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Namur : Séos, un service pour aider les personnes aux fantasmes sexuels déviants

Séos, un nouveau service pour les personnes aux fantasmes déviants

© anyaberkut - Getty Images/iStockphoto

30 juin 2021 à 09:54Temps de lecture2 min
Par RTBF

La Fédération Wallonie-Bruxelles a lancé ce lundi à Saint-Servais, près de Namur, un tout nouveau service appelé Séos. Par téléphone ou par mail, les personnes qui éprouvent ces fantasmes peuvent être écoutées par des professionnels et recevoir un accompagnement individualisé.

Empêcher le passage à l’acte

Marie-Hélène Plaëte est la coordinatrice de Seos, selon elle, ce service répond à un réel besoin pour ces personnes qui se retrouvent souvent isolées à cause de leurs fantasmes.

"Nous sommes, de temps en temps, sollicités par des personnes qui ne sont pas passées à l’acte mais qui sont en difficulté par rapport à ce type de fantasme, indique Marie-Hélène Plaëte. Elles viennent demander de l’aide, car elles n’en trouvent pas ailleurs, auprès des services de santé spécialisés. Certaines personnes vont consulter mais n’osent pas en parler à leur médecin. D’autres, qui ont évoqué ces fantasmes, ont vu leur thérapeute mettre un terme à la prise en charge. Nous constatons aussi que des personnes se sont isolées sentant que cette problématique devenait de plus en plus envahissante et dans certains cas consomment de la pédopornographie pour essayer de gérer ces fantasmes. Tout cela met en évidence le besoin d’un service qui permette d’agir avant qu’il n’y ait un passage à l’acte".

Ce type de service existait déjà pour les victimes de violences sexuelles mais pas encore pour les personnes susceptibles de les commettre. Or, il y avait un vrai besoin. Ce sont des fantasmes très mal accepté socialement, illégaux d’ailleurs et très souvent ces personnes se retrouvent isolées avec elles-mêmes aucun espace pour en parler et donc beaucoup de souffrance.

Julien Lagneau (Directeur de l’UPPL, l’unité de psychopathologie légale qui porte ce projet) : "Cela arrive partout, dans toutes les familles. Il s’agit de 1% à 4% de la population générale qui ont, à un moment donné, un fantasme de type pédophile. Il existe des personnes qui, toute leur vie, luttent contre ce type d’attirance. D’où l’intérêt d’ouvrir un espace de paroles pour ces personnes qui ressentent ce type de souffrance. Nous sommes très loin de la représentation du pervers qui prend du plaisir à passer à l’acte. La plupart des gens que nous rencontrons ne sont pas, évidemment, dans ce cas de figure là".

L’objectif est d’aider les personnes qui souffrent d’un fantasme qu’elles n’ont pas choisi mais aussi de protéger la société en évitant le passage à l’acte. Comme l’explique Valérie Glatiny, Ministre en charge des Maisons de Justice en Fédération Wallonie-Bruxelles : "Il s’agit de ne pas enfermer une personne dans un délit soit passé, soit futur mais pouvoir lui permettre un retour réflexif sur sa personne. C’est lui permettre de parler pour prévenir tout passage à l’acte et protéger de potentielles victimes".

Selon une étude, le taux de récidive baisserait de moitié lorsqu’il y a un accompagnement psychosocial.

En ce qui concerne ce nouveau service, les personnes qui appellent et celles qui décrochent sont couvertes par l’anonymat.

Le numéro d’appel gratuit et anonyme pour joindre Séos : le 0800 200 99 ou www.seos.be

 

 

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