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Neder-over-Heembeek : 146 logements sociaux tout beaux, tout neufs mais désespérément vides

Les 146 logements sont vides depuis la fin des travaux, en août dernier.

© RTBF

29 nov. 2021 à 08:16Temps de lecture3 min
Par Karim Fadoul

146 logements sociaux tout neufs mais désespérément inoccupés depuis le mois d’août ! C’est la situation du tout nouveau complexe d’habitations du Petit Chemin Vert à Neder-over-Heembeek (Ville de Bruxelles) : 72 logements sociaux d’un côté et 64 logements moyens de l’autre qui attendent toujours leurs locataires et qui devront encore attendre jusqu’à début 2022.

Derrière les façades blanches éclatantes, des parquets qui sentent toujours le vernis, des cuisines toutes propres, des sanitaires inutilisés : ces appartements et maisons sentent le neuf. Mais voilà : ce complexe moderne de 20.000 mètres carrés qui fait la fierté des autorités publiques bruxelloises, régionales comme communales – la secrétaire d'Etat au Logement Nawal Ben Hamou (PS) et le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Philippe Close (PS) y effectuaient une visite début septembre – est vide depuis trois mois. De quoi étonner les riverains.

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Comment expliquer cette situation ? Le projet initial date de la fin des années 2000 dans le cadre du plan 5000 logements de la secrétaire d'Etat régionale du Logement de l’époque, Françoise Dupuis (PS). A l’époque, une société régionale publique, la SFAR, est créée pour réaliser le chantier. Sauf que le projet avec ses 200 logements est trop imposant. Les riverains disent non.

Les gabarits sont revus à la baisse et le chantier débute dix ans plus tard. Les 146 logements nouvellement créés sont ensuite acquis auprès de la SFAR par la Régie foncière de la Ville de Bruxelles qui elle-même va en céder une partie à la société de logements sociaux Le Logements bruxellois. Des transferts de propriétés qui traînent et des actes notariés qui se font attendre. "Comme c’est un nouveau quartier, il y avait besoin de documents supplémentaires au niveau urbanistique", précise Lionel Godrie, directeur général du Logement bruxellois.

Nos premiers locataires devraient s’installer en janvier prochain

"Depuis un peu plus d’une semaine, la Ville de Bruxelles est officiellement propriétaire des bâtiments", détaille Lionel Godrie. "Il y a un acte qui doit encore être signé entre la Ville de Bruxelles et le Logement bruxellois, un acte d’emphytéose afin que nous puissions avoir la gestion d’une partie des bâtiments. Comme dans tout acte notarié, on a besoin d’un délai de deux à trois mois pour réunir l’ensemble des informations dont des éléments relatifs au bornage (NDLR : délimitation commune de terrains voisins). Nous, pendant ce temps, nous n’attendrons pas la signature de l’acte d’emphytéose pour faire rentrer les locataires. Nous sommes en train, d’ailleurs, de finaliser nos attributions. Normalement, nos premiers locataires devraient pouvoir rentrer en janvier prochain, entre le 1er et le 15 janvier vraisemblablement."

Qui sont ces habitants ? En grande partie, ceux-ci proviennent des immeubles de Rempart des Moines, dans le centre-ville. Ces blocs, vétustes, doivent être démolis et reconstruits. En attendant, les locataires pourront, s’ils le souhaitent, s’installer à Neder-over-Heembeek dans les logements flambant neufs. Des appels à intérêts ont été lancés dès le mois de mai dernier avant les premiers déménagements prévus, on l’a dit, début 2022.

Des logements dont nous avons cruellement besoin

"Les transferts vont probablement se faire en trois vagues successives", ajoute Lionel Godrie, "pour permettre les déménagements et pour les personnes ne se percutent pas dans les communs. Pour, au plus tard la mi-février, l’ensemble des bâtiments, dont on a la gestion, seront occupés", soit 72 logements sociaux.

Force est de constater que les retards pris dans le traitement des actes notariés pénalisent Logement bruxellois et Régie foncière, qui subissent la situation. "C’est d’autant plus frustrant pour le Logement bruxellois qu’on est pieds et poings liés. On ne pouvait rien faire de notre côté. Le projet était terminé depuis un temps, nous étions suspendus aux actes. Pour nous, c’est scandaleux d’avoir des logements vides alors que nous en avons cruellement besoin."

Le cas de figure heembeekois est plutôt rare. "En règle générale, quand on construit des logements, on est maître d’œuvre et donc il n’y a pas de transfert de propriété. Il nous est arrivé par le passé avec des projets du plan Logement liés à l’entité SFAR d’avoir des délais parfois un peu plus longs. Mais ici, c’est la première fois que nous avons un délai aussi long, qu’on ne peut expliquer que par les démarches administratives. Ce qui change au Petit Chemin Vert, c’est que nous avons affaire à un nouveau quartier. Cela change la donne au niveau urbanistique." La situation sanitaire n’a probablement pas non plus aidé.

Le nouveau complexe de logements du Petit Chemin Vert compte également des espaces verts et 121 emplacements de parking.

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