Le 8/9

Niko Tackian s’inspire d’un phénomène de disparitions organisées, dans un nouveau roman haletant

Niko Tackian, pour son roman "Respire"

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26 janv. 2022 à 09:30 - mise à jour 27 janv. 2022 à 11:55Temps de lecture3 min
Par François Saint-Amand

Niko Tackian était l’invité du 8/9 pour présenter son nouveau livre, Respire. Ce roman à suspense d’aventure au rythme presque asphyxiant interroge sur la quête tant recherchée de la liberté.

Yohan veut être heureux et que la vie lui accorde une seconde chance. Pour s’en donner tous les moyens, Yohan a signé avec une mystérieuse société qui promettait de le faire disparaître et d’effacer toutes les traces de son passé.

Les premiers jours, Yohan savoure sa nouvelle vie dans un endroit paradisiaque. À l’horizon : du sable blanc et l’océan turquoise.

Très vite, sa peur le rattrape. L’île n’héberge qu’une dizaine d’habitants. Pourtant, les maisons abandonnées et les échoppes désertes laissent penser qu’ils étaient bien plus nombreux auparavant.

Que s’est-il passé ? Que sont devenus les autres ? Une chose est sûre, Yohan aurait mieux fait de s’en tenir à sa tranquillité.

Plusieurs sources d’inspiration

Changer de vie et disparaître de la circulation du jour au lendemain… L’intrigue développée dans Respire n’est pas une simple fiction. Niko Tackian s’est inspiré d’un phénomène qui existe réellement au Japon : les 'johatsu', ou les 'évaporés'.

"Tous les ans, il y a 200.000 personnes qui décident de disparaître de leur vie, qui sortent totalement des radars. C’est-à-dire qu’avec l’aide d’une société, ils quittent leur famille, vident leur compte en banque et on ne les retrouve pas. Généralement, ce sont des destins assez funestes car cela se termine souvent pas des suicides" informe le romancier français de 48 ans.

L’auteur s’est aussi inspiré de lieux qui lui étaient familiers pour construire l’île dans laquelle se perd Yohan. "Pour ce roman, j’ai vraiment ressenti l’envie et le besoin de spatialiser les choses, de créer toute l’île sous forme d’une carte en inscrivant les lieux. Elle a pu être imprimée dans le roman et le personnage principal la reçoit au début. Cela m’a aidé après parce que c’est quand même un roman un peu d’aventure, de jeu de pistes" précise-t-il.

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Le travail enrichissant de ses paires

L’inspiration ne s’arrête pas en si bon chemin dans le 8e roman de Niko Tackian. Il parsème celui-ci de références à d’autres livres de ses compères. Pour devenir un écrivain passionné, il faut avant tout être un lecteur assidu.

Il existe tellement d’auteurs de polars que le travail de chacun contribue à étoffer celui des autres.

"Plus je vieillis en écriture, plus je me rends compte que le travail de mes paires peut être très enrichissant pour moi" confie ainsi Niko Tackian. "En fait il y a des questions que je me pose sur lesquelles certains auteurs ont déjà fait des romans que j’ai lus ou que j’ai oubliés. Je pense que l’on s’inscrit tous dans une espèce de chaîne quand on fait des romans. Finalement, les histoires ont déjà beaucoup été racontées. C’est la manière dont on les relate qui fait la différence".

Entre livres et séries télé

Respire vous laissera sans aucun doute le souffle coupé. Niko Tackian ne laisse pas une seule seconde de répit à ses lecteurs. Ce thriller est un véritable 'page-turner' tant il est intrigant et haletant.

Le constat n’est pas étonnant, cet écrivain est avant tout un scénariste, notamment de la série Alex Hugo. Il ne cherche cependant pas à écrire chaque roman comme une série, mais son écriture ne peut s’empêcher de subir une petite déformation professionnelle. "Je ne pense pas à cela quand j’écris sinon j’aurais l’impression d’être trop dans un autre média, le scénario pour la télé, où je suis obligé de penser à la faisabilité à l’image. Mais comme cela fait une vingtaine d’années que je travaille en tant que scénariste, les images sont le moteur de mon écriture. C’est une écriture très visuelle donc vous voyez bien les scènes" déclare-t-il.

L’auteur et scénariste constate d’ailleurs une influence générale de la série télévisée sur le livre : "La culture des gens qui était peut-être plus littéraire il y a une dizaine d’années, a beaucoup évolué avec les séries télé. Elles sont devenues le média le plus consommé en termes de narration et d’histoire. Le rythme a beaucoup changé. J’écris des chapitres très courts, souvent un peu haletants pour que la lecture se fasse facilement. C’est un point commun avec l’écriture de série télé. On est dans le même genre de format mais ce qui change c’est qu’il y a plus de libertés dans le roman, on peut aborder des thèmes avec plus de profondeur ou plus difficiles que ceux qui sont abordés en audiovisuel".

Eric Fougere – Corbis / Getty Images

Du lundi au vendredi, retrouvez l’invité du jour dans Le 8/9 à suivre sur VivaCité et en télé sur La Une. Pour connaître le programme de la semaine, c’est par ici.

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