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Non ! Le ''verre du patron'' n’est pas un droit acquis

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L’univers culinaire de notre style de vie rock’n’roll : Cook As You Are le vendredi à 11h45 sur Classic 21 !

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Ça fait longtemps que je voulais vous parler d’éthique et de philosophie dans le monde de la restauration, notamment d’éthique de comportement du client ! Une problématique qui apparaît souvent : celle du fameux "verre du patron", à savoir le plus souvent, le petit verre de "digestif", appelons-le ainsi, auquel nombre d’entre nous estiment avoir droit dès que l’addition arrive à un certain montant, et chacun à ce montant dans sa petite tête à lui.

Étant abonné à une multitude de pages et de comptes Instagram sur les réseaux sociaux, alors que nombre d’entre nous s’érigent en critiques de restaurant en singeant parfois le langage des émissions de téléréalité en mode "le contraste des textures est intéressant, mais le plat manquait cruellement d’assaisonnement", ou mieux encore, "un excès d’épices qui masque le goût du produit, déjà malmené par une cuisson trop marquée", et, à l’autre extrémité on trouve aussi des commentaires savoureux, du genre "ces tagliatelle crème, scampi, saint-jacques, lardons, saumon étaient délicieuses et bien copieuses, nous n’avons même pas dû prendre de dessert, tant nous étions rassasiés", oui ça fait peur, non, je ne donnerai pas de nom, tout a été légèrement modifié de toute façon !

Il s’ensuit des débats passionnés, toujours sur les réseaux sociaux, en mode "nous avons bien mangé et le patron nous a offert un Limoncello", ou à l‘autre bout, "alors que nous avions commandé 6 pizzas, une bouteille d’eau et un dessert à partager, on ne nous a même pas offert le verre de la maison." J’avoue que mes tripes d’ancien restaurateur, passé du côté de la chronique, s’agacent parfois de lire tant de choses sur un "droit acquis" de ce fameux verre…

Primo, il faut rappeler que les marges des restaurants ne sont pas très élevées et que les pris sont calculés pour générer cette fameuse marge, tout ce qui est "offert", venant en déduction de cette marge.

Deuzio, en cas de contrôle de l’administration fiscale, le gérant risque de se voir demander pourquoi il achète autant de Limoncello et pourquoi on ne le retrouve pas dans les additions. Au final, il pourrait se voir taxé sur le revenu non déclaré généré par ce Limoncello non vendu mais offert, c’est la double peine, on offre et on est taxé sur ce qu’on offre.

Et enfin, tertio, tout ça ne tire sûrement pas la qualité vers le haut. On offre, du coup, on offre de plus en plus, du coup on achète le moins cher possible le susdit digestif, " vu qu’il sera offert ", et ce qui devrait être au final une expérience choisie par le client, un petit digestif de qualité que l’on paie pour boire bon (et avec modération), devient un geste que l’on pourrait qualifier de "déconsacré", banalisé, sans goût ni passion pour le bon.

En conclusion, n’en veuillez jamais à un patron qui n’offre pas "le fameux verre", ne le réclamez jamais, acceptez-le si ça vous fait vraiment plaisir, pas pour faire plaisir, et réjouissez-vous qu’il soit rare et bon !

Cook As You Are avec Carlo De Pascale,

le vendredi à 11h45 sur Classic 21, votre radio Rock’n’Pop.

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