgétaires. Exemple : en 2021 le budget prévu par la ville est bien moins optimiste car avec le retour progressif de l’activité dans la commune, si la situation sanitaire continue de progresser, les dépenses vont à nouveau augmenter alors que les recettes de leur côté tarderont à revenir à leur niveau initial. La ville de Namur a des réserves (20 millions d’euros) pour compenser mais elle reste inquiète de l’impact financier à plus long terme. L’impôt perçu ces prochaines années, que ce soit l’impôt sur les personnes physiques (IPP) ou le précompte immobilier, arrive toujours en décalage sur les comptes communaux et "donc les impacts négatifs de cette crise sur les revenus des gens, des entreprises, ne se fera sentir que plus tard, en 2022, 2023 et à ce stade c’est compliqué d’anticiper leur impact mais on s’attend à une diminution de ces recettes", craint Jean-Sébastien Detry, analyste financier à la ville de Namur.

La ville va pourtant continuer à porter son effort de soutien pour relancer l’activité de la ville en 2021 : 1.500.000 d’euros pour le soutien aux commerçants (directement financé par l’emprunt de 3.8 millions d’euros), 1.000.000 euros pour des subsides sportifs (compensés par la Région) mais aussi 410.000 euros de subsides divers : "Même si ça peut passer pour des dépenses importantes vu le contexte difficile, explique Maxime Prévot, nous choisissons d’investir parce qu’il faut soutenir humainement les acteurs économiques mais c’est aussi, à plus long terme, un moyen de leur faire tenir le coup car si tout s’écroule, nous en ferons les frais aussi plus tard".

Les réserves de la ville permettront de réaliser un budget à l’équilibre "encore pour quelques années mais nous aurons besoin d’un soutien régional structurel à l’avenir", a-t-il complété.

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