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Nicolas Raskin, pitbull assumé, maestro en devenir

Nicolas Raskin, pitbull assumé, maestro en devenir
31 août 2020 à 17:06 - mise à jour 31 août 2020 à 17:06Temps de lecture3 min
Par Antoine Hick

Son sourire après la victoire du Standard face au Beerschot (0-3) avait quelque chose de rafraîchissant. Les yeux pétillants, le point rageur, Nicolas Raskin savourait son moment. Probablement parce que, avec deux assists et une omniprésence dans la récupération, il savait qu’il avait été l’un des détonateurs de la démonstration liégeoise.

Nicolas Raskin, c’est l’histoire d’un jeune ket, au caractère parfaitement trempé, propulsé très vite, peut-être trop vite, sur le devant de la scène. En mai 2017, alors qu’il évolue à Gand, il dispute ses premières minutes en Pro League. Il a 16 ans à peine et devient le premier joueur né au 21e siècle à disputer un match dans notre championnat.

Un baptême du feu malheureusement sans suite. Nicolas Raskin n’est pas encore prêt, mentalement du moins, à aller au combat. Résultat, cette montée au jeu ne sera qu’un éphémère feu de paille. Très vite, il retrouve les équipes de jeunes.

Le déclic survient en janvier 2019. Conscient du potentiel de ce jeune pitbull de l’entrejeu, le Standard décide de le rapatrier. Raskin, ayant été formé au Standard avant de lever les voiles pour Anderlecht et Gand, retrouve donc le Bord de Meuse et un environnement qu’il connaît.

Au contact du noyau pro, il mûrit, récite ses gammes, couvé par un Michel Preud’homme qui croit en lui. Dans l’ombre, le jeune Raskin apprend à écouter, à arrondir les angles d’un caractère qu’il sait explosif. Et lentement mais sûrement, il commence à rentrer dans les plans des Rouches.

Montanier l’apprécie : "Il est polyvalent"

Nicolas Raskin, nouveau titulaire au Standard.

Dans un entre-jeu liégeois déserté par l’ancien chef d’orchestre Razvan Marin, il y a une place à prendre. Après un an, Raskin a enfin le droit de goûter à une titularisation… en mars 2020, juste avant l’interruption covidienne. En tout, il disputera trois bribes de matches (93 minutes) avant de devoir raccrocher temporairement les crampons et ses ambitions personnelles.

Mais ce n’est que partie remise. A Sclessin, l’intersaison rime avec changement de direction. Michel Preud’homme se retire et laisse sa place à Philippe Montanier sur le petit banc. Un technicien français qui, très vite, prend conscience du potentiel de ce gamin. En préparation, Raskin joue beaucoup, quasiment tout même. Et il prend ses marques aux côtés des Samuel Bastien et Gojko Cimirot. "Il est polyvalent", ça me plaît" le complimente même Montanier à l’aube de la saison.

Ce n’est donc pas véritablement une surprise de voir Raskin propulsé titulaire lors du match d’ouverture des Rouches face au Cercle. Dans la courte victoire du Standard, le médian s’arrache, colmate les brèches et s’érige comme le véritable poumon de l’équipe derrière un Samuel Bastien plus offensif. Auteur d’une prestation emplie de sérénité et d’une sobriété qu’on ne lui connaissait pas forcément, Raskin gagne ses galons de titulaire. Surtout que Cimirot est en manque de rythme et que Samuel Bastien se blesse gravement contre Waasland-Beveren.

Lors des trois matches qui suivent, Raskin reste donc un immuable titulaire. Il ne rate pas une seconde de jeu et n’hésite plus à s’aventurer hors de sa zone. Parce que ce pitbull, arracheur de ballons dans l’entrejeu, a aussi des qualités techniques. En pleine confiance, il brille et montre des excellentes dispositions de médian relayeur. Face au Beerschot, il délivre deux passes décisives saignantes. Une passe en profondeur pour Maxime Lestienne et un centre en retrait pour Felipe Avenatti, au terme d’une belle chevauchée. Preuve que Raskin sait combiner la rage d’un médian défensif et la finesse d’un distributeur.

Après ce début de saison réussi, le Liégeois est donc logiquement couvert d’éloges. Mais Raskin ne flambe pas. "Je veux grappiller tout ce que je peux, après avoir connu beaucoup de galères…" confie-t-il sobrement. Preuve que le chien fougueux des dernières années s’est mué en chef de meute, plus mature et appliqué. Concentré sur son objectif premier : gagne en régularité et s’imposer durablement dans un entre-jeu liégeois qui se cherche un enfant de la maison à chérir.

Découvrez la séquence sur Nicolas Raskin dans la Tribune de ce lundi :

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