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Namur : une nouvelle école secondaire à pédagogie active pourrait ouvrir dès 2023

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Initié il y a quelques années par une poignée de bénévoles issus du monde de l'éducation, le projet scolaire Eole vient d'entrer dans une nouvelle phase de son développement après avoir reçu un numéro FASE de la part de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ce qui équivaut à un feu vert de l'administration pour en ouvrir les portes. S'il s'agit d'une avancée déterminante pour la concrétisation du projet dans la région de Namur, il reste encore du chemin avant de voir les premiers élèves fréquenter ce nouvel établissement fondé sur une pédagogie active. Entretien avec Cyliane Brachotte, présidente du conseil d'administration de l'asbl Projet Eole.

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Pourquoi vouloir ouvrir une nouvelle école ? Quelle était votre intention au départ ? 

Nous faisons le constat qu'il y a beaucoup d'écoles primaires qui se développent autour d'une pédagogie active mais sans qu'il y ait forcément de continuité avec le secondaire. Nous avions envie d'une école publique à pédagogie active, ce qui n'est pas encore le cas sur le territoire de la Province de Namur. 

On manque de places actuellement dans les écoles namuroises ?

Tout à fait, Namur est une zone de tension démographique, il manque un peu plus de 600 places à Namur d'après les calculs qui ont été faits. C'est quelque chose qui est actuel, ça ne l'était peut-être pas il y a dix ans et ce ne sera probablement plus le cas dans dix ans, ça dépend vraiment de la courbe démographique de la ville et de la région. 

Qu'entendez-vous au juste par "pédagogie active" ?

On met beaucoup de choses différentes derrière ce terme, l'idée principale c'est que l'élève soit au centre et surtout acteur de ses apprentissages. Historiquement, cela peut être la pédagogie de type "Freinet" dont on s'inspire quand même beaucoup, mais on a pas envie non plus d'être cadenassés à une pédagogie en particulier. Par exemple, nous sommes nombreux à être issus des mouvements de jeunesse, avec tout cet aspect de citoyenneté responsable, active, critique et solidaire. Donc ça va se concrétiser par du travail en autonomie, de l'école du dehors ou encore du travail en petits groupes. Mais on ne va pas non plus complètement boycotter l'enseignement ex-cathedra classique, l'idée c'est plutôt d'utiliser la méthode la plus pertinente en fonction de chaque apprentissage.

Ces méthodes ne sont-elles pas déjà en train de se développer dans les écoles existantes ?

Disons que la structure scolaire actuelle ne permet pas toujours d'y parvenir. Il y a beaucoup d'enseignants dans beaucoup d'écoles traditionnelles qui le font déjà, mais les écoles n'offrent pas toujours cette liberté pédagogique. Ce n'est pas toujours facile à mettre en place vu les conditions, le nombre d'élèves par classes, le manque de temps pour mener du travail collaboratif. De notre côté, on va essayer de réfléchir davantage au niveau structurel à laisser des plages horaires libres, à ne plus avoir ces périodes de 50 minutes qui sont quand même assez contraignantes et qui permettent difficilement de faire du lien entre les contenus des différents cours. On va essayer de partir sur des projets, permettre aux jeunes de se mettre sur un seul projet pendant deux ou trois mois ou une après-midi par semaine. Tout cela demande parfois un gros remaniement structurel de l'école, ce qui est assez compliqué à faire dans des écoles classiques, même si les enseignants ont envie d'y parvenir, dans certaines écoles c'est tout à fait faisable et dans d'autres c'est plus compliqué. 

En quoi s'agit-il d'une école publique et non pas privée ?

Eh bien, on est très content puisqu'on vient justement de recevoir l'agrément de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour pouvoir ouvrir. Cela nous permet de recevoir des subventions et donc d'être un enseignement entièrement subventionné, ce qui garantira la gratuité de l'enseignement aux parents. On sera aussi autorisés à délivrer des certificats de fin d'études secondaires, le CESS, le CE1D.

Savez-vous déjà où votre école sera installée ? A quel endroit, dans quel bâtiment ? 

Effectivement, nous n'avons pas encore d'adresse officielle à l'heure actuelle, ce n'est pas pour ça que nous n'en avons pas du tout. Il y a beaucoup de choses qui sont en cours pour le moment, qui constituent autant de challenges administratifs et financiers. On est vraiment en construction par rapport à cette question. Une certitude, elle sera installée sur le territoire de la Ville de Namur parce que c'est une condition liée à l'agrément que nous avons reçu. 

Quand espérez-vous pouvoir ouvrir les portes ? 

On espère pouvoir ouvrir en septembre 2023, même si c'est un peu utopique, c'est possible. Si pas 2023, alors septembre 2024. 

www.projeteole.be

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