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Neerpede : la ferme du Chaudron veut fédérer les agriculteurs urbains de la zone

Clara Dinéty et son collègue Philippe Vanderschueren, au milieu du chantier de la ferme du Chaudront qui doit s'achever d'ici un an et demi.

© RTBF - Jérôme Durant

31 août 2022 à 09:34Temps de lecture2 min
Par Jérôme Durant

Les projets d’agriculture urbaine se multiplient à Bruxelles. Un champ par-ci, quelques moutons par-là : pour ces nouveaux paysans, c’est souvent le règne de la débrouille, avec les moyens du bord. Dans ce contexte, le début du chantier de rénovation de la ferme du Chaudron, à Anderlecht, est un pas important.

Sur le site bucolique de Neerpede, cette vieille ferme familiale, abandonnée depuis les années 1980, va revivre grâce au soutien financier de Bruxelles Environnement et du Fonds européen de développement régional (FEDER). Le chantier, estimé à trois millions d’euros, vient de débuter et devrait durer 18 mois.

Si le projet intègre des aspects de pédagogie et de sensibilisation à l’alimentation durable pour le grand public, l’idée la plus innovante est sans doute cette volonté de faire de ce lieu une infrastructure collective pour les producteurs du coin parfois esseulés.

"Dans le bâtiment principal", décrit Clara Dinéty, l’une des coordinatrices de la future ferme du Chaudron, "il y aura un point de vente. Mais c’est tellement grand qu’on a insisté pour faire une mezzanine et installer une herboristerie avec des plantes médicinales."

Une conserverie pour éviter les surplus

Mais le plus gros du chantier, c’est incontestablement la construction d’une conserverie partagée à destination des professionnels, un outil unique à Bruxelles à l’enjeu pourtant essentiel, comme le résume Clara Dinéty : "l’activité maraîchère est très saisonnière à Bruxelles. En été, tu peux sortir beaucoup de légumes, mais en été, tu as aussi beaucoup moins de clients en ville. Du coup, si tu as énormément de courgettes ou de tomates et que tu as du mal à les écouler, tu les transformes. Ce qui te permet de les vendre l’hiver dans un panier, tout en valorisant un peu mieux aussi ta production qu’en vendant juste une botte de carottes."

Soulager la pression économique qui pèse sur les maraîchers, en leur offrant également un espace de stockage agricole mutualisé, c’est l’objectif de la ferme du Chaudron. "Ce qu’on constate tous comme producteurs sur le terrain, c’est qu’on rencontre les mêmes difficultés. On fait 56 métiers à la fois. On fait donc le pari que si tout le monde se met ensemble, il y a plus de chance de réussir à sortir la tête de l’eau", explique Clara Dinéty.

La ferme du Chaudron espère fédérer autour d’elle la petite dizaine de projets agricoles qui bordent le ring à Anderlecht.

Former des publics fragilisés aux métiers de la terre

En collaboration avec l'association DoucheFLUX, un autre aspect du vaste projet est l'insertion socioprofessionnelle à destination de publics fragilisés. "Cela part du principe que l'enjeu de l'alimentation va être énorme dans les prochaines années et qu'il faut former massivement aux métiers de l'agriculture et de la transformation. On veut donc profiter de tous les métiers qui seront rassemblés ici pour faire de la formation", détaille Clara Dinéty.

Jeunes en errance, personnes en décrochage de longue durée du marché de l'emploi, personnes présentant des problèmes de santé mentale ou d'assuétudes: le public cible est varié. "C'est dans le veine de l'agriculture sociale. On part du principe que le monde paysan a beaucoup à offrir à toutes les personnes qui ont pu avoir des difficultés dans la société urbaine. C'est quelque chose qui fonctionne très bien. De superbes relations se créent entre paysans et bénéficiaires, c'est bénéfique pour tout le monde", sourit Clara Dinéty.

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