Noir Jaune Blues

Noir Jaune Blues : "Il y a des jeunes qui ont la rage de se battre pour proposer d’autres modèles"

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22 janv. 2023 à 23:04 - mise à jour 26 janv. 2023 à 09:01Temps de lecture2 min
Par Maurizio Sadutto avec Françoise Baré

Face aux différentes crises que traverse notre pays, les citoyens réagissent de diverses manières. C’est ce que tend à démontrer la dernière enquête Noir Jaune Blues en partenariat avec LeSoir.be. Si de plus en plus de Belges prônent le repli sur soi, ou se résignent, d’autres se décident plutôt à se mobiliser et à agir pour faire bouger les choses dans un sens plus ouvert et positif.

C’est le cas de ces jeunes universitaires avec leur projet de cantine durable et engagée. Dans une morosité parfois pesante, ils proposent une véritable bouffée d’air frais.

Le Roi Haricot

À table ! Il est midi… Bienvenue à l’ULB, à la cantine, pas comme les autres : "La Turbean". Oui, ici le haricot, les légumineuses, sont les rois.

En cuisine et en salle, ça roule et ça turbine. Il s’agit de nourrir des étudiants affamés, mais engagés. Pas de produits de l’agro-industrie au menu. Ici, on ne trouve que des produits issus de circuits courts et respectueux des petits producteurs bios.

A table !

La Turbean représente donc un îlot alternatif choc et pas cher, porté par de jeunes bio ingénieurs.

Mathilde Wolf est gestionnaire des lieux. Elle plante le décor :

Mathilde Wolf , gestionnaire de "La Turbean", cantine durable et engagée", sur le Campus de l'ULB.

"Ça fait du bien de voir qu’on n’est pas cantonné à des cantines industrielles", se réjouit-elle, "et qu’il y a des étudiants, des jeunes qui ont la rage de se battre, de proposer d’autres modèles qu’on ne connaît pas. Et ça rassure aussi face à une urgence climatique qui, je pense, inquiète beaucoup de jeunes de mon âge."

Sur les temps de midi, le succès est au rendez-vous.
Sur les temps de midi, le succès est au rendez-vous. © RTBF

Arthur Dielens a lancé cette idée il y a un peu plus de trois ans. Tout frais émoulu diplômé d’agronomie, il a voulu secouer la malbouffe. Alors avec une bande de motivés, ils sont passés à l’action :

Arthur Dielens,  bioingénieur à l'ULB, en agroécologie. Fondateur de l'ASBL "As Bean".

"On a voulu amener une alternative, en fait, qui promeut une alimentation plus durable, qui soutient une agriculture biologique, paysanne, locale et qui a aussi un prix le plus accessible possible pour les étudiants" explique Arthur, "parce qu’une salade de quinoa à 15 €, ce n’est pas souhaitable. On a essayé de diminuer le prix au maximum, tout en soutenant des filières durables."

À La Turbean, toute l’équipe peut tout faire et on expérimente réellement les décisions en équipe. Terminé le chef de cuisine autoritaire et bougon. On se trouve ici dans une sorte de laboratoire des relations sociales au travail. Mathilde Wolf le confirme : "Ça fait du bien de travailler dans des modèles où on sent qu’on est tous sur un pied d’égalité. Ça apporte une dynamique de travail hyperrassurante, confortable. On a envie d’aller travailler !"

Toujours lucides, jamais naïfs

Mathilde et Arthur souhaitent se baser sur des études béton, des recherches argumentées. Ils n’en peuvent plus, comme beaucoup de jeunes, du "somnambulisme" de certains de leurs aînés. "Ça fout la rage", tempête Mathilde, "de voir que ce sont les jeunes qui doivent se battre s’ils veulent s’assurer un avenir un minimum serein."

Arthur quant à lui, distille un soupçon de pessimisme : "Je pense que les solutions sont là. Après, est-ce qu’on va y arriver ? Ça ne dépendra pas de nous. Donc voilà…"Un état du monde qui ne pousse pas à l’optimisme, vous l’aurez compris. Et face à la peur de l’avenir, une seule devise : agir.

Arthur Dielens, bio ingénieur à l’ULB, en agroécologie. Fondateur de l’ASBL As Bean : "C’est cette peur et cette colère qui nous poussent à créer des alternatives."
Arthur Dielens, bio ingénieur à l’ULB, en agroécologie. Fondateur de l’ASBL As Bean : "C’est cette peur et cette colère qui nous poussent à créer des alternatives." © RTBF

"J’ai un peu peur… J’ai vraiment peur en fait." concède-t-il. "Et c’est aussi cette peur et cette colère qui nous poussent à créer des alternatives. Ce n’est pas le côté 'on va changer le monde, on va faire ça'. C’est plutôt qu’il y a un vrai problème. On essaie donc de sensibiliser localement et de faire de notre mieux avec nos compétences."

À la Turbean, sur le campus de l’ULB, l’équipe sensibilise, essaime, inspire aussi d’autres jeunes d’autres campus. Une tonne encore de solutions de changement, dans leur cabas.

Sur le même sujet : Extrait JT (22 janvier 2023)

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