Golf

Nicolas Colsaerts : "Ma carrière sportive passe au second plan, je suis passé par le chas de l’aiguille"

Nicolas Colsaerts a pu frapper ses premières balles à Abu Dhabi.

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20 janv. 2022 à 16:27Temps de lecture2 min
Par Alaric Dantine avec Charles-Emmanuel de Wasseige

Ça y est ! Nicolas Colsaerts a retrouvé les greens des terrains de golf. Un soulagement pour celui qui a appris qu'il est atteint d’une maladie rénale il y a quelques semaines à peine. Entre tracas et moments privilégiés avec ses proches, le Bruxellois a conscience d’où il vient mais surtout de là où il veut aller ces prochains mois.

Plus difficile mentalement que physiquement

Qui dit première compétition dit également premières difficultés physiques. "Avec ma rétention d’eau, c’est surtout la transition chaussettes basses vers chaussettes hautes qui s’est avérée délicate" ironise le golfeur. Ces petits désagréments représentent néanmoins peu de choses aux yeux de Nicolas Colsaerts. "En revanche, mentalement c’est parfois plus compliqué. À chaque fois que j’explique l’histoire à quelqu’un, je voyage un mois en arrière dans des moments difficiles."

Et justement, ce récit il doit souvent le raconter car il est fort soutenu. "J’ai reçu énormément de messages. Il y a d’abord ceux qui sont curieux, dans le sens positif du terme, qui veulent savoir comment j’en suis arrivé là notamment. Ensuite, il y a ceux qui comprennent directement que je suis passé proche d’une tout autre tournure d’événement " détaille celui qui est papa de deux enfants.

Le sportif au second plan

Avant de recevoir la seconde dose de son traitement, le golfeur a donc pu, en accord avec les médecins, participer aux deux tournois d’Abu Dhabi. Un retour à la compétition et un premier coup de club qui ne resteront pas dans les annales. "J’ai mis ma première balle cinquante mètres trop à droite dans les hautes herbes, rigole l’athlète belge. Mais je suis très content d’avoir pu réaliser la journée entière. Pour la suite on verra, je vis au jour le jour." D’autant plus que le Bruxellois pourrait bénéficier d’une exemption médicale pour geler son classement cette saison.

Ma carrière sportive passe au second plan, je suis passé par le chas de l’aiguille.

Réaliste, le golfeur sait que sa vie aurait pu basculer. "Quand on apprend qu’on a des caillots de sang dans les poumons et que 5 jours après on était censé prendre l’avion, ça calme. Surtout avec une femme et deux enfants."

Positivité comme maître-mot

Reconnaissant du monde médical et surtout de son épouse "elle a joué un rôle primordial à mes côtés au quotidien" le Bruxellois se remémore quelques souvenirs plutôt cocasses. "Lors de mon arrivée à l’hôpital le premier jour, l’infirmière me dit qu’ils me gardent en observation. Je réponds 'pas de problème je vais juste faire mon sac à la maison et je reviens'. Évidemment je n’ai pas pu y aller. C’est après que j’ai compris qu’il valait mieux éviter ce déplacement."

Et s’il pouvait passer un message à tout le monde ? "La santé on ne rigole pas avec ça. On dit souvent bonne santé à la nouvelle année mais on ne réalise pas comme c’est important. Je mets à la place de gens qui souffrent de maladies plus importantes et je prends conscience de leur force mentale. Je vais bien pour l’instant mais je l’assure, je préfère la santé au golf " conclut celui qui a représenté la Belgique aux JO de Rio en 2016.

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