RTBFPasser au contenu
Rechercher

Ecologie

Nathan Méténier, le jeune activiste écologique qui parle aux oreilles de l'ONU

Nathan Méténier, le jeune activiste écologique qui parle aux oreilles de l'ONU.
05 févr. 2022 à 10:00Temps de lecture3 min
Par RTBF avec AFP

Activiste écologique de 22 ans, Nathan Méténier est jeune conseiller climat aux Nations unies depuis un an et demi et chargé de plaidoyer pour le réseau d'association Youth and Environment Europe.

Il se tient auprès des dirigeants de grandes entreprises et chefs d'Etat du monde entier pour faire peser le poids de la jeunesse dans les politiques environnementales. Un travail de longue haleine qu'il exécute en suivant son master depuis Londres mais qu'il a commencé très tôt dans son Isère natale, les yeux rivés sur le Mont-Blanc.

Conseiller climat à l'Onu : intégrer la jeunesse au combat écologique

A 22 ans, Nathan Méténier est jeune conseiller climat à l'ONU auprès du Secrétaire général Antonio Guterres et chargé de plaidoyer dans le réseau d'associations environnementales Youth and Environment Europe (YEE).

Le premier poste lui fait côtoyer chefs d'Etat, décideurs politiques, patrons de grandes entreprises et débouche à de "vrais dialogues", selon lui. Contrairement à ce que l'on pourrait penser.

"On a vraiment aidé des Etats, des gouvernements à travailler et intégrer les jeunes dans les processus de décision", dit-il

Parlant de son mandat de jeune conseiller climat plutôt satisfaisant prenant fin à l'issue de l'été 2022, hors de l'ONU, Nathan Méténier continue d'accompagner cette jeunesse européenne écologique pour qu'elle creuse sa place. 

Chargé de plaidoyer : l'argent, le nerf de la guerre

En septembre 2021, il co-présidait à Milan la COP jeunesse. Un événement qui a réuni près de 400 jeunes du monde entier dans la capitale lombarde. Sur tous les fronts, deux mois plus tard, il assistait à la COP26 de Glasgow. "Une grande déception", juge-t-il. Là-bas, grandes entreprises et gouvernements ont peu tendu les oreilles vers la jeunesse. Les consensus ne permettront pas de garder les températures en dessous des 1,5°C Celsius prévus par les Accords de Paris. 

Pour peser dans les balances, le conseiller climat à l'ONU se défait de son premier rôle pour se saisir du second : chargé de plaidoyer.

Il voudrait que les jeunes associations environnementales soient "considérées comme des grandes entreprises".

Alors, il pousse les associations d'environ 30 pays du monde à convaincre les politiciens, faire monter les jeunes sur des compétences transverses. Il s'efforce d'obtenir des chaises autour des tables et des financements, la grande bataille étant l'argent. 

Entre diplomatie et radicalité

Un travail d'artisan que de parler aux oreilles des grands. Parfois en vain. "C'est une immense frustration quand on voit que certains réfléchissent à comment ils vont s'envoyer en l'air dans l'espace", dit-il. Il s'estime d'ailleurs chanceux de pouvoir toujours "critiquer mon pays sans que la police ne débarque chez moi". D'autres activistes écologiques se font plus discrets.

Jusqu'à certains niveaux de réflexions, confie-t-il, les chefs d'entreprises et décideurs restent à l'écoute des changements à entreprendre. D'autres se parent d'actions illusoires. "Il y a des entreprises classées dans les meilleures politiques de RSE (responsabilité sociétale des entreprises) au monde alors que leur modèle économique n'est pas écologique du tout."

Ne vaudrait-il pas la jouer radical contre ces bla-bla intempestifs ? demande-t-on. "On peut être radical ou être plus diplomate lorsqu'il s'agit de se mobiliser et d'agir. Je le vois comme un écosystème. Je ne vois pas d'opposition, nous devons tous aller dans le même sens."

"Si tu n'arrives pas à développer une philosophie, tu n'arrives pas à vivre"

Nathan Méténier a grandi près des montagnes. "J'ai toujours passé du temps dans la nature."

Il s'investit rapidement dans les associations aux alentours, voyant les sommets s'effriter, la Mer de Glace du Mont-Blanc disparaître : "Un déclic".

Il part étudier sur les bancs de Sciences-Po Grenoble après le bac, puis à la London School of Economics, où il suit en ce moment un master en politiques environnementales et en régulation des relations internationales. Les temps calmes dans la capitale anglaise diffèrent de ceux passés dans son Isère natale. Les balades à vélo s'effectuent sur le bitume de la mégalopole loin des routes de montagne.

Nathan Méténier explore son lieu de vie et prend du temps pour ralentir malgré son agenda très rempli. "Je vis avec [ce travail]. Je suis connecté avec Whatsapp, les réseaux sociaux... Si tu n'arrives pas à développer une philosophie, tu n'arrives pas à vivre", lance l'activiste. Il se demande souvent "comment sa position de privilégié" peut aider la cause. Une façon de pouvoir se regarder en face dans la glace ? "Je suis très grand pour la plupart des miroirs", ironise-t-il. 

L'activiste écologique prépare pour la fin d'année 2022 un recueil de textes "pour revenir sur mon parcours et déconstruire certaines notions". Un travail minutieux mené aux côtés de sa mère, qui travaille dans l'édition.

Sur le même sujet

"Au quotidien, prenez les transports en commun" : en France, les publicités automobiles bientôt assorties de messages écologistes

Monde Europe

Réchauffement climatique : les COP sont-elles inutiles ?

Climat

Articles recommandés pour vous